La pandémie submerge le continent latino-américain

Au Brésil, le bilan officiel est «six à sept fois inférieur à la réalité», estime Domingos Alves, spécialiste brésilien des statistiques liées à la pandémie.
Photo: Michael Dantas Agence France-Presse Au Brésil, le bilan officiel est «six à sept fois inférieur à la réalité», estime Domingos Alves, spécialiste brésilien des statistiques liées à la pandémie.

L’Amérique latine et les Caraïbes sont devenues vendredi la région du monde la plus endeuillée par la COVID-19, qui poursuit sa progression meurtrière sur la planète et pousse de nombreux pays à durcir leurs mesures sanitaires. La pandémie a fait au moins 718 530 morts sur la planète depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi vendredi par l’AFP à partir de sources officielles.

L’Amérique latine et les Caraïbes déplorent le plus grand nombre de décès : au moins 213 120 morts, devant l’Europe (212 660 morts), selon un bilan à 17 h GMT (13 h, heure locale). Ces sept derniers jours, 44 % des décès dans le monde ont été enregistrés en Amérique latine et aux Caraïbes (environ 18 300 pour un total de 41 500). La région est également celle qui compte le plus de cas d’infections (plus de 5,3 millions), essentiellement au Brésil (2,9 millions de cas, près de 100 000 morts).

Dans ce dernier pays, le bilan officiel est « six à sept fois inférieur à la réalité », estime Domingos Alves, spécialiste brésilien des statistiques liées à la pandémie. Le président Jair Bolsonaro, qui n’a cessé de minimiser la maladie qu’il qualifie de « petite grippe », a dit vendredi avoir « la conscience tranquille » sur sa gestion de la crise.

Le Mexique est devenu le troisième pays le plus endeuillé au monde, en dépassant la barre des 50 000 morts (50 517, avec 462 690 cas confirmés), un bilan bien supérieur aux prévisions du gouvernement du président Andrés Manuel López Obrador, très critiqué.

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Il s’agit de la part des décès enregistrés en Amérique latine et aux Caraïbes sur le bilan
mondial des sept derniers jours, soit environ 18 300 pour un total
de 41 500.

Les États-Unis restent de loin le pays déplorant le plus de morts du nouveau coronavirus, à plus de 161 000. Jeudi, ils ont enregistré 2060 nouveaux décès liés au virus, un bilan journalier qu’ils n’avaient pas atteint depuis trois mois, selon l’Université Johns Hopkins.

L’Inde, trois semaines seulement après avoir enregistré un million de cas officiels, a franchi vendredi le cap des deux millions de cas déclarés. Si l’épidémie avait auparavant pour principaux épicentres les mégapoles de New Delhi et Bombay, la maladie commence désormais à flamber dans des régions moins denses et plus étendues du géant asiatique.

Les indicateurs continuent de se dégrader en France où 2288 personnes ont été diagnostiquées positives au nouveau coronavirus en 24 heures, une progression inédite depuis le mois de mai, d’après le bilan quotidien de la Direction générale de la santé (DGS) publié vendredi. En tout, plus de 9330 nouveaux cas ont été enregistrés en une semaine (dont 1604 jeudi et 1695 mercredi), alors que la barre des 1000 contaminations par jour avait été de nouveau franchie fin juillet. « Les indicateurs se dégradent, confirmant une circulation plus active du virus sur l’ensemble du territoire, en particulier chez les jeunes adultes », a souligné la Direction générale de la santé en appelant à « renforcer la vigilance ». La France compte désormais 30 327 décès, soit 15 de plus que jeudi.

Reconfinements en série

L’Espagne, où des quarantaines locales sont imposées notamment au Pays basque, en Catalogne et en Aragon, a ajouté vendredi à la liste la ville d’Aranda de Duero, 32 000 habitants à 150 km au nord de Madrid. Des contrôles de police ont été installés aux abords de la ville, qui restera sous cloche pendant au moins deux semaines.

En Allemagne, deux écoles du nord du pays ont dû fermer leurs portes après l’apparition de cas d’infection à la COVID-19, quelques jours seulement après la rentrée des classes. En Irlande, les habitants de trois comtés, soit environ 368 000 personnes, vont être reconfinés à partir de minuit.

Dans la Syrie en guerre, le doyen de la Faculté de médecine de Damas Noubough al-Awa évoque une situation épidémique « terrifiante », et explique que « de nombreux citoyens se rendent dans les hôpitaux publics, mais malheureusement toutes les chambres sont pleines ».

 

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