Le port du masque obligatoire gagne du terrain

Le seuil des 700 000 morts de la COVID-19 a été franchi mercredi. Les 100 000 derniers décès sont survenus en moins de trois semaines.
Photo: Wakil Koshar Agence France-Presse Le seuil des 700 000 morts de la COVID-19 a été franchi mercredi. Les 100 000 derniers décès sont survenus en moins de trois semaines.

L’usage obligatoire du masque gagne rapidement du terrain dans de nombreuses grandes villes, notamment en France et aux Pays-Bas, face à la menace d’une reprise incontrôlée de l’épidémie de COVID-19 qui a franchi mercredi la barre des 700 000 morts dans le monde.

Le masque est ainsi devenu obligatoire — même à l’extérieur — dans les zones les plus fréquentées de Toulouse, dans le sud-ouest de la France. Il en sera très prochainement de même à Paris et dans d’autres villes.

Une mesure similaire est entrée en vigueur mercredi dans le célèbre Quartier rouge d’Amsterdam et dans les quartiers commerçants de Rotterdam. En Tunisie, le port du masque est désormais obligatoire dans tous les espaces publics.

En Écosse, les habitants d’Aberdeen vont connaître à nouveau les affres du confinement, avec notamment la limitation des déplacements à huit kilomètres du domicile et la fermeture des pubs et restaurants à 17 h.

Au total, 701 112 décès sur 18 572 720 de cas déclarés ont été recensés dans le monde depuis la découverte de la pandémie en Chine en décembre, selon un comptage de l’AFP mercredi. L’Europe reste la région la plus touchée avec 211 603 morts.

Le nombre de morts de la COVID-19 a doublé depuis le 26 mai et 100 000 décès supplémentaires ont été recensés depuis un peu moins de trois semaines.

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La nervosité semble gagner le gouvernement français, l’instance scientifique qui le guide jugeant « hautement probable qu’une seconde vague épidémique soit observée à l’automne ou en hiver ».

« Le virus circule de façon plus active, avec une perte accentuée des mesures de distanciation et des mesures barrières : l’équilibre est fragile et nous pouvons basculer à tout moment dans un scénario moins contrôlé, comme en Espagne par exemple », a mis en garde le Conseil scientifique mardi.

Le gouvernement irlandais a pour sa part décidé de repousser la dernière phase de son déconfinement, qui comprend notamment la réouverture de tous les pubs. L’Irlande a également décidé de rendre obligatoire le port du masque dans les magasins et centres commerciaux à partir du 10 août.

Reconfinement

Aux États-Unis, le président américain s’est une nouvelle fois voulu résolument optimiste, affirmant que « certains indicateurs montrent que nos efforts acharnés pour contenir le virus fonctionnent très bien en fait ».

Le pays a toutefois enregistré 1302 nouveaux décès liés à la COVID-19 en 24 heures, selon le dernier comptage de l’Université Johns Hopkins. Le total s’établit désormais à 156 830 morts.

Le Brésil, deuxième pays le plus touché, compte près de 96 000 morts. Mercredi, le cacique Aritana Yawalapiti, l’un des principaux chefs indigènes du pays, est mort de la COVID-19 à 70 ans. Souffrant d’hypertension, il avait été admis dans une unité de soins intensifs il y a deux semaines.

L’Argentine a de son côté annoncé des chiffres record de 168 décès et 6792 infections au cours des 24 dernières heures.

Aux Philippines, plus de 27 millions de personnes à Manille et dans quatre provinces voisines, soit environ le quart de la population de l’archipel, ont été reconfinées mardi avec à peine 24 heures de préavis.

Suppressions d’emplois

Le virus continue par ailleurs de bouleverser l’économie mondiale et de semer le chaos dans les bilans et projets des entreprises.

La compagnie aérienne Virgin Australia, victime comme beaucoup d’autres de l’effondrement du secteur du voyage, a annoncé mercredi qu’elle allait fermer l’une de ses filiales et supprimer 3000 postes.

À l’aéroport de Copenhague, ce sont 650 emplois qui vont disparaître, soit le quart du personnel du plus grand aéroport de Scandinavie.

La plateforme de réservation d’hébergement en ligne Booking.com a annoncé mardi qu’elle réduirait jusqu’à un quart de ses effectifs mondiaux, qui s’élèvent actuellement à 17 500 personnes.

Quant au géant américain Disney, dont les activités dans les parcs d’attractions, les croisières et l’événementiel ont plongé de 85 % au deuxième trimestre, il a décidé de mettre l’accent sur le streaming direct de contenus aux consommateurs. Ce sera notamment le cas de sa très attendue mégaproduction Mulan.

Grandes foules inquiétantes

Les efforts pour trouver un vaccin se poursuivent en parallèle aux quatre coins du monde.

Le gouvernement américain a annoncé mercredi un nouvel investissement d’un milliard de dollars dans le projet de vaccin contre la COVID-19 de la compagnie pharmaceutique Johnson & Johnson, avec au moins 100 millions de doses garanties à la clé.

Ce chèque fait monter les investissements du gouvernement américain à au moins 9,4 milliards de dollars dans des projets de vaccins, y compris des contrats d’approvisionnement signés avec cinq sociétés prévoyant la livraison d’au moins 700 millions de doses, selon le décompte de l’AFP.

L’Organisation mondiale de la santé a insisté mardi sur la nécessité de respecter les protocoles et les réglementations en vigueur dans le développement d’un futur vaccin, au moment où la Russie a promis des « millions » de vaccins dès début 2021.

L’OMS a également jugé mercredi « irréaliste » la tenue d’événements sportifs rassemblant de grandes foules dans des pays souffrant de transmission locale du virus.

Le directeur des urgences sanitaires de l’OMS, Michael Ryan, a déclaré qu’il pourrait être « désastreux » dans de telles circonstances de permettre le retour de matchs attirant des dizaines de milliers de personnes.

« De grandes foules de 40 000, 50 000, 60 000 personnes… Ce n’est pas seulement le risque d’être dans le stade, c’est le risque d’aller au stade, en transports en commun, dans les bars et clubs », a-t-il expliqué.

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