Australie: l’accès à Uluru bloqué par des autochtones

Le parc national Uluru est reconnu pour sa formation rocheuse du même nom, aussi appelée Ayers Rock.
Photo: Saeed Khan Agence France-Presse Le parc national Uluru est reconnu pour sa formation rocheuse du même nom, aussi appelée Ayers Rock.

Le célèbre parc national australien d’Uluru a été contraint de fermer mardi après que des autochtones eurent empêché des touristes d’y accéder par peur que ces derniers ne soient porteurs du coronavirus, ont annoncé des responsables locaux.

Une trentaine d’autochtones habitant dans cette zone reculée du Territoire du Nord ont empêché plusieurs dizaines de touristes d’approcher de l’entrée du parc, a déclaré Glenn Irvine, de la Mutitjulu Community Aboriginal Corporation, qui gère les relations avec les communautés locales.

Les habitants ont dit avoir décidé d’agir après avoir été pris de court par l’arrivée de 43 touristes par avion en provenance de Brisbane, dans l’État du Queensland.

« Nous avions compris que le vol avait été annulé », a dit M. Irvine à l’AFP.

À son arrivée, « nous avons demandé au parc national de fermer », a-t-il expliqué, et comme le parc ne l’a pas fait, « les habitants se sont rassemblés à son entrée. »

Après des discussions avec les autorités locales, le parc Uluru, renommé pour la célèbre formation rocheuse également connue sous le nom d’Ayers Rock, a été fermé.

Plus de 395 000 personnes ont visité le parc entre juillet 2018 et juin 2019, selon l’autorité australienne supervisant les parcs.

M. Irvine a fait état d’un accord tacite pour que les touristes, qui sont demeurés à proximité, subissent un dépistage, et pour qu’aucun groupe ne vienne en provenance de foyers épidémiques.

Le Queensland a enregistré un millier de cas de COVID-19 depuis le début de l’épidémie et les nouvelles contaminations y sont aujourd’hui rares. L’épicentre de la deuxième vague épidémique en Australie, se trouve à Melbourne, dans l’État du Victoria.

Mais les communautés autochtones sont extrêmement méfiantes, redoutant l’impact d’une épidémie dans les zones retirées, y compris dans les régions dont la population dépend beaucoup des revenus du tourisme.

Le tourisme dans le Territoire du Nord est désormais étroitement encadré. Les mesures se sont assouplies, mais les visiteurs provenant de certaines zones australiennes identifiées comme des foyers d’infection doivent toujours effectuer une quarantaine de 14 jours. Brisbane figure sur la liste.

Le Victoria totalise environ 12 000 des 19 000 cas de coronavirus répertoriés depuis le début de l’année dans l’ensemble du pays. C’est aussi l’État qui compte le plus de victimes, avec 147 morts sur un total national de 232.