L’UE passe aux actes pour dénoncer la répression à Hong Kong

La législation imposée par Pékin va avoir un impact sur les relations de l’UE avec la Chine, avait annoncé récemment le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.
Photo: Francois Lenoir Agence France-Presse La législation imposée par Pékin va avoir un impact sur les relations de l’UE avec la Chine, avait annoncé récemment le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

L’Union européenne va limiter les exportations d’équipements utilisables pour la surveillance et la répression à Hong Kong pour dénoncer l’application de la loi sur la sécurité imposée par Pékin, a-t-on appris mardi de sources diplomatiques à Bruxelles.

La mesure et un certain nombre de dispositions pour soutenir la population de Hong Kong ont été formellement adoptées mardi soir par les États membres, a-t-on précisé de même source.

Elles avaient été discutées par les ministres des Affaires étrangères de l’UE lors d’une réunion à Bruxelles le 13 juillet.

L’application le 30 juin de la loi sur la sécurité imposée par Pékin à Hong Kong suscite de « sérieuses préoccupations », ont averti les 27 dans les conclusions adoptées mardi.

« L’UE est particulièrement préoccupée par la forte érosion des droits et libertés qui étaient censés être protégés au moins jusqu’en 2047 », précise le texte.

Les Européens sont également préoccupés par « les dispositions extraterritoriales » de la loi sécuritaire.

Cette législation va avoir « un impact » sur les relations de l’UE avec la Chine, avait annoncé le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Les Européens ont coordonné leur action et le train de mesures a été élaboré par les ambassadeurs des États membres à Bruxelles et soumis pour approbation aux capitales, a-t-on expliqué de source diplomatique.

L’UE entend suivre la préparation des élections prévues le 6 septembre à Hong Kong et considère comme « essentiel » que le scrutin se déroule « dans un environnement qui reste favorable à l’exercice des droits et libertés démocratiques inscrites dans la Loi fondamentale ».

Un grave recul des libertés

« Nous considérons logique de traiter Hong Kong de la même manière que la Chine continentale », qui est déjà frappée par ce genre de mesures, avait insisté le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, lors de la réunion avec ses homologues.

Un volet des mesures approuvées mardi par l’UE vise à soutenir la population de l’ancienne colonie britannique et à lui permettre de se rendre facilement en Europe grâce à l’octroi de visas, de bourses et d’échanges d’universitaires, a-t-on précisé.

La Chine a annoncé mardi la suspension d’accords d’extradition entre Hong Kong et trois pays occidentaux (Canada, Australie, Royaume-Uni) critiques envers les actions de Pékin à Hong Kong.

La loi sur la sécurité nationale imposée par le régime communiste de Pékin est en vigueur depuis le 30 juin. Elle sanctionne « la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères » pour réprimer la contestation dans le territoire autonome.

Elle fait craindre à l’opposition démocrate locale un grave recul des libertés en vigueur dans ce territoire de 7,5 millions d’habitants, rendu à la Chine en 1997.

Pékin critique Washington

Par ailleurs, la Chine a critiqué mardi les États-Unis pour ce qu’elle considère comme une « provocation dangereuse » pouvant mener à une « confrontation » dans l’affaire de la fermeture des consulats, mais a souhaité que les deux pays « communiquent de façon rationnelle ».

Dans une conversation avec son homologue français, Jean-Yves Le Drian, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a averti que les relations sino-américaines risquaient de « tomber dans les abîmes de la confrontation » et a appelé la communauté internationale à éviter « tout acte unilatéral ou hégémonique », selon une transcription fournie par le ministère chinois.

La Chine a pris possession lundi du consulat des États-Unis à Chengdu (Sud-Ouest), déserté par les diplomates américains, en réaction à la fermeture par Washington du consulat chinois à Houston (Texas) la semaine dernière, au terme d’un épisode diplomatique évocateur de la guerre froide.

Les deux pays devraient « chercher à communiquer de façon rationnelle » et ne « jamais laisser quelques éléments anti-chinois remettre en cause des décennies d’échanges et de coopération fructueux », a-t-il ajouté.

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