Trump change de ton devant une flambée de cas de COVID-19

<p>La flambée des infections est particulièrement importante en Floride, où il ne restait plus lundi que 18 % des lits disponibles dans les services de soins intensifs.</p>
Photo: Joe Raedle Getty images / Agence France-Presse

La flambée des infections est particulièrement importante en Floride, où il ne restait plus lundi que 18 % des lits disponibles dans les services de soins intensifs.

Le président américain a reconnu mardi la gravité de la pandémie de COVID-19 aux États-Unis lors de sa première conférence de presse depuis avril consacrée à ce qu’il appelle « le virus de Chine ».

« Cela va sûrement, malheureusement, s’aggraver avant que la situation s’améliore. Je n’aime pas dire ça, mais c’est comme ça », a-t-il déclaré à la Maison-Blanche, avant d’appeler « tout le monde » à porter un masque quand la distanciation physique n’est pas possible.

Tout en se satisfaisant des avancées dans la recherche de vaccins, ainsi que d’avoir résolu la pénurie de tests et de respirateurs artificiels, le président a pour la première fois adopté un ton alarmiste sur la propagation de l’épidémie dans le sud et l’ouest du pays, allant jusqu’à « implorer » les jeunes d’« éviter les bars bondés ».

« Comme vous le savez, ces dernières semaines, nous avons observé une hausse inquiétante des cas dans de nombreuses régions de notre Sud », a dit le président.

« Nous avons sauvé potentiellement des millions de vies avec les confinements initiaux, mais nous sommes très conscients de cette maladie, a-t-il ajouté. Nous y mettrons fin avec des traitements thérapeutiques et avec un vaccin très vite. »

Car, après une amélioration vers la fin du printemps, l’épidémie a repris de plus belle dans le pays, déjà le plus endeuillé au monde avec 141 400 morts. Le nombre de cas explose — plus de 60 000 par jour depuis une semaine, pour un total de 3,85 millions depuis le début de la pandémie — et les décès quotidiens sont aussi repartis à la hausse, avec plus de 700 par jour en moyenne.

La situation demeure inquiétante dans des États du Sud comme la Californie, la Floride ou le Texas, souvent contraints d’imposer des restrictions à rebours du déconfinement. La flambée des infections est particulièrement importante en Floride, où il ne restait plus lundi que 18 % des lits disponibles dans les services de soins intensifs.

New York, épicentre de l’épidémie au printemps, qui a réussi en grande partie à la juguler, a renforcé mardi les mesures pour se protéger en annonçant que les voyageurs en provenance de 31 États américains (contre 22 jusqu’ici) seraient soumis à une quarantaine.

Craintes de par le monde

La pandémie de COVID-19, qui a fait selon le dernier décompte de l’AFP au moins 610 604 morts dans le monde et contaminé plus de 14 736 130 personnes, continue de progresser.

Le tableau reste sombre en Amérique du Sud, surtout au Brésil, deuxième pays le plus touché dans le monde, où le cap des 80 000 morts du coronavirus a été franchi lundi. Le nombre de cas confirmés de contamination s’élève désormais à plus de 2,1 millions. Le président, Jair Bolsonaro, a contracté le virus, tout comme plusieurs membres de son gouvernement, et se trouve en quarantaine.

Les autorités sanitaires en Bolivie font état d’une « escalade très rapide » du virus notamment à La Paz. Dans la capitale, des malades meurent à leur domicile ou aux portes des hôpitaux qui sont saturés, selon des témoignages publiés sur les réseaux sociaux.

La situation sanitaire en Afrique suscite également l’inquiétude. Certes, avec plus de 15 000 morts, le continent est le deuxième le moins endeuillé par cette maladie avec l’Océanie.

Mais pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Afrique du Sud, qui a dépassé à elle seule dimanche les 5000 décès, « risque d’être un précurseur de ce qui va se passer dans le reste de l’Afrique ». Deux ministres sud-africains qui ont contracté la COVID-19 ont été hospitalisés lundi.

Au Moyen-Orient, l’Iran a annoncé mardi avoir enregistré 229 décès liés au nouveau coronavirus au cours des dernières 24 heures, un chiffre record depuis les débuts mi-février de l’épidémie dans ce pays, le plus touché dans la région.

Face au regain de la maladie, les autorités ont rendu le port du masque obligatoire dans les lieux publics couverts et ont réimposé des restrictions dans les provinces les plus touchées, dont celle de la capitale.

Dans ce contexte de reprise de l’épidémie ou d’apparition de nouveaux foyers, la question du vaccin contre la COVID-19 s’annonce donc toujours aussi cruciale.

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