Retour au confinement en Inde

Un étudiant a pris part à une manifestation, mardi, à Kolkata, en Inde, pour protester contre l’incapacité du gouvernement d’enrayer la propagation de la COVID-19 dans le pays.
Photo: Dibyangshu Sararkar Agence France-Presse Un étudiant a pris part à une manifestation, mardi, à Kolkata, en Inde, pour protester contre l’incapacité du gouvernement d’enrayer la propagation de la COVID-19 dans le pays.

Quelque 13 millions d’Indiens, bientôt suivis par 125 millions d’autres, se sont reconfinés mardi face à la persistance de la pandémie de coronavirus, qui entraîne de nouvelles restrictions à travers la planète, fait plonger les économies mondiales et a imposé une fête nationale en demi-teinte en France.

La crise sanitaire est particulièrement virulente en Inde, principal foyer de la pandémie en Asie, où les courbes des malades et des morts grimpent en flèche. Face à cette flambée, les autorités multiplient les nouvelles restrictions sanitaires et les reconfinements à travers le pays de 1,3 milliard d’habitants.

Mardi, la grande région pauvre du Bihar, dans le Nord, a annoncé le reconfinement de ses quelque 125 millions d’habitants à compter de jeudi pour quinze jours, devenant le premier État indien à imposer un reconfinement continu à tout son territoire depuis la levée début juin de celui imposé à l’échelle nationale.

Au même moment, dans le sud de l’Inde, 13 millions d’habitants de la région de Bangalore se sont pressés de remplir frigidaires et placardsavant l’entrée en vigueur, à 20 h, heure locale, d’une mesure similaire dans la mégapole, siège de la high-tech indienne, officiellement pour environ une semaine.

Dans Commercial Street, des femmes musulmanes anticipaient toutefois une possible extension du confinement et se hâtaient de boucler leurs emplettes pour la fête de l’Aïd al-Adha, fin juillet. « Vu la façon dont le confinement a été étendu la dernière fois, nous ne voulons pas prendre de risque et avons décidé de finir les achats aujourd’hui », raconte Samina Husain, une cliente venue acheter une robe à offrir en cadeau.

Avec près de 24 000 morts sur plus de 900 000 cas confirmés, l’Inde reste toutefois loin du lourd tribut payé par les États-Unis, endeuillés par plus de 136 000 décès, le pire bilan national.

Tout autour du globe, la pandémie fait toujours rage, avec au moins 574 278 morts pour environ 13,1 millions de cas avérés dans le monde depuis que le bureau de l’OMS en Chine a fait état de l’apparition de la maladie fin décembre, selon un bilan établi mardi par l’AFP.

Défilé confiné

L’onde de choc du coronavirus continue aussi de se faire sentir sur les indicateurs économiques, qui plongent dans le rouge à des niveaux inenvisageables il y a quelques mois encore.

Le produit intérieur brut du Royaume-Unia décroché de 19,1 % de mars à mai par rapport au trimestre précédent et fait face à sa pire récession « en 300 ans », d’après un organisme gouvernemental. Dévissage également vertigineux de Singapour : l’activité économique de la ville-État s’effondre de 41,2 % en avril-juin, en comparaison à la période janvier-mars.

En France, la pandémie a gâché l’esprit festif du 14 juillet, jour de fête nationale. Le virus a eu raison du traditionnel défilé militaire sur les Champs-Elysées à Paris, une première depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, et entraîné l’annulation de nombreux feux d’artifice et spectacles pyrotechniques à travers le pays.

Sur l’emblématique place de la Concorde, quelque 2000 militaires français ont marché devant le président Emmanuel Macron, rejoints par des soignants en blouse blanche sous les applaudissements nourris de l’assistance.

M. Macron a ensuite annoncé que la France devrait rendre obligatoire le port du masque dans tous les lieux publics clos, probablement à partir du 1er août.

Le gouvernement britannique a, lui aussi, après de longues hésitations, décidé de rendre le port du masque obligatoire dans les magasins en Angleterre à partir du 24 juillet.

Carnaval de Rio menacé

La communauté internationale promulgue ces jours-ci des restrictions à tour de bras pour tenter d’endiguer le nouveau virus.

La Thaïlande a renoncé à la timide réouverture de son espace aérien. Depuis début juillet, le royaume laissait entrer certains groupes de visiteurs étrangers triés sur le volet, dans l’espoir de relancer une économie fortement dépendante du tourisme.

Or, un soldat égyptien a violé sa quarantaine avant d’être déclaré positif au coronavirus. Le premier ministre Prayut Chan-O-Cha a présenté des excuses pour avoir trahi la « confiance et la sécurité » du public.

La Californie, l’un des principaux foyers de la maladie aux États-Unis et premier État du pays à imposer un confinement général en mars, a elle annoncé lundi l’élargissement à tout l’État de la fermeture des bars, salles de restaurant en intérieur, cinémas, zoos et aquariums.

À New York, la liste des États américains dont les visiteurs sont contraints de s’isoler pendant 14 jours concerne désormais 22 États, soit quatre États supplémentaires.

Et la Floride, qui a été l’un des premiers États américains à sortir de son confinement, a enregistré mardi un record du nombre de décès : 132, ce qui porte le total à plus de 4400 morts et 290 000 cas recensés.

L’Organisation mondiale de la santé avait prévenu lundi qu’il n’y aurait « pas de retour à l’ancienne normalité dans un avenir prévisible ». De fait, le tournoi de tennis de Bâle, prévu du 24 octobre au 1er novembre, a été annulé « en raison de l’incertitude médicale, sociale et économique ».

Au Brésil, cinq des principales écoles de samba du carnaval de Rio ont annulé leur participation aux festivités en février 2021, à moins qu’un vaccin soit possible.

Pour l’heure, la recherche médicale, grâce aux travaux d’une équipe française, a permis de prouver que la contamination intra-utérine à la COVID-19 était possible.

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