Un nouveau foyer en Chine fait craindre une seconde vague

Les autorités chinoises ont signalé 49 nouveaux cas confirmés de COVID-19 en 24 heures, dont 36 liés à un marché de gros à Pékin. Sur la photo, des policiers bloquant l’accès au marché Xinfadi.
Photo: Greg Baker Agence France-Presse Les autorités chinoises ont signalé 49 nouveaux cas confirmés de COVID-19 en 24 heures, dont 36 liés à un marché de gros à Pékin. Sur la photo, des policiers bloquant l’accès au marché Xinfadi.

La Chine a annoncé lundi des dizaines de nouveaux cas de COVID-19, pour le deuxième jour consécutif, et le placement en quarantaine de dix nouveaux quartiers de Pékin, faisant craindre une seconde vague de l’épidémie au moment même où plusieurs pays d’Europe s’apprêtent à rouvrir leurs frontières, pensant la maladie maîtrisée.

Les autorités chinoises ont signalé 49 nouveaux cas confirmés de la maladie en 24 heures, dont 36 liés à un marché de gros à Pékin. Une nouvelle inquiétante pour le reste du monde, montrant les difficultés à juguler une pandémie qui continue à faire rage en Amérique latine, en Iran et en Asie du Sud.

Après avoir pratiquement endigué l'épidémie depuis mars, la Chine, où la COVID-19 a fait son apparition fin 2019, a connu au cours du week-end une résurgence du nombre de cas de contamination, centrée autour du marché géant de Xinfadi, dans le sud de la capitale.

À Pékin, une vingtaine de zones résidentielles proches du marché ont été placées en confinement, 24 centres de test ouverts et 10 000 personnes testées. Les autorités ont l’intention de tester 46 000 habitants de la zone.

« Je suis allée au marché de Xinfadi donc je souhaite confirmer que je ne suis pas infectée », témoigne Guo, une femme de 32 ans faisant la queue pour être testée.

Au total, le COVID-19 a fait plus de 431 193 morts et contaminé plus de 7,85 millions de personnes sur la planète, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

Regain des cas

Signe que la pandémie est loin d’être maîtrisée, l’Iran a annoncé dimanche plus de 100 morts du COVID-19 en 24 heures, ce qui n’était plus arrivé depuis deux mois et porte le bilan national à 8837 morts.

« Il s’agit d’un virus sauvage et imprévisible, qui peut nous surprendre à tout moment », a déclaré Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé du pays le plus durement touché par la pandémie au Moyen-Orient.

 

La pandémie a mis à l’épreuve les systèmes de santé à travers le monde, notamment en Inde où, selon les médias, de nombreux malades décèdent après avoir été refusés par les hôpitaux, faute de lits. Plus de 1000 nouveaux cas de contamination sont enregistrés chaque jour à New Delhi.

Ashwani Jain, un homme d’affaires de New Delhi de 45 ans, est décédé dans une ambulance, auprès de sa fille de 20 ans partie en vain en quête d’une place dans un des hôpitaux de la mégapole. « Cela leur est égal que l’on vive ou que l’on meure », a-t-elle déploré.

En Inde, qui a enregistré près de 9000 morts et plus de 300 000 cas confirmés du nouveau coronavirus, les corps s’entassent dans les morgues, car le personnel des cimetières et des crématoriums n’arrive pas à suivre le rythme des décès.

Au Pakistan voisin, le gouvernement a prévenu que le nombre de cas de coronavirus (140 000 actuellement, pour près de 2700 morts) pourrait doubler d’ici fin juin et dépasser le million fin juillet.

Retour à la normale en Europe

Ce regain de cas intervient alors qu’en Europe, où la maladie est en net recul, l’Allemagne, la Belgique, la France et la Grèce rétablissent lundi matin la libre circulation avec tous les pays de l’Union européenne. L’Autriche fera de même lundi à minuit.

L’Espagne va même avancer au 21 juin, au lieu du 1er juillet, l’ouverture de ses frontières avec tous les pays de l’UE, sauf la frontière terrestre avec le Portugal.

En France, où le coronavirus a fait près de 30 000 morts — un des pires bilans au monde, mais le nombre de malades ne cesse de baisser —, le président, Emmanuel Macron, a annoncé un quasi-retour à la normale dimanche soir après trois mois de confinement et a promis de « tirer les leçons » de la crise. Crèches, écoles et collèges rouvriront à plein temps à partir du 22 juin, favorisant la reprise de l’activité économique. Les cafés et restaurants de la capitale rouvriront quant à eux lundi.

En Italie voisine, qui déplore plus de 34 000 morts et a rouvert ses frontières le 3 juin, deux nouveaux foyers de coronavirus ont été détectés ces derniers jours à Rome : 5 décès et 109 cas de contamination dans un hôpital, et 9 cas dans un immeuble squatté.

Au Royaume-Uni, durement touché, 36 morts supplémentaires ont été signalées dimanche, soit le plus faible bilan quotidien depuis le 21 mars, deux jours avant le confinement.

L’épicentre de la pandémie se trouve désormais en Amérique latine où, en dehors du Brésil, la situation empire dans des pays comme le Mexique et le Chili, cependant qu’au Honduras, le système hospitalier est « au bord de l’effondrement », a averti le professeur Marco Tulio Medina, de l’Université Nationale.

Au Pérou, les autorités ont décidé que le site inca du Machu Picchu, haut lieu du tourisme, ne pourra accueillir quotidiennement à sa réouverture en juillet qu’un quart des visiteurs qui le fréquentaient avant la pandémie.

Avec un total de 42 720 morts recensés samedi soir, le Brésil est le deuxième pays parmi les plus endeuillés par le COVID-19, derrière les États-Unis (115 347 morts pour plus de 2 millions de cas).

Le football européen a retrouvé ce week-end une certaine normalité avec le redémarrage des compétitions en Italie, en Espagne et ailleurs, après trois mois d’interruption à cause du coronavirus. Les joueurs vedettes Cristiano Ronaldo, Erling Haaland et Lionel Messi ont repris le chemin des stades pour des matchs à huis clos.

Avec les bureaux de l’Agence France-Presse dans le monde

 

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