La situation s’aggrave dans le monde, soutient l’OMS

Au Brésil, troisième pays parmi les plus endeuillés au monde après les États-Unis et le Royaume-Uni, le gouverneur de Rio de Janeiro a annoncé l’assouplissement des restrictions.
Photo: Michael Dantas Agence France-Presse Au Brésil, troisième pays parmi les plus endeuillés au monde après les États-Unis et le Royaume-Uni, le gouverneur de Rio de Janeiro a annoncé l’assouplissement des restrictions.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé lundi que la pandémie liée au nouveau coronavirus « s’aggravait » dans le monde, mettant en garde contre tout laisser-aller.

« Bien que la situation en Europe s’améliore, dans le monde, elle s’aggrave », a déclaré le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse virtuelle à Genève.

« Plus de 100 000 nouveaux cas ont été recensés sur neuf des dix derniers jours. Hier, le bilan s’est élevé à plus de 136 000 nouveaux cas », le chiffre le plus élevé sur une journée, a-t-il ajouté.

Il a précisé que près de 75 % desnouveaux cas enregistrés dimanche l’ont été dans dix pays, principalement sur le continent américain et en Asie du Sud.

M. Tedros a estimé que, dans les pays où la situation s’améliorait, « la plus grande menace est désormais le laisser-aller », ajoutant que « la plupart des gens dans le monde sont encore susceptibles d’être infectés ». « Nous en sommes à six mois depuis le début de la pandémie, ce n’est pas encore le moment de lever le pied », a-t-il insisté.

Au sujet de la vague de manifestations déclenchée par la mort de George Floyd, homme noir tué par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis (États-Unis), le patron de l’OMS a appelé à rester vigilant. « L’OMS soutient pleinement les revendications en matière d’égalité et le mouvement global contre le racisme. Nous rejetons toute discrimination », a-t-il dit.

Mais « nous encouragerons tous ceux qui manifestent à travers le monde à le faire en toute sécurité », a-t-il ajouté. « Autant que possible, restez à un mètre les uns des autres, lavez vos mains […] et portez un masque si vous allez manifester. »

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 403 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, et plus de 7 millions de cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires, selon un bilan établi par l’AFP.

L’Afrique du Sud

Parmi les pays touchés, le nouveau coronavirus a fait plus d’un millier de morts et contaminé plus de 50 000 personnes en Afrique du Sud, a indiqué lundi soir le ministre de la Santé, Zweli Mkhize, dans son bilan quotidien de la pandémie.

Depuis le premier cas recensé le 5 mars, le pays le plus industrialisé du continent a recensé 50 879 infections par le coronavirus, dont 1080 se sont soldées par la mort du patient et 26 099 par sa guérison, a ajouté M. Mkhize dans un communiqué.

Freinée pendant deux mois par un strict confinement de toute la population, l’épidémie s’est accélérée depuis que le gouvernement a décidé le mois dernier de desserrer l’étreinte sur l’économie du pays, en récession avant le début de la crise sanitaire.

Selon les épidémiologistes qui conseillent le gouvernement, le pic national de l’épidémie est attendu à partir du mois de juillet. L’Afrique du Sud est le pays d’Afrique subsaharienne le plus touché par le virus.

Au Brésil, troisième pays parmi les plus endeuillés au monde après les États-Unis et le Royaume-Uni, le gouverneur de Rio de Janeiro a annoncé l’assouplissement des restrictions.

Le Chili a enregistré des records ces 24 dernières  heures, avec 96 décès et 6405 contaminations, portant le total des morts à 2290.

New York

Par ailleurs la ville de New York, des semaines durant à l’épicentre de l’épidémie de coronavirus, a officiellement entamé son déconfinement ce lundi, confortant une réouverture en marche dans de nombreux pays.

La réouverture de cette métropole en léthargie depuis le 22 mars s’annonce très progressive, limitée dans une première phase à la construction et au secteur manufacturier.

D’ici 15 jours, les autorités espèrent passer à une deuxième phase, qui permettra de manger en terrasse ou de retourner chez le coiffeur. Mais pas encore dans les salles de restaurants ou de spectacles, pour lesquelles aucune date n’est fixée.

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