L’Amérique du Sud frappée de plein fouet

Le président brésilien a participé à un rassemblement avec ses partisans à Brasília, devant le palais présidentiel, bravant une nouvelle fois les normes sanitaires tout en se gardant cette fois de toucher les mains de la foule.
Photo: Evaristo Sa Agence France-Presse Le président brésilien a participé à un rassemblement avec ses partisans à Brasília, devant le palais présidentiel, bravant une nouvelle fois les normes sanitaires tout en se gardant cette fois de toucher les mains de la foule.

Plus de six millions de personnes ont été contaminées par le nouveau coronavirus à travers le monde, avec une forte expansion au Brésil, où le président Jair Bolsonaro a pris un bain de foule malgré les règles sanitaires.

L’Amérique latine est devenue le principal terrain de progression de la maladie, et le Brésil le quatrième pays pour le nombre de décès liés à la COVID-19. Selon le ministère de la Santé, 29 314 personnes y sont mortes de la maladie apparue en Chine en décembre, un bilan qui le place derrière les États-Unis (104 356 morts), le Royaume-Uni (38 571) et l’Italie (33 315), et devant la France (28 805) et l’Espagne (27 127). Et 514 849 personnes y ont été infectées.

Au total, plus d’un million de personnes en Amérique latine et aux Caraïbes ont contractées le coronavirus.

Devant la propagation de la maladie, l’appel du président Bolsonaro à une reprise des championnats de football a été mal accueilli, le directeur sportif du São Paulo FC et ancienne idole du Paris SG, Raï, l’appelant à démissionner.

« Comme les footballeurs sont jeunes et sportifs, le risque de mort s’ils attrapent le virus est infiniment réduit », a déclaré M. Bolsonaro, ouvertement contre les mesures de confinement au nom de la préservation de l’économie.

Le président brésilien a ensuite participé à un rassemblement avec ses partisans à Brasília, devant le palais présidentiel, bravant une nouvelle fois les normes sanitaires tout en se gardant cette fois de toucher les mains de la foule.

Chez le voisin péruvien, deuxième pays d’Amérique latine parmi les plus touchés, plus de 155 000 cas ont été confirmés, et 4371 morts recensés.

L’Iran a aussi franchi le seuil des 150 000 contaminations dimanche, et fait face à une accélération de la propagation du virus. Pays du Moyen-Orient le plus frappé par la pandémie, il avait commencé à alléger en avril les restrictions imposées à sa population. Mais de nouveaux foyers d’infection sont apparus dans plusieurs provinces.

Alors que le virus a fait près de 370 000 morts dans le monde, la décision du président américain, Donald Trump, de couper définitivement les vivres à l’Organisation mondiale de la santé, qu’il accuse de complaisance envers la Chine, a provoqué la stupeur.

L’Union européenne lui a demandé samedi de reconsidérer sa décision, appelant à « la coopération et la solidarité mondiales ».

Le président américain a d’ailleurs annoncé que les États-Unis ont fait expédier 2 millions de doses d’hydroxychloroquine au Brésil, un médicament anti-paludisme dont l’usage dans le traitement de la COVID-19 est controversé.

L’Europe se déconfine encore

En Europe, l’amélioration de la situation sanitaire a conduit à la levée progressive des restrictions imposées aux populations pour enrayer la propagation de la maladie.

L’Italie a rouvert au public samedi la tour de Pise, un des plus célèbres symboles de son attrait touristique.

En France, la population a pu renouer avec ses parcs et ses jardins après plus deux mois de fermeture.

En Espagne, les clubs du championnat de football pourront lundi se remettre à l’entraînement collectif, dernière étape avant le redémarrage de la compétition le 11 juin.

Le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a cependant annoncé dimanche une « dernière prolongation » de l’état d’alerte, qui permet de limiter la circulation des personnes durant le déconfinement progressif du pays, jusqu’au 21 juin.

Mais ce processus ne va pas sans critique. Au Royaume-Uni, la décision du gouvernement de passer lundi à la phase suivante du déconfinement a été dénoncée par de nombreux experts et membres de l’opposition, qui la jugent « prématurée ».

En Thaïlande, le Parlement a approuvé dimanche un plan de relance de 60 milliards de dollars, la plus grosse injection de fonds jamais réalisée dans le royaume.