Toutes les personnes âgées atteintes de la COVID-19 développent-elles des symptômes?

Selon quelques enquêtes épidémiologiques, oui, les aînés sont bel et bien susceptibles d’être des porteurs asymptomatiques de la maladie.
Photo: Renaud Philippe Archives Le Devoir Selon quelques enquêtes épidémiologiques, oui, les aînés sont bel et bien susceptibles d’être des porteurs asymptomatiques de la maladie.
Il ne fait aucun doute que les personnes âgées ont plus de risques de développer des formes graves de la COVID-19 si elle contractent la maladie. Toutefois, y a-t-il des chances qu’elles ne ressentent pas de symptômes en cas d’infection? Selon quelques enquêtes épidémiologiques, oui, les aînés sont bel et bien susceptibles d’être des porteurs asymptomatiques de la maladie. Voici trois exemples.

Primo. Dans une résidence pour personnes âgées de la région de Seattle, aux États-Unis, on rapportait, en date du 18 mars, 101 cas confirmés de COVID-19 parmi les résidents. Selon un article à ce sujet paru dans le New England Journal of Medecine, la plupart d’entre eux affichaient des troubles respiratoires, mais, chez sept pensionnaires déclarés positifs, on ne documentait aucun symptôme.

Secundo. Dans le petit village italien de Vò, les autorités sanitaires ont procédé à un dépistage presque exhaustif de la population au début de l’épidémie. «Parmi les infections confirmées par le SRAS-CoV-2, nous n’avons pas observé de différences significatives dans la fréquence des infections asymptomatiques dans les différentes tranches d’âge», écrivent les auteurs d’un article scientifique en attente de révision par les pairs. Autrement dit, les doyens de la communauté pouvaient aussi bien être malades sans présenter de symptômes que les ados.

Tertio. À bord du fameux Diamond Princess, on a détecté 634 cas de COVID-19, selon un article publié en mars dans la revue Eurosurveillance. Du nombre, 476 étaient âgés de 60 ans et plus. Globalement, plus de la moitié des cas confirmés sur le navire de croisière étaient asymptomatiques. Les auteurs de l’enquête épidémiologique ne détaillent pas la fraction d’aînés ne ressentant pas de symptômes, mais il est mathématiquement impossible qu’ils aient tous vécu une manifestation de la maladie en vertu des chiffres cités plus haut. Certains étaient donc asymptomatiques.

Dans les trois cas, il existe évidemment la possibilité que des symptômes se soient manifestés après la fin de l’enquête épidémiologique. Les personnes âgées identifiées auraient alors été en phase présymptomatique. Malgré tout, il y a fort à parier que les aînés puissent contracter la COVID-19 sans jamais en vivre les manifestations, comme c’est le cas chez les personnes moins âgées.

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