La Chine crie victoire, le Brésil s’enfonce

La situation  au Brésil  et en Amérique du Sud inquiète l’OMS, qui  considère  le continent comme un nouvel épicentre  de la pandémie.
Veetmano Prem Sipa via Associated Press La situation au Brésil et en Amérique du Sud inquiète l’OMS, qui considère le continent comme un nouvel épicentre de la pandémie.

La Chine a proclamé vendredi sa victoire sur le nouveau coronavirus qui a sinistré son économie et continue de galoper ailleurs dans le monde, notamment au Brésil où le seuil des 20 000 morts vient d’être franchi.

« Nous avons obtenu une réussite stratégique majeure dans notre réponse à la COVID-19 », a clamé le premier ministre chinois, Li Keqiang.

Pour la première fois dans son histoire récente, Pékin a toutefois renoncé à fixer un objectif de croissance pour l’année en cours, faute de pouvoir chiffrer l’incidence de la pandémie. L’économie chinoise s’est contractée de 6,8 % au premier trimestre.

Selon des chiffres sans doute très sous-évalués, la pandémie a officiellement touché plus de 5,1 millions de personnes dans le monde. Elle a fait au moins 335 538 morts depuis son apparition en décembre en Chine, d’après un bilan établi par l’AFP.

Épicentre sud-américain

Selon des données officielles, le nombre de morts a doublé en seulement 11 jours pour franchir les 20 000 jeudi au Brésil, pays déjà le plus touché de la région et où la propagation du virus s’accélère toujours.

« L’Amérique du Sud est devenue un nouvel épicentre de la maladie. Nous voyons le nombre de cas augmenter dans de nombreux pays sud-américains. L’inquiétude concerne beaucoup de ces pays, mais clairement le plus affecté à ce stade est le Brésil », a déclaré le responsable des situations d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Michael Ryan, lors d’une conférence virtuelle depuis Genève.

« La majorité des cas sont recensés dans la région de Sao Paolo […], mais les taux de prévalence les plus élevés sont [dans l’État] d’Amazonas », a ajouté Michael Ryan.

Un collectif de chercheurs brésiliens avance que les chiffres officiels sous-estiment largement la réalité de la pandémie au Brésil. Selon eux, ils sont au moins 15 fois inférieurs à la réalité.

La COVID-19 tue proportionnellement plus de jeunes dans ce pays de 210 millions d’habitants qu’ailleurs : seuls 69 % des victimes y avaient plus de 60 ans contre 95 % en Espagne ou en Italie, selon les bilans officiels. « Comme notre population est plus jeune, c’est normal que le pourcentage de morts soit plus élevé chez les moins de 60 ans, mais c’est aussi dû au fait que ces jeunes adultes respectent moins les mesures de confinement », a expliqué à l’AFP Mauro Sanchez, épidémiologiste de l’Université de Brasilia.

Trump demande l’ouverturedes lieux de culte

Sur ordre du président américain, les États-Unis, pays officiellement le plus lourdement endeuillé par la COVID-19, vont mettre leurs drapeaux en berne jusqu’à dimanche pour y honorer la mémoire des victimes. Le bilan dépasse les 95 000 morts, avec des chiffres quotidiens qui restent élevés.

Le président américain a appelé vendredi les gouverneurs à autoriser la réouverture des lieux de culte « immédiatement » malgré l’épidémie, et menacé de le faire lui-même si ceux-ci ne s’y pliaient pas.

« Aujourd’hui, je considère que les lieux de culte — comme les églises, les synagogues et les mosquées — sont des lieux essentiels qui prodiguent des services indispensables », a-t-il déclaré dans une conférence de presse à la Maison-Blanche, disant réparer une « injustice ». « En Amérique, nous avons besoin de plus de prières, et non de moins », a-t-il conclu.

L’Europe, où la pandémie a tué plus de 171 000 personnes sur près de 2 millions de cas recensés, continue quant à elle d’avancer sur la voie d’une lente normalisation, mais en multipliant les mesures de précaution.

Le Royaume-Uni, le pays le plus endeuillé au monde après les États-Unis, avec plus de 36 000 morts, a annoncé vendredi qu’il allait imposer une quarantaine de 14 jours aux voyageurs arrivant de l’étranger. De rares exceptions sont prévues pour les transporteurs routiers, des personnels médicaux et les Irlandais.

Le gouvernement de Boris Johnson a également promis de consacrer 388 millions de livres (661 millions de dollars) à un projet international pour développer vaccins, tests et traitements, et accueillera un sommet international en ligne les 4 juin pour le GAVI (l’Alliance du vaccin).

En France, critiqué après avoir maintenu le premier tour des municipales le 15 mars malgré la pandémie, qui a fait plus de 28 000 morts dans le pays, le gouvernement a annoncé que le second tour aurait lieu le 28 juin et que les électeurs devront porter un masque.

Deuxième pays le plus affecté en nombre de cas, la Russie, soupçonnée de minimiser à dessein la mortalité liée à la COVID-19, a dit s’attendre à une « hausse significative » de celle-ci en mai. Vendredi, le pays a fait état d’un nouveau record avec 150 victimes en une seule journée.

À voir en vidéo