Quel est le bilan véritable de la pandémie de COVID-19?

Plus de 300 000 décès, à l’échelle de la planète, sont associés au coronavirus. À l’évidence, une grande proportion de ces victimes avaient une santé fragile. Plusieurs étaient très âgées, et seraient peut-être décédées ce printemps, pandémie ou pas. À l’inverse, la crise actuelle provoque des décès collatéraux en raison de la surcharge de travail des soignants et du report de certaines interventions médicales. Pour établir le bilan véritable de la pandémie de COVID-19, les démographes calculeront la «surmortalité» au sein des populations. En comparant le nombre de décès de 2020, toutes causes confondues, à la moyenne des quelques années précédentes, ils arriveront à mesurer l’ampleur réelle de l’hécatombe. D’ici à ce que les données finales soient assemblées et puissent être analysées, le magazine britannique The Economist a procédé à l’analyse lui-même, recueillant les taux de mortalité dans quelques pays. Nous en illustrons certains exemples avec le graphique ci-dessus.
Photo: Données complètes par The Economist

Bien que partiel, le résultat est éclairant. En Italie, par exemple, on compte habituellement entre 10 000 et 13 000 morts par semaine à ce temps-ci de l’année. À la mi-mars 2020, le bilan hebdomadaire s’approchait des 20 000 morts. Le nombre de décès attribués à la COVID-19 ne dépassait pas, pour sa part, les 5500 décès par semaine. Il apparaît donc que le bilan officiel de la COVID-19 ne comprend pas l’ensemble de la surmortalité récente en Italie. En Suède, à l’inverse, la surmortalité colle assez bien aux décès attribués au coronavirus. Pour la semaine se terminant le 28 avril, par exemple, on recensait une surmortalité de 484 décès, et 550 morts liés à la COVID-19. Au Québec (non illustré), l’Institut de la statistique publie les données sur la mortalité totale avec plusieurs mois de décalage. Il est donc impossible de réaliser cet exercice pour l’instant.

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