Un «mini-Schengen» se prépare en Europe pendant que d'autres pays se referment

Des employés du cimetière de San Vicente, à Cordoba, en Argentine, creusaient des tombes en prévision d’une nouvelle vague de décès liés au coronavirus, dimanche. La deuxième ville d’Argentine est revenue mardi sur l’assouplissement des mesures de confinement après une forte augmentation du nombre de cas de COVID-19.
DIEGO LIMA Agence France-Presse Des employés du cimetière de San Vicente, à Cordoba, en Argentine, creusaient des tombes en prévision d’une nouvelle vague de décès liés au coronavirus, dimanche. La deuxième ville d’Argentine est revenue mardi sur l’assouplissement des mesures de confinement après une forte augmentation du nombre de cas de COVID-19.

Cinq pays d’Europe centrale (Allemagne, Autriche, Hongrie, Slovaquie et République tchèque) pourraient ouvrir les frontières les séparant vers la mi-juin, ont annoncé mardi leurs représentants à l’issue de deux téléconférences.

L’Allemagne enregistre un nombre relativement bas de morts liées à la pandémie de COVID-19, tandis que les quatre autres pays de ce groupe sont parmi les meilleurs dans l’UE dans le combat contre sa propagation.

« Nous pensons que nous pouvons créer un “mini-Schengen” permettant aux gens de voyager sans contrôles aux frontières, sans tests et sans quarantaine, à la mi-juin », a dit le chef de la diplomatie tchèque, Tomas Petricek, après des entretiens avec ses homologues autrichien et slovaque.

L’Autriche et l’Allemagne avaient déjà annoncé qu’elles ouvriraient les frontières entre elles le 15 juin.

« Si elles le font… il serait agréable d’ouvrir les frontières avec l’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et, espérons-le, la Slovaquie aussi, le 15 juin », a dit le premier ministre tchèque, Andrej Babis.

Il a pu s’entretenir avec ses homologues hongrois, polonais et slovaque, ainsi qu’avec la chancelière Angela Merkel, par vidéoconférence.

Mais le ministère de l’Intérieur du land allemand de Bavière, Joachim Herrmann, a dit mardi qu’aucune décision n’avait encore été prise et que tout dépendrait de la propagation du coronavirus dans les jours à venir.

Nous pensons que nous pouvons créer un “mini-Schengen” permettant aux gens de voyager sans contrôles aux frontières, sans tests et sans quarantaine, à la mi-juin

 

Les cinq pays concernés ont récemment allégé les restrictions imposées pour freiner la pandémie.

Confiner de nouveau

Si la situation semble s’améliorer dans ces pays, ailleurs, le déconfinement soulève des questions.

Ainsi Cordoba, deuxième ville d’Argentine après la capitale, Buenos Aires, avec 1,4 million d’habitants, est revenue mardi sur l’assouplissement des mesures de confinement après une forte augmentation du nombre de personnes infectées par la COVID-19.

En Argentine, un confinement obligatoire est en vigueur depuis le 20 mars, mais certaines autorités municipales et provinciales ont été autorisées à assouplir les mesures, en particulier dans les régions qui comptent peu de cas.

Cordoba, capitale de la province du même nom, située à 700 km au nord-est de Buenos Aires, où 418 cas ont été enregistrés, a notamment autorisé la semaine dernière l’ouverture des magasins, des coiffeurs, des lieux de culte et les sorties récréatives pendant le week-end.

Mais les autorités ont décidé de revenir sur ces assouplissements après l’apparition de 55 cas positifs au cours des trois derniers jours.

« Les activités récréatives sont suspendues pour le week-end. Les magasins ne pourront pas ouvrir à partir de minuit mardi. Les professions essentielles et l’activité industrielle de la ville se poursuivent », a annoncé le ministre de la Santé de la province, Diego Cardozo, en conférence de presse.

Ces nouvelles restrictions ne concernent que la ville de Cordoba et non le reste de la province, où les activités agro-industrielles sont importantes.

Ces nouvelles mesures seront en vigueur jusqu’au 24 mai, date limite fixée par le gouvernement fédéral d’Alberto Fernandez pour annoncer une nouvelle phase du confinement à l’échelle du pays.

L’Argentine, pays de 45 millions d’habitants, a enregistré 8358 cas de COVID-19, dont 384 décès, selon les derniers chiffres officiels. Ces chiffres sont peu élevés en comparaison des pays les plus touchés.

Selon la dernière compilation, la pandémie a fait au moins 322 821 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine.

Plus de 4 892 550 cas de contamination ont été officiellement diagnostiqués dans 196 pays et territoires depuis le début de l’épidémie.

Le Brésil a dépassé pour la première fois le cap des 1000 morts du coronavirus en une journée, avec 1179 décès au cours des dernières 24 heures portant le total des morts à 17 971, a annoncé mardi soir le ministère de la Santé.

Le pays de 210 millions d’habitants, qui a détecté 271 628 cas de la maladie, avait jusque-là enregistré un maximum de 881 morts en 24 heures, le 12 mai. Lundi, le Brésil était devenu le troisième pays du monde en termes de contaminations au coronavirus, derrière les États-Unis et la Russie.

Si la tendance se confirme au cours des prochains jours, le Brésil, le pays de loin le plus touché d’Amérique latine, connaîtrait une phase d’accélération de la pandémie, dont le pic n’est prévu par les experts qu’au début du mois de juin.

La Chine (sans les territoires autonomes de Hong Kong et de Macao), où l’épidémie a débuté fin décembre, a officiellement dénombré au total 84 063 cas, dont 4638 décès.

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