Entente internationale pour une évaluation de la réaction de l’OMS

L’OMS est sous pression constante des États-Unis qui lui reprochent de s’être «plantés» dans la gestion de la pandémie de COVID-19.
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse L’OMS est sous pression constante des États-Unis qui lui reprochent de s’être «plantés» dans la gestion de la pandémie de COVID-19.

Les 194 pays membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), dont les États-Unis et la Chine, ont adopté mardi une résolution prévoyant une « évaluation indépendante » de la réaction de l’agence onusienne à la pandémie de nouveau coronavirus.

Ce texte approuvé par consensus prévoit de lancer « au plus tôt […] un processus d’évaluation impartiale, indépendante et complète » de l’action internationale engagée face à la pandémie, en vue « d’améliorer les capacités mondiales de prévention, de préparation et de riposte face aux pandémies ». Cette évaluation dont les contours demeurent flous devra notamment passer au crible « les mesures prises par l’OMS face à la pandémie de COVID-19 et leur chronologie ».

L’OMS et son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sont sous pression constante des États-Unis, qui leur reprochent de s’être « plantés » dans la gestion de la pandémie, laquelle a fait plus de 322 821 morts depuis son apparition en décembre en Chine.

Accusant l’OMS d’être une « marionnette de la Chine », Washington estime qu’elle a négligé une alerte précoce venue de Taïwan sur la gravité du coronavirus et tardé à déclarer l’état de pandémie, ce dont l’organisation se défend.

Le président américain, Donald Trump, lui a donné un mois mardi pour obtenir des résultats significatifs, sous peine de quitter l’agence, dont les États-Unis étaient le premier bailleur de fonds.

Bien que la résolution adoptée mardi à l’occasion de la réunion annuelle de l’Assemblée mondiale de la santé ne fasse pas référence à la Chine, les États-Unis ne s’y sont pas opposés. Ils soupçonnent pourtant Pékin d’avoir caché un accident de laboratoire qui, selon Washington, aurait été à l’origine de la pandémie.

La Chine a volé au secours de l’organisation mardi en estimant que le gouvernement américain essayait de « se soustraire à ses obligations » envers l’OMS et de « salir les efforts consentis par la Chine pour endiguer l’épidémie ».

Les autorités chinoises ont à plusieurs reprises répliqué aux allégations américaines en estimant qu’elles servaient à faire oublier le bilan de la pandémie aux États-Unis, pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 91 845 décès pour plus de 1,5 million de cas.

Les États-Unis ont par ailleurs déploré les termes de la résolution appelant à éliminer de façon « urgente des obstacles injustifiés » à « l’accès universel, rapide et équitable et la juste distribution » des traitements et vaccins.

Le texte encourage des mécanismes de partage « volontaire » des brevets et des droits de propriété intellectuelle dans le cadre des accords internationaux. Mais Washington craint un précédent dangereux pour la capacité à investir de sa recherche et de ses laboratoires.

« Les États-Unis reconnaissent l’importance de l’accès à des produits de santé abordables, sûrs, de haute qualité et efficaces », mais la résolution « envoie un mauvais message aux innovateurs », assure dans un communiqué la représentation américaine auprès des Nations unies à Genève.

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