Pas de compromis américain pour lutter contre la pandémie

Selon certains diplomates, c’est le langage sur l’OMS qui est à l’origine du blocage américain.
Photo: Bebeto Matthews Associated Press Selon certains diplomates, c’est le langage sur l’OMS qui est à l’origine du blocage américain.

Les États-Unis ont bloqué vendredi au Conseil de sécurité de l’ONU une procédure devant conduire à la mise au vote d’une résolution appelant à une « cessation des hostilités » pour mieux lutter contre la pandémie, selon des diplomates. Washington « ne peut soutenir le projet de résolution actuel », a annoncé sans autre détail la partie américaine à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité, provoquant leur stupéfaction. Jeudi, les États-Unis avaient pourtant accepté une mention de compromis sur l’Organisation mondiale de la santé (OMS), objet d’un vif différend depuis des semaines avec la Chine.

Selon certains diplomates, c’est à nouveau le langage sur l’OMS qui est à l’origine du blocage américain. Selon d’autres sources, les États-Unis veulent revenir à une proposition initiale de texte qu’ils avaient abandonné sur la nécessité d’une « transparence » dans la coopération.

La procédure rompue par les États-Unis devait permettre aux deux auteurs de la résolution, la Tunisie et la France, de demander une mise au vote du texte. Âprement négocié depuis mars, le texte obtenu par l’AFP et qui devait être soumis à un scrutin réclamait dans sa dernière version une « coordination renforcée » entre les membres de l’ONU et soulignait « la nécessité urgente de soutenir tous les pays comme les entités pertinentes du système des Nations unies, y compris les agences de santé spécialisées ».

Cette formule, sans citer explicitement l’OMS tout en l’évoquant implicitement, représentait pour ses auteurs un compromis visant à arracher un accord final des États-Unis et de la Chine sur la résolution. Washington, qui ne voulait pas de mention sur l’OMS, accuse cette agence onusienne de manquer de transparence et d’avoir retardé l’alerte mondiale sur les conséquences de la maladie COVID-19. Pékin, au contraire, voulait en souligner l’importance dans la lutte contre la pandémie.

« De notre point de vue, l’objectif devrait être de soutenir l’appel du secrétaire général à un cessez-le-feu dans le monde » et non de servir les « faux discours » de la Chine sur le déclenchement de la pandémie à Wuhan, a expliqué à l’AFP un responsable du département d’Etat sous couvert d’anonymat.