Comment les provinces et les pays définissent-ils les décès liés à la COVID-19?

Photo: Johannes Eisele Archives Agence France-Presse
Difficile exercice que celui de comparer la réponse des différents pays et provinces à la pandémie. Question de rendre le défi encore plus ardu, chaque gouvernement ne considère pas les mêmes critères pour déterminer si un décès doit figurer à son bilan officiel. Voici un rapide tour d’horizon — non exhaustif — qui vous permettra de vous faire une idée des différences à ce chapitre.

Québec On compte parmi les décès les personnes déclarées positives en vertu d’un test, mais aussi celles qui affichent à la fois des «manifestations cliniques compatibles» observées avant le décès (fièvre, toux, difficultés respiratoires, perte de goût) et une exposition à risque élevé (comme vivre sous le même toit qu’une personne déclarée positive).

Ontario Pour figurer au bilan ontarien, les personnes décédées doivent avoir été déclarées positives à la COVID-19 grâce à un test en laboratoire. Par ailleurs, le ministère de la Santé de l’Ontario a indiqué à nos collègues qu’il comptabilise seulement les cas «où la COVID-19 est mentionnée comme la cause du décès sur le certificat de décès».

États-Unis Depuis le 14 avril, l’agence fédérale de santé publique (Centers for Disease Control and Prevention) indique que les cas probables, mais non confirmés, doivent être considérés au bilan des décès s’ils se soldent par la mort. Les cas probables correspondent à l'une ou l'autre de ces définitions:manifestations cliniques de la maladie et contacts avec un cas confirmé; un test de dépistage équivoque doublé de manifestations cliniques de la maladie ou de contacts avec un cas confirmé; un certificat de décès évoquant la COVID-19 parmi les causes de la mort. Toutefois, selon une enquête du Washington Post publiée le 16 avril, certains États excluent de leur bilan des cas positifs décédés si la mort semble attribuable à autre chose. Une certaine confusion sur la définition des décès reliés à la COVID-19 semble donc persister chez nos voisins du sud.

Espagne Les autorités considèrent dans leur bilan tous les décès faisant l’objet d’un diagnostic positif, peu importe si la COVID-19 est considérée comme la cause principale de la mort ou pas, selon Le Monde. Toutefois, on ignore quelle proportion des décès en résidences pour personnes âgées (dont les pensionnaires malades ne sont pas tous testés) est incluse dans le bilan sur la mortalité.

Iran Toujours selon Le Monde, un rapport du centre de recherche du Parlement iranien indique que seulement les malades morts à l’hôpital étaient considérés dans le bilan des décès. Des médecins ont aussi témoigné subir des pressions de leurs supérieurs pour ne pas explicitement mentionner la COVID-19 sur les actes de décès des patients atteints.

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