Des dommages-intérêts de la Chine pour la propagation du coronavirus?

Manifestation contre le confinement au Missouri
Photo: Jeff Roberson Associated Press Manifestation contre le confinement au Missouri

Le Missouri a porté plainte mardi contre la Chine, accusant Pékin d’avoir dissimulé la gravité de l’épidémie de coronavirus et causé ainsi des « dommages », économiques et humains, « irréparables » dans cet État américain et dans le monde. La plainte au civil, déposée par le procureur de l’État, Eric Schmitt, vise le gouvernement, le parti communiste chinois ainsi que d’autres responsables et institutions du pays. Elle les accuse notamment d’avoir « caché des informations cruciales » au tout début de l’épidémie, arrêté des lanceurs d’alerte et nié la nature hautement contagieuse du nouveau coronavirus.

Cette dissimulation a causé « une pandémie mondiale inutile et évitable » qui a entraîné des pertes en vies humaines et des conséquences économiques importantes avec des pertes estimées à au moins plusieurs milliards de dollars dans cet État du centre du pays, selon des documents juridiques.

Le président américain a lancé des accusations similaires, estimant que la Chine cache le véritable bilan de l’épidémie dans le pays, ce que Pékin a démenti. Pékin est notamment poursuivi pour « nuisance publique » et « activités anormalement dangereuses ». Le Missouri réclame des dommages-intérêts d’un montant non précisé. Plus de 5800 personnes ont été déclarées positives dans le Missouri qui a enregistré au moins 177 morts, selon les autorités locales.

Plus de 2,5 millions de cas

La pandémie a fait au moins 174 000 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mardi. Plus de 2 525 240 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 193 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Parmi ces cas, au moins 567 400 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

174
C’est, en milliers, le nombre approximatif de décès dans le monde liés à la COVID-19.

Depuis le comptage réalisé la veille, 5244 nouveaux décès et 68 529 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. Les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès depuis hier sont les États-Unis avec 2751 morts, le Royaume-Uni (828) et l’Italie (534). Les États-Unis, qui ont recensé leur premier décès lié au coronavirus fin février, sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 44 845 décès pour plus de 804 000 cas. Au moins 73 533 personnes ont été déclarées guéries.

Lente décrue en France

L’épidémie de COVID-19 a tué 20 796 personnes en France depuis début mars, dont 531 décès enregistrés depuis lundi, mais la pression sur les hôpitaux continue progressivement de s’alléger, a annoncé mardi le directeur général de la Santé. Au total, 12 900 personnes sont décédées à l’hôpital, soit 387 de plus depuis lundi, et 7896 dans les maisons de retraite médicalisées et autres établissements médico-sociaux (+144), a déclaré Jérôme Salomon lors de son point presse quotidien.

Mais le nombre de personnes hospitalisées et en réanimation poursuit sa lente décrue. Pour le treizième jour consécutif, le nombre de personnes en réanimation, un indicateur très scruté par les professionnels, car baromètre de la pression pesant sur le système hospitalier, est en baisse : 250 personnes de moins en 24 heures, un chiffre plus élevé que ces derniers jours (-61 lundi, -89 dimanche, -194 samedi). Toutefois, 5433 personnes demeurent en réanimation, toujours davantage que les capacités initiales de la France en la matière avant le début de l’épidémie, qui étaient de 5000 lits. En réanimation, « nous sommes passés de 5000 à 10 000 lits, ce que personne n’imaginait possible », a ajouté M. Salomon, qui a prévenu que cette capacité de 10 000 ne pourrait être tenue « longtemps » étant notamment « liée à la déprogrammation » de certaines opérations.

Et pour le septième jour consécutif, le nombre de personnes hospitalisées baisse également : elles étaient mardi 30 106 en France, soit 478 de moins en 24 heures. « La circulation du virus demeure à un niveau élevé, nous devons donc rester pleinement mobilisés », a répété Jérôme Salomon. « Ce que l’on fait aujourd’hui et demain conditionne le nombre de patients en réanimation le 11 mai », date à laquelle débutera le déconfinement progressif en France, a souligné le numéro 2 du ministère de la Santé. « Nous sommes tous debout sur le frein et nous pouvons tous influer sur le nombre de patients en réanimation le 11 mai », a-t-il insisté. Depuis le début de l’épidémie, plus de 39 000 personnes sont sorties guéries des hôpitaux français.