Des «signes encourageants» malgré près de 170 000 morts

Selon une étude, les régions du sud de l’Italie, les moins touchées, pourraient
arriver à zéro nouvelle contagion «entre fin avril et début mai».
Photo: Marco Alpozzi Associated Press Selon une étude, les régions du sud de l’Italie, les moins touchées, pourraient
arriver à zéro nouvelle contagion «entre fin avril et début mai».

Le nombre de malades de la COVID-19 a baissé lundi pour la première fois en Italie et le Royaume-Uni constate des « signes encourageants », bien que la pandémie de nouveau coronavirus ait fait au moins 167 594 morts dans le monde.

« C’est la première fois, c’est une donnée positive », a commenté le chef de la Protection civile italienne, Angelo Borrelli, lors d’une conférence de presse. Selon le bilan officiel, il y aurait 108 237 cas en Italie, soit 20 de moins que la veille.

Autre signal positif : le nombre de patients en soins intensifs est également en baisse et a atteint son niveau « le plus bas depuis un mois » (2573, -62), a souligné M. Borrelli.

L’Italie a toutefois enregistré 454 décès, ce qui porte le total de morts à 24 114. La Fédération nationale des ordres de médecins a par ailleurs relevé son bilan à 140 médecins décédés depuis le début de l’épidémie. Deux nouveaux pharmaciens italiens ont aussi perdu la vie dans le nord de l’Italie, portant à douze le bilan des décès au sein de cette profession.

Selon une étude de l’Observatoire national de la santé, les régions du sud de l’Italie, les moins touchées par la pandémie, pourraient arriver à zéro nouvelle contagion « entre fin avril et début mai ». Le Latium, la région de Rome, pourrait y arriver le 12 mai et la Lombardie, la région de Milan, la plus touchée, « pas avant le 28 juin ».

« L’Italie va vraiment mieux », a estimé un épidémiologiste de l’Institut supérieur de la santé (organe gouvernemental de santé publique), Giovanni Rezza, dans un entretien au quotidien La Repubblica. « Tous les indicateurs le disent : les nouveaux cas diminuent, il y a moins de pression sur les hôpitaux et le fameux R0, l’indice de contagion, qui au début de l’épidémie était supérieur à 3 (chaque personne en infectait en moyenne plus de 3), est maintenant juste en dessous de 1 », souligne-t-il.

Baisse au Royaume-Uni

Le gouvernement britannique a constaté lundi des « signes encourageants » dans la pandémie de nouveau coronavirus, avec un bilan quotidien au plus bas depuis deux semaines, mais reste ferme sur le maintien du confinement de crainte d’un « deuxième pic ».

L’un des pays les plus touchés en Europe, le Royaume-Uni a comptabilisé 449 morts de plus lundi, soit 16 509 décès depuis le début de la pandémie. Si les chiffres quotidiens sont très volatils et marquent souvent des baisses après le week-end en raison des retards dans les décomptes, il s’agit du plus faible bilan depuis le 6 avril et le deuxième plus faible depuis le début du mois.

Devant la presse, le ministre des Finances, Rishi Sunak, a relevé « des signes encourageants ». « Nous avons fait des progrès », a-t-il assuré.

Il a cependant jugé qu’il était encore trop tôt pour « considérer comme sûr d’ajuster » les mesures de confinement, arguant qu’il fallait auparavant s’assurer qu’il « n’existe pas de risque d’un deuxième pic ».

Le Royaume-Uni compte au total 124 743 personnes infectées (+4676). Le bilan des autorités britanniques ne prend toutefois pas en compte les maisons de retraite, où des organismes représentant le secteur font état de milliers de décès.

20 000 morts en France

La France a passé lundi la barre des 20 000 personnes tuées par le nouveau coronavirus, avec 547 nouveaux décès enregistrés depuis dimanche, mais le nombre de patients hospitalisés et admis en réanimation continue à diminuer lentement, a annoncé le Directeur général de la santé.

« Ce soir, notre pays franchit un cap symbolique et particulièrement douloureux », a déclaré Jérôme Salomon.

La COVID-19 a tué « de loin davantage que toutes les épidémies de grippe, même les plus meurtrières, et davantage que la canicule de l’été 2003 », qui avait fait 19 000 morts, a-t-il souligné.

Au total, 20 265 personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie début mars : 12 513 à l’hôpital et 7752 dans les maisons de retraite médicalisées et autres établissements médico-sociaux.

Pour le douzième jour de suite, le nombre de personnes hospitalisées en réanimation est en baisse : elles étaient encore 5863 lundi (-61), alors que la France ne comptait que 5000 lits en réanimation avant le début de l’épidémie.

« La baisse des besoins en réanimation se confirme, mais elle reste très légère », a commenté M. Salomon lors de son point presse quotidien.

De même, depuis maintenant six jours, le nombre de personnes hospitalisées décroît très lentement : 26 de moins depuis lundi, à 30 584.

« La tension baisse de manière inégale et nous devons poursuivre les efforts », a insisté le numéro deux du ministère de la Santé.

Depuis le début de l’épidémie, plus de 37 000 personnes sont sorties guéries de l’hôpital. 

L’Asie sur alerte

Singapour a annoncé lundi un nombre record de plus de 1400 nouveaux cas de COVID-19, portant le total à 8014 cas et à 11 morts.

Le pays avait réussi dans un premier temps à contenir la propagation du virus grâce à une stratégie de contrôle très strict et de « traçage » des contacts avec les personnes infectées. Mais il fait face à une deuxième vague depuis le début du mois d’avril.

Au Japon, des médecins craignent une saturation du système sanitaire. Le nombre de cas de COVID-19 enregistrés a dépassé les 10 000 ce week-end, malgré l’instauration de l’état d’urgence.

Les États-Unis demeurent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 40 931 décès pour 766 212 cas. Au moins 71 581 personnes ont été déclarées guéries.

Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont l’Italie avec 24 114 morts pour 181 228 cas, l’Espagne avec 20 852 morts (200 210 cas), la France avec 20 265 morts (155 383 cas), et le Royaume-Uni avec 16 509 morts (124 743 cas).

La Chine (sans les territoires de Hong Kong et Macao) a officiellement dénombré au total 82 747 cas, dont 4632 décès, et 77 084 guérisons.

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