Le bilan mondial atteint les 150 000 morts

Au Minnesota, des manifestants ont enfreint l’ordre de rester chez eux pour protester contre le confinement et appeler le gouverneur Tim Walz à rouvrir l’économie.
Photo: Jim Mone Associated Press Au Minnesota, des manifestants ont enfreint l’ordre de rester chez eux pour protester contre le confinement et appeler le gouverneur Tim Walz à rouvrir l’économie.

La pandémie provoquée par le nouveau coronavirus a fait au moins 150 142 morts dans le monde, dont un millier en Afrique, continent où les cas s’accumulent et les fonds de lutte manquent.

Avec 2985 nouveaux décès enregistrés en 24 heures, les États-Unis demeurent le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 34 575 décès pour 683 786 cas.

Le président américain, qui parlait de faire « redémarrer l’Amérique » jeudi, a semblé soutenir vendredi des manifestants qui protestent contre les consignes de confinement, en appelant à « libérer » trois États gouvernés par des démocrates. « Libérez le Minnesota ! », « Libérez le Michigan ! » et « Libérez la Virginie », a tweeté Donald Trump.

« Personne n’a plus hâte que moi de relancer notre économie mais la dernière chose que je veux est de voir une deuxième vague [de contagion] », a affirmé la gouverneure du Michigan, Gretchen Whitmer.

Après les États-Unis, les pays les plus touchés sont l’Italie avec 22 745 morts pour 172 434 cas, l’Espagne avec 19 478 morts (188 068 cas), la France avec 18 681 morts (147 969 cas), et le Royaume-Uni avec 14 576 morts (108 692 cas).

Plus de 2 207 730 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 193 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Parmi ces cas, au moins 483 000 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

Sous le feu des critiques pour sa gestion de l’épidémie, la Chine a revu à la hausse son bilan officiel, avec près de 1300 morts supplémentaires à Wuhan, portant ce bilan à 4632 morts et 82 367 cas. « Il n’y a jamais eu aucune dissimulation », a affirmé un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui a simplement reconnu « des retards » et « des omissions » dans l’enregistrement des décès.

Le président américain a fait de retentissantes critiques cette semaine, affirmant que le nombre des décès liés au nouveau coronavirus dans ce pays était « bien plus élevé » que ne l’ont dit les autorités chinoises. Le président français, Emmanuel Macron, et le chef de la diplomatie britannique, Dominic Raab, ont aussi mis en doute la transparence de Pékin.

Inquiétude en Afrique

La pandémie a fait 1000 morts en Afrique, dont les trois quarts en Algérie, en Égypte, au Maroc et en Afrique du Sud. Avec 19 334 cas, l’Afrique est avec l’Océanie l’un des continents les moins touchés par la COVID-19.

L’Organisation mondiale de la santé s’est alarmée vendredi de la progression rapide de la pandémie de coronavirus en Afrique, tout en estimant qu’à ce stade elle pouvait encore être contenue.

« Compte tenu de la difficulté d’obtenir des kits de diagnostic, il est probable que les nombres réels soient plus élevés », a affirmé le directeur général de l’OMS, l’Éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse virtuelle depuis Genève.

« Nous ne pensons pas aujourd’hui que la maladie a passé le stade de ne pouvoir être contenue. Nous pensons que beaucoup peut être fait pour limiter l’impact du virus », a estimé Michael Ryan, directeur des programmes d’urgence de l’OMS.

Simultanément à Washington, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont indiqué qu’il manquait 44 milliards de dollars au continent pour lutter contre la pandémie.

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