Boris Johnson aux soins intensifs

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d'une réunion en visioconférence, le 28 mars à Londres
Photo: Andrew Parsons/10 Downing Street via Associated Press Le premier ministre britannique, Boris Johnson, lors d'une réunion en visioconférence, le 28 mars à Londres

Contaminé par le coronavirus, le premier ministre britannique, Boris Johnson, a été transféré lundi en soins intensifs après avoir vu son état de santé se dégrader, au moment où la pandémie empire au Royaume-Uni, avec plus de 5000 morts.

Seul chef d’État ou de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé, le dirigeant sera remplacé par son chef de la diplomatie, Dominic Raab, qui s’est engagé à poursuivre la lutte contre le virus.

Après avoir été déclaré positif à la COVID-19 le 27 mars, M. Johnson, 55 ans, s’était efforcé de continuer à mener la riposte à cette crise historique depuis sa quarantaine à Downing Street, donnant de ses nouvelles par l’entremise de vidéos sur Twitter, où il apparaissait marqué. Mais, ses symptômes persistant, notamment la fièvre, il a été hospitalisé dimanche soir, officiellement pour des examens.

« Au cours de l’après-midi, l’état de santé du premier ministre s’est détérioré et, sur le conseil de son équipe médicale, il a été transféré au service des soins intensifs de l’hôpital », a indiqué son porte-parole dans la soirée.

« Le premier ministre a demandé au ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab […] de le remplacer là où nécessaire », a-t-il ajouté dans un communiqué. M. Raab l’avait déjà remplacé lundi pour présider la réunion quotidienne consacrée à la COVID-19.

Selon une source gouvernementale, Boris Johnson reste « conscient » et son transfert, intervenu vers 19 h locales, a été décidé « par précaution au cas où il aurait besoin d’un respirateur ».

Sur la BBC, Dominic Raab a assuré que le dirigeant était « entre de bonnes mains » et que le gouvernement veillerait à mettre en œuvre ses « instructions » afin de « vaincre le coronavirus ».

Quelques heures à peine avant l’annonce de son admission en soins intensifs, le chef de la diplomatie avait assuré que Boris Johnson avait passé une « nuit tranquille » à l’Hôpital St. Thomas, dans le centre de Londres, et qu’il restait « en observation ».

« Son moral est bon » et « il continue à diriger le gouvernement », avait-il assuré durant la conférence de presse quotidienne de l’exécutif, pressé de questions sur la capacité du premier ministre à exercer ses fonctions malgré la maladie.

Plus de 50 000 personnes ont été déclarées positives à la COVID-19 au Royaume-Uni, devenu l’un des pays d’Europe les plus violemment touchés, et 5373 en sont mortes.

Rapidement, les messages de soutien au premier ministre se sont multipliés à l’étranger, dont le président américain, Donald Trump, et le président français, Emmanuel Macron, lui souhaitant de « surmonter cette épreuve rapidement ».

Dans le monde

 

La pandémie de nouveau coronavirus a fait au moins 75 000 morts dans le monde, dont près des trois quarts en Europe, depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mardi à 9 h 45 GMT (5 h 45 au Québec).

 

Au total, 75 538 décès ont été recensés, dont 53 928 en Europe, continent le plus touché. Avec 16 523 morts, l’Italie est le pays au monde comptant le plus de décès, suivi de l’Espagne (13 798), des États-Unis (10 993) et de la France (8911). Depuis le début de la pandémie de COVID-19, 1 350 759 cas ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe (708 898), 384 947 aux États-Unis et au Canada (11 332 décès à eux deux) et 122 348 en Asie (4308 décès).

 

Le nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant désormais plus que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière.