La pression s’atténue sur le Vieux Continent

Un garçon passait à vélo devant la tour Eiffel à Paris, dimanche. 357 décès ont été enregistrés en France dimanche, soit le nombre le plus bas depuis une semaine, ce qui laisse présager un ralentissement de l’épidémie.
Photo: Philippe Lopez Agence France-Presse  Un garçon passait à vélo devant la tour Eiffel à Paris, dimanche. 357 décès ont été enregistrés en France dimanche, soit le nombre le plus bas depuis une semaine, ce qui laisse présager un ralentissement de l’épidémie.

Une « courbe qui commence sa descente » en Italie, « la pression qui diminue » en Espagne et le nombre de morts qui baisse en France : l’espoir d’une amélioration sur le front de la pandémie du coronavirus est né dimanche en Europe.

En Italie, les autorités ont enregistré au cours des 24 dernières heures 525 décès, soit le nombre le plus bas depuis plus de deux semaines.

« La courbe a commencé sa descente », s’est félicité le patron de l’Institut supérieur de la santé, Silvio Brusaferro. La baisse du nombre des morts « est une donnée très importante », dans un pays qui a payé, avec un total de près de 16 000 morts, un terrible tribut à la pandémie née en décembre en Chine, avant de contaminer la planète.

Le ministre de la Santé, Roberto Speranza, s’est toutefois empressé de prévenir que « l’urgence n’est pas finie. Le danger n’a pas disparu. Nous avons encore quelques mois difficiles devant nous, ne gâchons pas les sacrifices consentis ».

En Espagne, les 674 décès enregistrés dimanche ont marqué le troisième jour d’affilée de baisse de la macabre statistique. Jeudi, elle avait atteint 950 morts.

« La pression diminue », s’est félicitée Maria José Sierra, du Centre d’alertes sanitaires, relevant « une certaine décrue » dans le nombre des hospitalisations et des admissions en soins intensifs.

Empar Loren, une infirmière à l’Hôpital Arnau de Vilanova, à Lérida en Catalogne, a ajouté : « La situation est plus stable. Le nombre des patients en unité de soins intensifs n’augmente plus tellement et nous commençons à avoir pas mal de sorties. »

En France, 357 décès ont été enregistrés dimanche, soit le nombre le plus bas depuis une semaine.

Les strictes mesures de confinement en place dans ces pays semblent donc commencer à porter leurs fruits, même si, partout, les autorités redoutent un relâchement dans la population avec l’arrivée des beaux jours.

Nulle part ces mesures n’ont été mieux illustrées qu’au Vatican, où le pape François a célébré l’entrée dans la Semaine sainte de Pâques dans une basilique Saint-Pierre vide de fidèles, seulement accompagné de religieux et de religieuses, avec une seule personne par banc.

« Regardez les vrais héros, qui apparaissent ces jours-ci : ce ne sont pas ceux qui ont renommée, argent et succès, mais ceux qui se donnent eux-mêmes pour servir les autres ! » a lancé le pape dans son homélie.

La reine Élisabeth IIs’adresse aux Britanniques

La reine Élisabeth II a encouragé dimanche les Britanniques à faire front avec « détermination » contre la pandémie meurtrière de coronavirus, assurant qu’ils finiraient par vaincre, dans une rare intervention télévisée qui témoigne de la gravité de la crise.

S’adressant directement à la population depuis le château de Windsor, à l’ouest de Londres, la souveraine a fait allusion à la Seconde Guerre mondiale pour inciter les Britanniques à faire preuve de résilience face à la maladie, qui a déjà tué près de 5000 personnes dans le pays.

« J’espère que, dans les années à venir, tout le monde pourra être fier de la manière dont nous avons relevé ce défi », a-t-elle déclaré dans cette allocution enregistrée, d’un peu plus de quatre minutes.

« Et ceux qui nous succéderont diront que les Britanniques de cette génération étaient aussi forts que les autres », et que « les qualités d’autodiscipline, de détermination bienveillante et de camaraderie caractérisent toujours ce pays », a-t-elle ajouté, dans un discours « profondément personnel », selon ses services.

« Nous vaincrons, et cette victoire sera celle de chacun d’entre nous », a-t-elle assuré. « Alors que nous pourrions avoir à endurer plus encore, nous devrions trouver du réconfort dans le fait que des jours meilleurs viendront : nous retrouverons nos amis ; nous retrouverons nos familles ; nous nous retrouverons de nouveau. »

En raison de l’épidémie, Élisabeth II s’est retirée avec son époux, le prince Philip, au château de Windsor. Âgés respectivement de 93 et de 98 ans, ils font partie de la population à risque face au coronavirus. Leur fils le prince Charles a d’ailleurs été atteint par le coronavirus, mais serait désormais en bonne santé.

De son côté, le premier ministre britannique, Boris Johnson, déclaré positif au nouveau coronavirus il y a dix jours, a été hospitalisé dimanche pour subir de nouveaux examens, ont annoncé ses services, précisant qu’il s’agit d’une « mesure de précaution ».

« Sur les conseils de son médecin, le premier ministre a été admis ce soir à l’hôpital pour des examens », a annoncé Downing Street dans un communiqué.

« Ceci est une mesure de précaution, car le premier ministre continue de présenter des symptômes persistants du coronavirus, dix jours après avoir été déclaré positif », ajoute le communiqué.

Boris Johnson, 55 ans, avait annoncé vendredi qu’il prolongeait la quarantaine qu’il observe au-delà des sept jours recommandés par les autorités sanitaires britanniques, car il continuait d’avoir de la fièvre, un des symptômes de la maladie.

« Si je me sens mieux […], j’ai toujours l’un des symptômes », « j’ai toujours de la température », « je dois continuer ma quarantaine », avait-il déclaré dans une courte vidéo sur Twitter, où il apparaissait un peu hagard.

Le chef du gouvernement avait indiqué qu’il continuait de travailler depuis ses appartements de Downing Street.

La Chine accroît sa production de matériel médical

Ailleurs dans le monde, les motifs d’inquiétude restent nombreux, en particulier dans les pays pauvres, en crise, ou pour les populations particulièrement à risque. En Grèce, un deuxième camp de migrants près d’Athènes a été placé dimanche en quarantaine par les autorités.

Dimanche, les autorités chinoises ont indiqué que leur pays avait vendu depuis début mars près de quatre milliards de masques et d’équipements médicaux à une cinquantaine de pays étrangers, pour une valeur totale de plus de 2 milliards de dollars canadiens.

Malgré le recul du nombre de cas sur son territoire, Pékin a encouragé les usines à accroître leur production d’équipements médicaux, au moment où d’autres pays connaissent une pénurie et se livrent une concurrence sans vergogne pour mettre la main sur les précieux bouts de tissu.

Certains pays, comme les Pays-Bas et l’Espagne, se sont toutefois plaints de la qualité de ce matériel importé de Chine.

Les livraisons chinoises ont pris d’autant plus d’importance que les discours officiels sur le port du masque ont évolué ces derniers jours, plusieurs gouvernements recommandant à présent le port du masque généralisé.