Timide espoir en Europe, les États-Unis et le Royaume-Uni se préparent au pire

Plus de 1 082 470 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 188 pays et territoires depuis le début de l’épidémie.
Photo: Piero Cruciatti Agence France-Presse Plus de 1 082 470 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 188 pays et territoires depuis le début de l’épidémie.

Les chiffres du ralentissement de la propagation du coronavirus suscitent une timide lueur d’espoir en Europe malgré un nombre de morts qui y a dépassé vendredi les 40 000, mais la maladie continue d’exploser aux États-Unis et au Royaume-Uni, tout comme elle menace d’une catastrophe les pays en conflit.

La pandémie fait au moins 57 474 morts dans le monde, selon un bilan établi par l’AFP vendredi en fin d’après-midi. Plus de 1 082 470 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 188 pays et territoires depuis le début de l’épidémie.

Les Américains s’attendent maintenant au pire, et bâtissent des hôpitaux de campagne partout où ils le peuvent, de Los Angeles à Miami ou à New York, avec des milliers de lits supplémentaires de réanimation, après un dernier bilan de 1200 morts en 24 heures, un chiffre inédit dans cette pandémie démarrée en décembre en Chine.

Idem au Royaume-Uni, où un vaste hôpital de campagne d’un potentiel de 4000 lits a été inauguré vendredi à Londres, et où la menace est telle que la reine Elizabeth II, fait rarissime, doit prononcer dimanche une allocution.

En Europe, le seul espoir est celui d’un ralentissement de la propagation du virus, après maintenant des semaines de confinement quasi généralisé.

La contagion, qui a fait à ce jour 14 700 morts en Italie, pays le plus endeuillé par la pandémie, se poursuit mais confirme son ralentissement, entamé il y a une semaine environ, avec une hausse de seulement 4 % des cas.

 

En Espagne aussi, deuxième pays le plus endeuillé derrière l’Italie, où le nombre de morts en 24 heures a encore dépassé les 900, pour un total de près de 11 000 décès, l’espoir repose sur le ralentissement du rythme des contagions et hospitalisations, assurent les autorités.

La chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays n’est certes pas le plus touché et a réussi à éviter à ce jour une forte mortalité, l’a dit vendredi : « Les derniers chiffres […] aussi élevés soient-ils, apportent très prudemment un peu d’espoir. »

Les mesures de restrictions commencent à ralentir la propagation du virus, assurent les autorités sanitaires, qui insistent, comme celles des autres pays touchés, sur la nécessité de les « maintenir ».

A fortiori en France, où le bilan journalier est reparti à la hausse vendredi avec 588 morts en milieu hospitalier, pour un total désormais de plus de 6500 morts, maisons de retraite comprises.

Après la Russie, qui a prolongé jeudi ses mesures de confinement pour un mois, c’est la Turquie qui a renforcé ses restrictions de mouvement vendredi, fermant plus de 30 villes, dont Istanbul et Ankara, à la circulation automobile pour 15 jours, et étendant aux jeunes le confinement strict déjà imposé aux plus de 65 ans.

Le Royaume-Uni, dont le gouvernement a été critiqué pour sa gestion de la crise, a enregistré vendredi un record de 684 décès en 24 heures et compte désormais plus de 3600 morts.

Mais les États-Unis sont en passe de devenir le nouvel épicentre de la pandémie. Le virus y a déjà tué au total 6000 personnes et devrait y faire entre 100 000 et 240 000 morts, selon la Maison-Blanche.

Et c’est dans les pays en conflit que le « pire est à venir », a averti le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

« Il y a une chance pour la paix, mais nous en sommes loin. Le besoin est urgent. La tempête de la COVID-19 arrive maintenant sur tous les théâtres de conflit », a-t-il déclaré, citant les conflits de tous les continents, de la Syrie à l’Ukraine, en passant par la Libye, le Yémen, la Birmanie ou encore la Colombie.