La pire crise mondiale depuis 1945

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fait part de ses craintes de voir davantage de conflits dans le monde.
Photo: Michael Tewelde Agence France-Presse Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fait part de ses craintes de voir davantage de conflits dans le monde.

La pandémie de COVID-19 est la pire crise mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale, a estimé mardi le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, en faisant part de ses craintes de voir davantage de conflits dans le monde.

Interrogé lors d’un échange avec des médias sur ce qui motivait cette qualification de « pire crise mondiale depuis que l’ONU a été fondée » il y a 75 ans, il a répondu que c’était « la combinaison d’une maladie menaçante pour tout le monde et d’un impact économique conduisant à une récession sans précédent dans un passé récent ».

« La combinaison de ces deux facteurs et le risque de voir une instabilité accrue, des violences accrues, des conflits accrus » font de cette crise « le plus grand défi pour nous depuis la Seconde Guerre mondiale », a-t-il dit. C’est aussi la crise « qui demande la réponse la plus forte et la plus efficace », qui ne peut passer que « par la solidarité et le rassemblement de tous en abandonnant les jeux politiques et en comprenant que l’humanité est en jeu », a ajouté António Guterres.

Selon lui, la communauté internationale est encore loin du compte quant à cette solidarité parce que les mobilisations sont surtout le fait jusqu’à présent des pays développés pour soutenir leurs économies. « Nous sommes loin d’avoir un dispositif mondial pour aider les pays en développement à éliminer la maladie tout en gérant les conséquences dramatiques dans les populations, en termes de pertes d’emplois, de disparition des petites entreprises et de fin du commerce informel. »

« Nous avançons lentement dans la bonne direction, mais il nous faut accélérer et faire davantage si nous voulons vaincre la maladie et soutenir les gens dans le besoin », a aussi déclaré le secrétaire général.

Au-delà des aides traditionnelles des pays riches vers les pauvres, « nous avons à trouver des instruments financiers innovants » qui permettront « de créer des mécanismes pour que les pays en développement puissent répondre à la crise », a précisé António Guterres. À défaut, la pandémie pourrait revenir en « boomerang » dans les pays riches à partir des pays pauvres, notamment via l’Afrique, a-t-il estimé, en réaffirmant que la maladie pourrait provoquer des « millions » de morts.

Plus de 41 000 morts

Le dernier bilan, établi par l’AFP mardi en fin d’après-midi, fait état d’au moins 41 072 morts dans le monde. Plus de 828 340 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 186 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Parmi ces cas, au moins 164 900 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

Les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès en 24 heures sont l’Espagne avec 849 nouveaux morts, l’Italie (837) et les États-Unis (612).

L’Italie, qui a recensé son premier décès lié au coronavirus fin février, compte 12 428 morts pour 105 792 cas. Après l’Italie, les pays les plus touchés sont l’Espagne avec 8189 morts pour 94 417 cas, la France avec 3523 morts (52 128 cas), les États-Unis avec 3440 morts (174 467 cas) et la Chine continentale avec 3305 morts (81 518 cas).