Le monde poursuit ses efforts contre le coronavirus

L’Italie, qui a recensé son premier décès lié au coronavirus fin février, compte 11 591 morts pour 101 739 cas.
Photo: Domenico Stinellis Associated Press L’Italie, qui a recensé son premier décès lié au coronavirus fin février, compte 11 591 morts pour 101 739 cas.

La pandémie de COVID-19 a fait au moins 37 638 morts dans le monde depuis l’apparition du nouveau coronavirus en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP. Plus de 782 365 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 184 pays et territoires. Parmi ces cas, au moins 165 288 personnes sont aujourd’hui considérées comme guéries.

L’Italie, qui a recensé son premier décès lié au coronavirus fin février, compte 11 591 morts pour 101 739 cas ; 812 décès et 4050 nouveaux cas y ont été annoncés lundi.

Après l’Italie, les pays les plus touchés sont l’Espagne, avec 7716 morts pour 87 956 cas, la Chine continentale, avec 3308 morts (82 199 cas), la France, avec 3030 morts (45 170 cas), et les États-Unis avec 3008 morts (163 429 cas). En nombre de cas, les États-Unis sont le pays le plus touché (voir texte du bas).

Confinement et funérailles

En Italie, le confinement imposé à la population depuis près de trois semaines sera « prolongé au moins jusqu’à Pâques », a annoncé lundi soir le ministre italien de la Santé, Roberto Speranza.

« Lors de la réunion du Comité scientifique et technique de ce matin, il a été estimé que toutes les mesures de confinement devraient être prolongées au moins jusqu’à Pâques. Le gouvernement va aller dans cette direction », a déclaré Roberto Speranza. Les fêtes de Pâques s’achèvent le lundi 13 avril, férié en Italie.

Cette annonce intervient au moment où l’Italie, pays le plus endeuillé par la pandémie et qui a encore enregistré 812 décès dans les 24  heures, enregistre des signes encourageants d’une prochaine maîtrise de la contagion, après près de trois semaines de confinement de la population. Les autorités appellent toutefois à la prudence et à la poursuite des efforts exigés.

Plus de 11 500 personnes sont mortes en Italie, mais la hausse des nouveaux cas positifs annoncés lundi n’a jamais été aussi faible, avec une augmentation de +4 %, soit moitié moins qu’il y a quatre jours (8,3 %) et quatre fois moins qu’il y a quinze jours.

Surtout, pour la première fois depuis le début de la pandémie en Italie, le nombre de personnes actuellement déclarées positives en Lombardie, la région la plus touchée, a baissé (25 006 contre 25 392 dimanche), mais cette diminution devra se répéter pour dessiner une tendance solide.

Les États-Unis ont d’ailleurs annoncé qu’ils allaient envoyer du matériel médical pour 100 millions de dollars à l’Italie.

Le président américain, Donald Trump, a déclaré s’être entretenu au téléphone avec le président du Conseil italien, Giuseppe Conte. « Nous avons des produits en surplus, dont nous n’avons pas besoin; nous allons envoyer environ 100 millions de dollars de choses chirurgicales, médicales et hospitalières à l’Italie », a-t-il déclaré lors de sa conférence de presse quotidienne sur la pandémie, depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Le président Trump a estimé que la production de respirateurs artificiels aux États-Unis allait monter en puissance grâce au concours d’une dizaine d’entreprises.

« À mesure que nous produirons plus que nos besoins, nous en enverrons en Italie, nous en enverrons en France, nous en enverrons en Espagne, où ils ont de terribles problèmes, et dans d’autres pays si possible. »

Pendant ce temps, l’Espagne, deuxième pays parmi les plus endeuillés par la pandémie, a interdit lundi les cérémonies funéraires et a limité à trois le nombre de personnes pouvant être présentes à un enterrement afin de freiner la propagation du virus.

« La célébration de cultes religieux ou de cérémonies funéraires civiles est reportée jusqu’à la fin de l’état d’alerte », qui prévoit le confinement général du pays et qui doit durer jusqu’au 11 avril, indique un décret publié lundi dans le journal officiel espagnol.

Seulement trois proches des personnes décédées pourront assister aux enterrements ou aux crémations et devront « toujours respecter une distance minimale d’un à deux mètres entre eux », précise le texte. Le décret du gouvernement interdit aussi toute veillée funèbre même à domicile, et ce, quelle que soit la cause du décès.

L’Espagne suit ainsi l’Italie — pays comme elle à forte tradition catholique —, où les victimes de la pandémie n’ont pas le droit à de véritables funérailles, interdites comme tous les autres rassemblements.

Déjà soumis à l’un des confinements les plus stricts d’Europe, l’Espagne l’a encore renforcé lundi en paralysant toutes ses activités économiques « non essentielles » durant deux semaines, comme l’avait déjà fait l’Italie.

De l’aide des pays riches

Devant l’ampleur du drame, les économistes de l’ONU ont demandé lundi 1500 milliards de dollars pour les pays en développement et l’annulation de leur dette à hauteur de 1000 milliards de dollars cette année, afin de les aider à faire face à la pandémie de COVID-19.

Dans une nouvelle étude publiée lundi, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) souligne que les répercussions économiques liées à la pandémie du nouveau coronavirus « sont de plus en plus difficiles à prévoir », mais qu’« il est clair que les choses vont s’aggraver pour les économies en développement ».

« Même si les plans de relance massifs actuellement mis en œuvre permettent d’éviter une longue période de dépression, ils n’empêcheront pas […] une récession de l’économie mondiale cette année », relève l’étude.

Selon les économistes de la CNUCED, les pays en développement, à l’exception probablement de la Chine et peut-être de l’Inde, vont faire face à de graves difficultés en raison de la pandémie.

Les conséquences de cette pandémie combinée à une récession mondiale seront catastrophiques pour de nombreux pays en développement, toujours selon l’organe de l’ONU, qui estime que ces pays vont devoir faire face à un déficit de financement de 2000 à 3000 milliards de dollars au cours des deux prochaines années.

Déploiement en Afrique du Sud

Enfin, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a annoncé lundi le déploiement dans le pays de 10 000 personnes chargées de repérer les personnes qui présentent les symptômes de la COVID-19, nouvelle mesure destinée à lutter contre la pandémie.

« Dans les jours qui viennent, […] environ 10 000 agents de terrain se rendront dans les maisons, dans les villages et les villes pour passer au crible les résidents et repérer les symptômes de la COVID-19 », a déclaré le président Ramaphosa lors d’une intervention télévisée.