Un demi-million de cas dans le monde

Plus de 505 580 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 182 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Ce nombre de cas déclarés ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant désormais plus que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Parmi ces cas, au moins 108 900 sont aujourd’hui considérés comme guéris. Depuis le comptage réalisé la veille, 2650 nouveaux décès et 55 897 nouveaux cas ont été recensés dans le monde. Les pays qui ont enregistré le plus de nouveaux décès en 24 heures sont l’Italie avec 662 nouveaux morts, l’Espagne (655) et la France (365). L’Italie, qui a recensé son premier décès lié au coronavirus fin février, compte 8165 morts pour 80 539 cas.

Les dirigeants du G20 ont promis jeudi d’injecter 5000 milliards de dollars pour soutenir l’économie mondiale menacée par une pandémie de coronavirus au bilan dramatique, particulièrement en Europe où la barre des 4000 décès a été franchie en Espagne et où les hôpitaux de Londres font face à un « tsunami » de malades. Réunis en sommet par visioconférence sous la présidence du roi Salmane d’Arabie saoudite, les dirigeants des vingt plus grandes économies de la planète ont voulu présenter « un front uni contre cette menace commune ».

La pandémie de nouveau coronavirus a fait au moins 23 293 morts pour plus d’un demi-million de cas recensés dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles jeudi soir.

Ralentissement espéré

« Bien que la situation reste très préoccupante, nous commençons à voir des signes encourageants », a néanmoins déclaré jeudi le patron de la branche Europe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Hans Kluge.

L’augmentation du nombre de cas en Italie, l’un des plus touchés au monde avec plus de 8000 décès, semble ralentir, « mais il est encore trop tôt pour dire que la pandémie a atteint son apogée dans ce pays », a-t-il tempéré. À Bergame, le macabre cortège des camions militaires emporte les cercueils des victimes vers d’autres villes. Le crématorium, surchargé, ne pouvant répondre aux besoins, la cité lombarde s’est vue obligée de les envoyer vers d’autres localités.

L’Espagne, devenue la veille le deuxième pays le plus touché au monde devant la Chine en nombre de morts, a franchi jeudi la barre des 4000 décès. Interrogés par l’AFP, des membres du personnel médical espagnol parlent de la « solitude immense » des malades et de leurs proches, de la tristesse des soignants, et de la crainte que « le pire » soit à venir.

À Londres, les hôpitaux publics sont confrontés à un « tsunami continu » de malades graves accompagnés d’une proportion « sans précédent » de personnel souffrant, selon un responsable du système public de santé britannique. Aux États-Unis, les demandes d’allocation chômage ont explosé de 1000 % la semaine écoulée et atteignent un record historique.

Inquiétudes

L’Afrique, mal armée pour faire face à une crise sanitaire de grande ampleur, suscite également de grandes inquiétudes avec l’apparition de premiers cas au Mali ou en Libye, des pays en guerre. Les ONG ont d’ailleurs entamé une course contre la montre pour tenter de ralentir la propagation du virus dans les pays pauvres, et éviter un scénario catastrophe dans ces nations où les systèmes de santé sont insuffisants, en proie à la guerre ou à une crise humanitaire. Les pays prennent des mesures afin d’endiguer la progression d’un mal sans frontières, qui arrive jusque dans les endroits les plus isolés : l’Afghanistan va libérer jusqu’à 10 000 prisonniers afin d’éviter la transmission dans ces « zones à haut risque », mais pas ceux ayant commis des crimes contre la sécurité.

Si l’épidémie semble endiguée en Chine, le pays a décidé de fermer ses frontières à la plupart des étrangers à partir de samedi, voyages d’affaires mis à part. Pékin a levé les restrictions imposées depuis des mois dans la province centrale du Hubei, berceau de la pandémie, sauf dans la capitale régionale, Wuhan.

La peur n’a néanmoins pas disparu et le retour à la normale est encore loin, comme à Huanggang, une des villes les plus touchées par l’épidémie, où l’activité tourne encore au ralenti. Enfin l’ONU, qui avait réclamé lundi un cessez-le-feu général dans tous les pays en conflit dans le monde pour mieux combattre la pandémie de COVID-19, s’est félicitée jeudi d’avoir été entendue par des groupes armés au Cameroun et aux Philippines, ainsi que par les belligérants au Yémen.