L’expansion de la COVID-19 est une menace pour «l’humanité»

Un soldat montait la garde dans un hôpital d’urgence à Barcelone, en Espagne. Le pays est maintenant le plus touché après l’Italie.
Photo: Pau Barrena Agence France-Presse Un soldat montait la garde dans un hôpital d’urgence à Barcelone, en Espagne. Le pays est maintenant le plus touché après l’Italie.

L’expansion de la maladie COVID-19, qui a désormais tué plus en Espagne qu’en Chine, « menace l’humanité tout entière », a averti mercredi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Plus de trois milliards de personnes, soit plus du tiers de l’humanité (évaluée par l’ONU à 7,8 milliards de personnes en 2020), sont désormais appelées à rester confinées,.

Face à la menace du coronavirus, « l’ensemble de l’humanité doit riposter. Une action et une solidarité mondiales sont cruciales », a souligné M. Guterres en lançant mercredi un « plan de réponse humanitaire mondial » destiné notamment à aider les pays les plus pauvres.

De leur côté, FMI et Banque mondiale ont appelé les créanciers bilatéraux à geler les remboursements de dettes des nations les moins favorisées.

Le nouveau coronavirus a déjà tué plus de 20 500 personnes dans le monde, dont plus de 13 000 en Europe.

Plus de 447 030 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 182 pays et territoires depuis le début de l’épidémie. Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant désormais plus que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Parmi ces cas, au moins 104 300 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

L’Italie reste le pays le plus touché au monde avec 7503 décès. Elle est suivie désormais par l’Espagne, où le nombre total de morts, soit 3434, a dépassé mercredi celui en Chine (3281), berceau de l’épidémie.

Comme dans les autres pays européens les plus touchés, des hôpitaux espagnols sont au bord de l’effondrement, les personnels médicaux exténués et exposés à la contagion par manque d’équipements adaptés.

L’Espagne va donc acheter pour 432 millions de dollars de matériel sanitaire — masques, gants, respirateurs, tests… — à la Chine, où la maladie a très fortement ralenti sa progression.

Après l’Italie, les pays les plus touchés sont donc l’Espagne avec 3434 morts pour 47 610 cas, la Chine continentale avec 3281 morts (81 218 cas), l’Iran avec 2077 morts (27 017 cas), et la France avec 1331 morts (25 233 cas).

Deuxième pays le plus peuplé du monde derrière la Chine, l’Inde (officiellement 519 cas, dont 10 mortels) a confiné à son tour mercredi ses 1,3 milliard d’habitants.

Pour sa part, l’Iran s’apprête à interdire, d’ici vendredi, la circulation entre les villes du pays.

En ce qui concerne les États-Unis, le pays comptait mercredi après-midi 827 morts et au moins 60 000 cas officiellement déclarés de COVID-19. Plus de la moitié des Américains sont appelés à rester chez eux pour freiner la propagation du virus, avec des mesures de confinement plus ou moins strictes selon les États.

La ville de Miami, en Floride, où de nombreux étudiants s’entassaient encore sur les plages la semaine dernière, a imposé mardi à ses 470 000 habitants de ne pas sortir. Les rues étaient vides et le littoral bouclé mercredi.

Tensions au G7

Le G7 des pays les plus industrialisés peinait à afficher son unité mercredi face à la crise sanitaire mondiale, entre les États-Unis qui ont accusé la Chine de mener une « campagne intentionnelle de désinformation » et les Européens qui ont insisté sur la nécessaire coopération.

« Le Parti communiste chinois représente une menace importante pour notre santé et notre mode de vie, comme l’épidémie l’a clairement démontré », a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, lors d’une conférence de presse à Washington à l’issue d’une réunion virtuelle avec ses homologues allemand, français, britannique, italien, canadien et japonais.

Mike Pompeo ne cesse de parler du « virus de Wuhan », du nom de la ville chinois où le coronavirus a été détecté pour la première fois en décembre, tandis que Donald Trump évoque le « virus chinois », au grand dam de Pékin qui refuse d’être ainsi stigmatisé. Washington accuse la Chine d’avoir manqué de transparence et d’avoir donc laissé la maladie se propager dans le monde.

« L’heure n’est pas aux accusations, l’heure est à la résolution de ce problème mondial; nous sommes concentrés là-dessus aujourd’hui, c’est ce sur quoi les membres du G7 ont passé tout leur temps », a assuré Mike Pompeo.

Aucune déclaration commune n’a été publiée mercredi.

Le journal allemand Der Spiegel avait rapporté mardi que les ministres avaient du mal à rédiger une déclaration commune face à l’insistance de Mike Pompeo pour évoquer le « virus de Wuhan ».

Dans leurs propres communiqués, les ministres français et allemand des Affaires étrangères n’ont d’ailleurs fait aucune mention des griefs contre la Chine exprimés par les États-Unis, qui président actuellement le G7.

Ils ont davantage insisté sur la « coordination » et la « coopération » mondiales.