Il y a plus de décès en Italie qu’en Chine

Un patient est transporté vers la nouvelle unité de soins intensifs de l'hôpital de Brescia Poliambulanza, en Lombardie.
Photo: Piero Cruciatti Agence France-Presse Un patient est transporté vers la nouvelle unité de soins intensifs de l'hôpital de Brescia Poliambulanza, en Lombardie.

L’Italie, où l’épidémie de COVID-19 a tué 427 personnes de plus en 24 heures, a dépassé jeudi soir la Chine en nombre de décès dus au nouveau coronavirus et est désormais le pays du monde où le bilan des morts est le plus important.

Face à ce virus qui a déjà contaminé près de 250 000 personnes et en a tué près de 10 000, menaçant de plonger le monde dans la récession, des milliers de milliards d’aide publique ont été annoncés, notamment en Europe et aux États-Unis.

« L’avenir politique » de l’Europe, continent le plus touché avec 4752 décès et qui a passé jeudi la barre des 100 000 cas recensés, « est en jeu », a averti le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire appelant ses dirigeants à agir de « manière unie ».

Une semaine après le début du confinement généralisé de sa population et alors que le pic de la pandémie ne semble pas encore atteint, l’Italie dénombre désormais 3405 décès. Ces dernières 48 heures, la péninsule a enregistré un nombre de décès quotidiens dépassant celui enregistré au plus fort de la maladie dans la ville de Wuhan, berceau chinois de l’épidémie.

En Espagne, le nombre de décès a bondi de 30 % en 24 heures, pour atteindre 767.

Avec plus de 10 000 cas et 154 morts, les États-Unis sont maintenant le 6e pays le plus touché pour le nombre de morts, après l’Italie, la Chine, l’Iran, l’Espagne et la France, ce dernier pays comptant 372 morts.

Le nouveau coronavirus a fait un premier mort en Afrique subsaharienne, au Burkina Faso, et le patron de l’Organisation mondiale de la santé Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé l’Afrique à se « préparer au pire ».

30 %
C’est l’augmentation du nombre de décès en 24 heures en Espagne.

Pour sa part, le Brésil a fermé jeudi pendant 15 jours toutes ses frontières terrestres, à l’exception de celle avec l’Uruguay. Mais l’inquiétude est de mise dans les pays les plus pauvres, où le confinement sera impossible, comme dans les immenses bidonvilles asiatiques. En outre, trois milliards de personnes n’ont même pas les armes les plus basiques contre le virus, l’eau courante et le savon, s’alarment des experts de l’ONU. « Des millions » de vies sont en jeu si le monde n’est pas solidaire, notamment vis-à-vis des pays les plus pauvres, a averti jeudi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Les Américains restent chez eux

Washington a encore renforcé jeudi son avertissement aux voyageurs américains, désormais appelés à ne se rendre à l’étranger sous aucun prétexte face à la propagation du coronavirus, et à rentrer aux États-Unis si possible.

La mise en garde du département d’État américain atteint ainsi le niveau maximal pour l’ensemble des pays de la planète, une mesure sans précédent.

« Le département d’État recommande aux ressortissants américains de ne pas voyager à l’étranger en raison de l’impact mondial de la COVID-19 », affirme-t-il sur Twitter. « Dans les pays où il reste des options pour partir par la voie commerciale, les citoyens américains résidant aux États-Unis devraient s’organiser pour rentrer immédiatement », a-t-il ajouté, sans évoquer de rapatriement pris en charge par les autorités américaines.

Cette mesure intervient au moment où de nombreuses frontières ont été fermées à travers le monde, dont celle entre les États-Unis et le Canada. Tous les voyages de l’Europe vers les États-Unis ont aussi été suspendus pour les non-Américains afin d’endiguer l’épidémie.

Avec deux parlementaires du Congrès américain déclarés positifs au coronavirus et plusieurs autres en quarantaine volontaire, les craintes montaient jeudi face à l’avancée de la pandémie sous la coupole du Capitole, où quelque 200 élus ont plus de 65 ans.

Les quelque 430 élus de la Chambre des représentants étaient repartis dans leurs circonscriptions, ainsi que la plupart de leurs équipes. Mais les sénateurs, dont la moyenne d’âge est plus élevée, étaient toujours dans les parages pour négocier, en espérant l’approuver dans les prochains jours, un gigantesque plan de relance de l’économie.

La nouvelle tombée la veille au soir que deux élus de la Chambre avaient la COVID-19, après les cas déjà connus d’au moins deux personnes travaillant au Capitole, a poussé plus d’une dizaine de parlementaires à se mettre en quarantaine volontaire.

Les deux élus touchés, le républicain Mario Diaz-Balart et le démocrate Ben McAdams, ont voté dans la nuit de vendredi à samedi sur un plan d’aide de 100 milliards de dollars aux Américains affectés par le coronavirus.

Ils étaient donc dans l’hémicycle bondé, où tous ne respectaient pas encore, loin de là, les distances conseillées. Et ont ressenti leurs premiers symptômes dès samedi.