L’épidémie à un «point décisif», mesures drastiques dans plusieurs pays

<p>Le nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 enregistrés hors du territoire chinois a ainsi dépassé celui annoncé Chine (433), où le virus est apparu en décembre. La Corée du Sud a fait état à elle seule de plus de 500 contaminations supplémentaires.</p>
Photo: Yonhap / Agence France-Presse

Le nombre de nouveaux cas quotidiens de COVID-19 enregistrés hors du territoire chinois a ainsi dépassé celui annoncé Chine (433), où le virus est apparu en décembre. La Corée du Sud a fait état à elle seule de plus de 500 contaminations supplémentaires.

L’épidémie du coronavirus qui se propage désormais bien au-delà de la Chine est entrée dans une phase décisive selon l’OMS, tandis que les mesures drastiques se multiplient dans le monde, l’Arabie saoudite décidant de suspendre l’entrée des pèlerins et le Japon de fermer ses écoles.

Si la Chine était jusqu’à peu l’unique foyer mondial de coronavirus, le risque s’est démultiplié avec l’émergence de nouveaux pays sources comme la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran. La Corée du Sud a fait état à elle seule de plus de 500 contaminations supplémentaires.

Et, ailleurs dans le monde, chaque jour est rythmé par les annonces de premier cas.

« Nous sommes à un moment décisif », a assuré le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant qu’au cours des deux derniers jours, le nombre quotidien de nouvelles personnes contaminées dans le monde a été supérieur à celui enregistré en Chine, où le virus est apparu en décembre.

« Si vous agissez maintenant de manière agressive, vous pouvez endiguer ce coronavirus. Mon conseil est d’agir rapidement », a-t-il dit, qualifiant le virus de « très dangereux ».

Plus de 78 600 personnes ont jusqu’ici été contaminées en Chine, dont 2747 mortellement. Le coronavirus touche également des dizaines d’autres pays, avec un bilan de quelque 3600 contaminations et plus de 50 morts.

Par mesure de prévention, l’Arabie saoudite a suspendu « temporairement » l’entrée sur son territoire des pèlerins se rendant à La Mecque.

La mesure concerne l’Oumra, un pèlerinage qui attire chaque mois plusieurs dizaines de milliers de musulmans. Il peut être réalisé à n’importe quelle période de l’année, à la différence du Hajj, effectué à des dates précises du calendrier islamique.

Autre décision radicale, le premier ministre japonais Shinzo Abe a demandé la fermeture temporaire des écoles publiques du pays à partir de lundi.

Relativement épargnés jusqu’ici, les États-Unis sont prêts à répondre à l’épidémie à « une échelle beaucoup plus grande », a assuré mercredi le président américain Donald Trump.

Il a évoqué la possibilité d’imposer « en temps voulu » des restrictions aux voyageurs en provenance d’Italie et de Corée du Sud, le pays asiatique étant le principal foyer de la maladie hors de Chine.

Les États-Unis imposent déjà une interdiction d’entrée aux ressortissants étrangers s’étant rendus en Chine au cours des deux dernières semaines.

Amélioration en Chine

Autre foyer, l’Iran a rapporté jeudi sept nouveaux morts, portant le total à 26. Hors de Chine, c’est le plus lourd bilan en termes de décès.

Comme l’Arabie saoudite, la Chine, qui a pris des mesures de prévention drastiques sur son sol en confinant plus de 50 millions de personnes au Hubei (centre), s’inquiète désormais de cas « importés » d’autres pays.

La ville de Pékin a annoncé mercredi que les personnes arrivant en provenance d’États « gravement touchés » par le coronavirus devraient désormais se placer en quarantaine pendant 14 jours.

L’épidémie de COVID-19 semble toutefois avoir déjà atteint un pic en Chine, où le nombre de nouveaux décès quotidiens continue à chuter. Les autorités ont annoncé jeudi seulement 29 morts supplémentaires — le chiffre le plus bas depuis près d’un mois.

L’Italie, nouveau foyer

Mais d’autres pays inspirent davantage d’inquiétude. Notamment l’Italie, qui apparaît de plus en plus comme une plateforme de diffusion du COVID-19.

Le virus est ainsi arrivé au Brésil, épargné jusqu’ici, en y entrant via un Brésilien de retour d’Italie. La Grèce, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Croatie, l’Autriche, le Danemark et l’Allemagne ont toutes fait état d’au moins une personne contaminée après un séjour dans la péninsule.

L’Afrique n’est plus épargnée, même si le nombre de cas reste étrangement bas. Un Italien arrivé le 17 février en Algérie est devenu la deuxième personne infectée du continent, après un premier cas en Égypte.

De nombreux États européens ont renforcé leur dispositif de prévention et conseillent à leurs citoyens de ne pas se rendre dans les régions italiennes touchées.

Rome a pris des mesures draconiennes, dont la mise en quarantaine de 11 communes du Nord, poumon économique du pays.

« Le problème, c’est l’économie. On voit les chiffres, cette crise est en train de mettre le pays à genoux », s’inquiète Daniele Vaccari, pâtissier à Secugnago, un village du Nord.

« Affronter au mieux »

Ailleurs en Europe, de nombreux pays comme la Suisse, la Norvège, le Danemark, la Roumanie, ou la Macédoine du Nord sont désormais touchés. L’Estonie a annoncé jeudi un premier cas, un Iranien résidant dans le pays balte.

« On a devant nous une épidémie » qu’il va falloir « affronter au mieux », a déclaré jeudi le président français Emmanuel Macron, au lendemain de l’annonce d’un premier mort français, un homme qui n’avait pas voyagé dans une zone à risque.

Dans un contexte d’inquiétude croissante en Europe, les principales Bourses du continent ont plongé jeudi à l’ouverture, de Londres (-2,5 %) à Milan (-2,3 %), en passant par Paris et Francfort (-2,4 % chacun).