Des passagers du «Diamond Princess» débarquent

Quelque 500 passagers ne présentant pas de symptômes devaient débarquer pendant la journée, selon le ministère japonais de la Santé.
Photo: Charly Triballeau Agence France-Presse Quelque 500 passagers ne présentant pas de symptômes devaient débarquer pendant la journée, selon le ministère japonais de la Santé.

Des passagers du Diamond Princess où plus de 540 cas de contamination au coronavirus ont été constatés, ont commencé à quitter le paquebot mercredi, après 14 jours de quarantaine au Japon.

Quelque 500 passagers ne présentant pas de symptômes, dont les tests se sont révélés négatifs et qui n’ont pas eu de contact avec des personnes porteuses du virus, devaient débarquer pendant la journée, selon le ministère japonais de la Santé.

« Je suis soulagé […]. Je veux me reposer », a lancé aux journalistes un Japonais de 77 ans, disant se diriger vers les transports en commun. Et la vie à bord ? « C’était confortable […] je vais bien », a-t-il simplement dit.

Ce bateau de croisière, à quai à Yokohama dans la banlieue de Tokyo, a vu depuis début février le nombre de personnes contaminées se multiplier à bord. Elles étaient au moins 542 mardi, plaçant le Japon sous le feu des critiques sur la gestion de la quarantaine.

Les 3711 personnes originaires de 56 pays initialement à bord ont vu une croisière de rêve en Asie tourner au cauchemar, entre la peur de contracter une pneumonie virale meurtrière et un ennui sans fin confinés dans une cabine, pour certains sans fenêtre avec juste une petite promenade sur le pont.

« Si vous et votre partenaire de cabine êtes tous deux négatifs et que vous ne présentez pas de symptômes respiratoires ou fiévreux, vous allez pouvoir vous préparer à débarquer », avaient annoncé mardi aux passagers dans une lettre des responsables japonais, ajoutant que l’opération dans son ensemble prendrait trois jours.

« L’inquiétude »

« Nous attendons toujours nos résultats de tests donc ne nous réjouissons pas trop tôt. Le sentiment actuel, c’est l’inquiétude », avait dit à l’AFP Matt Smith, un avocat américain à bord.

David Abel, passager britannique devenu une sorte de célébrité avec ses messages vidéo pleins d’entrain au début de la quarantaine, résumait l’attente angoissée des passagers :

« Cela nous concerne tous maintenant. Pas que moi, les autres aussi. C’est l’inconnue qui est le plus dur et qui commence à nous affecter mentalement. Il est très difficile de se concentrer sur quoi que ce soit », avait-il dit mardi.

Il avait annoncé plus tard que le test de son épouse Sally s’était avéré positif.

Le Diamond Princess est largement le plus important foyer de porteurs du virus après la Chine, avec plus de porteurs répertoriés que dans le reste du monde hors de Chine.

Les dizaines de nouveaux cas constatés à bord chaque jour ont soulevé des questions sur l’efficacité de la quarantaine imposée au cours de laquelle les passagers étaient autorisés à se promener en petits groupes sur le pont avec des masques, tandis que le personnel de bord passait de cabine en cabine pour distribuer les repas.

500 personnes libérées mercredi

Plusieurs pays ont décidé d’envoyer des avions pour rapatrier leurs ressortissants sans plus attendre.

La première de ces évacuations était celle de plus de 300 Américains dimanche par avion, avec 14 passagers dont le test s’est révélé positif juste avant le départ. Ils ont été placés dans « une zone d’isolement spéciale » à bord de l’appareil.

Plus de 100 Américains demeurent encore sur le Diamond Princess, ont précisé les Centres de contrôle des maladies des États-Unis.

Mercredi matin, la Corée du Sud a affrété un appareil et rapatrié six de ses ressortissants ainsi qu’un conjoint japonais, lesquels devront observer une quarantaine de 14 jours, a rapporté l’agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Les huit autres Coréens du Sud encore à bord rentreront dans leur pays une fois munis de résultats négatifs, a précisé l’agence.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a pour sa part annoncé l’évacuation d’ici la fin de la semaine des Canadiens testés négatifs, suivie de 14 jours de quarantaine. Sur les 256 Canadiens à bord, 43 ont été confirmés porteurs du virus et seront soignés par le système de santé japonais, a précisé le gouvernement canadien.

Le Royaume-Uni, Hong Kong et l’Australie sont parmi les pays et territoires s’étant engagés à rapatrier leurs ressortissants avec aussi 14 jours de quarantaine à leur retour.

Quant à l’équipage, il entamera une quarantaine une fois le dernier passager sorti.