Une grenade controversée retirée de l’arsenal des policiers en France

La grenade a provoqué de graves blessures chez des manifestants.
Photo: Zakaria Abdelfaki Agence France-Presse La grenade a provoqué de graves blessures chez des manifestants.

Le ministre français de l’Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé dimanche le retrait d’une grenade de désencerclement explosive, utilisée par les policiers en France et accusée de provoquer de graves blessures chez des manifestants.

« Elles n’ont pas une couleur, elles n’ont pas un signalement spécifique et il est arrivé, il y a plusieurs mois, que des policiers soient obligés de les utiliser pour se désengager d’une menace et que des manifestants les prenant volontairement en main se blessent grièvement. C’est la raison pour laquelle je pense qu’il nous faut retirer les GLI-F4 », a déclaré le ministre sur la chaîne publique France 3.

Petite et très controversée, cette grenade a un triple effet : lacrymogène, sonore et de souffle. « Cela permet à quelqu’un qui est en difficulté, agressé par un groupe, de pouvoir se dégager d’une situation, elle disperse », expliquait en 2019 à l’AFP un formateur de la police.

Sa dangerosité réside dans son caractère explosif. À Notre-Dame-des-Landes, terrains dans l’ouest du pays initialement destinés à la construction d’un aéroport qui avaient été occupés par des militants, ou lors des manifestations de gilets jaunes, des personnes ont eu une main arrachée alors qu’elles avaient ramassé cette arme dite de force intermédiaire.

Selon un rapport de la police cité par le Défenseur des droits, « la France est le seul pays d’Europe à continuer d’employer des munitions explosives » dans le maintien de l’ordre face à des manifestants. En juillet 2019, le Conseil d’État, saisi notamment par la Ligue des droits de l’homme et le syndicat CGT, avait rejeté des requêtes contre l’usage de la grenade GLI-F4 et d’autres armes de force intermédiaire comme les lanceurs de balle de défense.