Éruption d’un volcan en Nouvelle-Zélande: pas d’espoir de retrouver des survivants

L’île volcanique de <span>Whakaari (</span>White island), en 2014
Photo: David Broad Wiki Commons L’île volcanique de Whakaari (White island), en 2014

Il n’y a pas d’espoir de retrouver des survivants de l’éruption d’un volcan lundi sur une île touristique de Nouvelle-Zélande, a annoncé la police néo-zélandaise, laissant entendre que plus d’une vingtaine de personnes seraient mortes.

Une cinquantaine de personnes visitaient le volcan Whakaari (aussi connu sous le nom de White Island), dans le nord de la Nouvelle-Zélande, lorsque qu'il est soudainement entré en éruption en début d’après-midi, projetant des cendres et des roches dans les airs, selon la police.

Vingt-trois personnes ont pu quitter l’île volcanique, dont cinq sont ensuite décédées, et 18, blessées et souffrant notamment de graves brûlures, ont reçu des soins.

Plusieurs personnes, en nombre indéterminé, sont restées bloquées sur l’île.

Dans la nuit de lundi à mardi, la police a expliqué que, malgré plusieurs vols de reconnaissance pour tenter de retrouver les personnes piégées, « aucun signe de vie n’a pu être observé nulle part ».

« En nous fondant sur les informations disponibles, nous ne pensons pas qu’il y ait de survivants sur l’île », a indiqué la police, ajoutant qu’elle « travaille activement à établir le nombre exact des personnes décédées ».

Auparavant, à la tombée de la nuit, le commissaire adjoint John Tims avait expliqué que l’activité volcanique rendait les opérations de sauvetage trop dangereuses.

L’armée néo-zélandaise devrait procéder à une inspection de l’île aux premières heures du jour mardi.

L’éruption survenue à 14 h 11 lundi (20 h 11 dimanche à Montréal) a dégagé un épais panache de fumée blanche dans le ciel sur 3,6 kilomètres.

Des images vidéo en direct ont montré un groupe d’une demi-douzaine de personnes marchant le long du cratère quelques secondes avant que les images deviennent noires.

Un « nombre considérable » de victimes de la catastrophe seraient australiennes, selon des responsables de Canberra.

Une trentaine seraient des vacanciers en croisière à bord du navire Ovation of the Seas, a déclaré à l’AFP Kevin O’Sullivan, directeur général de l’association professionnelle New Zealand Cruise Association.

L’opérateur américain du navire Royal Caribbean — qui qualifiait l’excursion sur le Whakaari de « visite guidée inoubliable du volcan le plus actif de Nouvelle-Zélande » — a déclaré qu’« un certain nombre de nos invités visitaient l’île », sans donner de chiffre précis.

Le navire, qui peut accueillir 4000 personnes, a appareillé de Sydney la semaine dernière pour une croisière de 12 jours.

Michael Schade, un touriste qui a quitté l’île juste à temps, a filmé des touristes surpris bloqués sur le rivage, attendant d’être évacués, le ciel rempli de débris blancs. Un hélicoptère recouvert de cendres gisait endommagé à proximité.

Quatre touristes et un pilote qui avaient atterri sur l’île avec un hélicoptère de Volcanic Air peu avant l’explosion ont été retrouvés, selon la compagnie. « Nous savons que tous les cinq sont rentrés à Whakatane sur l’un des bateaux touristiques », a déclaré un porte-parole de la compagnie Volcanic Air à l’AFP.

Éruption « modérée »

L’Agence nationale de gestion des situations d’urgence a qualifié l’éruption de « modérée ». Un épais panache blanc était cependant visible à des kilomètres à la ronde.

« Nous avons constaté une baisse régulière de l’activité depuis l’éruption. Il reste beaucoup d’incertitudes, mais il n’y a aucun signe d’aggravation actuellement », a-t-elle fait savoir.

Le volcan se situe à une cinquantaine de kilomètres de la Baie de l’Abondance (Bay of Plenty) où les touristes en quête d’aventures aiment se rendre équipés de casques de sécurité et de masques à gaz pour s’en approcher.

Le Whakaari, dont 70 % sont immergés, est le volcan le plus actif de l’archipel néo-zélandais, selon l’agence gouvernementale GeoNet.

Environ 10 000 touristes s’y rendent chaque année. Le volcan a connu de fréquentes éruptions au cours des 50 dernières années, la plus récente remonte à 2016. Cette année-là, un conteneur de 2,4 tonnes avait été transporté par avion sur l’île afin de servir d’abri en cas d’éruption.

Les éruptions volcaniques les plus meurtrières depuis 25 ans

2018 : Indonésie
Le 22 décembre, l’éruption du volcan indonésien Anak Krakatoa provoque son effondrement partiel dans le détroit de la Sonde. Plus de 150 millions de mètres cubes (m³) de rochers et de cendres tombent dans l’océan, provoquant un raz-de-marée sur les rivages entre Sumatra et Java. Plus de 420 personnes sont tuées, 7200 sont blessées.

2018 : Guatemala
Le 3 juin, le volcan de Fuego, à 35 km au sud-est de la capitale guatémaltèque, entre en éruption et déclenche des avalanches de lave et de cendres ardentes sur plusieurs communes. Cette nuée ardente — un phénomène semblable à celui qui a détruit Pompéi en 79 av. JC — rase le village de San Miguel Los Lotes, faisant plus de 200 morts.

2014 : Japon
Le volcan Ontake (3067 mètres d’altitude au centre du pays) se réveille le 27 septembre, projetant d’épais nuages de fumée, de cendres et de pierres. Une soixantaine de randonneurs sont tués.

Cette catastrophe est la pire de ce type dans l’archipel depuis la fin de la guerre. En 1991, l’éruption du mont Unzen avait fait 43 morts, dont les volcanologues français Maurice et Katia Krafft et le chercheur américain Harry Glicken.

2014 : Indonésie
Sur l’île de Sumatra, au moins 16 personnes meurent dans une spectaculaire éruption début février du volcan Sinabung, qui s’était réveillé cinq mois plus tôt après 400 ans de sommeil. En mai 2016, des villages sont ensevelis après une nouvelle éruption faisant au moins sept morts.

2010 : Indonésie
L’éruption en octobre du Merapi (près de 2900 m d’altitude) fait plus de 300 morts et entraîne le déplacement de 280 000 personnes. C’est la plus forte éruption depuis 1872 de ce volcan situé dans une région très peuplée au centre de l’île de Java, même si celle de 1930 avait été plus meurtrière (1300 morts). En 1994, une autre éruption avait fait 60 morts.

2002 : RDC
Le Nyiragongo, sur les hauteurs de Goma, à plus de 3000 m, entre en éruption mi-janvier, faisant plus d’une centaine de morts. L’éruption la plus meurtrière — plus de 600 morts — avait eu lieu en 1977.

1999 : Pérou
À 800 km au nord-est de Lima, une éruption volcanique en novembre fait au moins 34 disparus.

1997 : Montserrat
En juin, l’éruption de La Soufrière sur l’île britannique de Montserrat, dans les Petites Antilles, fait 20 morts. Plymouth, la capitale qui a été évacuée, est rayée de la carte.

1995 : Philippines
L’effondrement, en septembre, du cratère du volcan Parker, dans le sud de l’île de Mindanao, fait 70 morts et 30 disparus. Quatre ans auparavant, le réveil du Pinatubo (80 km au nord de Manille) avait tué plus de 800 personnes.