Une vidéo sème la zizanie à l’OTAN entre Trump et Trudeau

Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait repartir du sommet de l'OTAN sans tenir de conférence de presse finale comme prévu.
Photo: Evan Vucci Associated Press Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait repartir du sommet de l'OTAN sans tenir de conférence de presse finale comme prévu.

Les sommets internationaux finissent mal, en général, entre Donald Trump et Justin Trudeau. Après un G7 au Québec qui avait tourné au vinaigre l’année dernière, c’est la vidéo d’un échange volé qui a semé le trouble entre les dirigeants des deux pays d’Amérique du Nord pour le 70e anniversaire de l’OTAN.

À l’issue d’une journée marathon pour le milliardaire américain qui a soufflé le chaud et le froid sur le sommet de l’Alliance, l’ambiance était censée être plus détendue mardi soir entre les dirigeants réunis dans les salons du palais de Buckingham.

Seules quelques images autorisées devaient sortir de ce rendez-vous autour de la reine Elizabeth II, entourée à 93 ans de ses enfants, à l’exception du prince Andrew impliqué dans le scandale sexuel du financier américain Jeffrey Epstein.

Une vidéo a particulièrement attiré l’attention : on y voit le président français Emmanuel Macron en pleine discussion, manifestement très amusante, avec Justin Trudeau, Boris Johnson, le Néerlandais Mark Rutte et la princesse Anne.

CBC a décrypté quelques bribes de la conversation et a diffusé les images sous-titrées.

Le premier ministre britannique demande à M. Macron : « C’est pour ça que vous êtes en retard ? » Et M. Trudeau, qui venait de rencontrer le président américain, parle d’une « conférence de presse de 40 minutes inattendue » : « Oh, oui, oui, il a annoncé... », a poursuivi le premier ministre canadien en souriant. « On pouvait voir son équipe qui tombait des nues. »

Trump piqué au vif

Ces images ont été aussitôt abondamment partagées sur les réseaux sociaux et commentées comme le symbole d’un président américain isolé et moqué par ses alliés, au moment où il est menacé de destitution dans son pays et à moins d’un an de la présidentielle où il met son mandat en jeu.

Cela n’a pas manqué de piquer au vif Donald Trump, qui s’en est pris à Justin Trudeau mercredi après avoir rencontré ses alliés de l’OTAN à Watford, en banlieue de Londres.

« Il est hypocrite. C’est un type bien... mais c’est comme ça », a-t-il déclaré lors de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel. Mais, contrarié, il a annulé sa conférence de presse de fin de sommet pour rentrer directement à Washington, estimant avoir suffisamment parlé aux médias.

De fait, le locataire de la Maison-Blanche avait passé la journée de mardi à Londres face aux journalistes, prenant un ton parfois agressif comme quand il s’en est pris avec une virulence peu commune à son homologue français Emmanuel Macron mardi matin.

Malgré les moqueries et sa décision de plier bagage, il a adopté un ton plus décontracté, s’amusant de ses échanges impromptus avec les journalistes et semblant même satisfait de l’effet produit par ses critiques de Justin Trudeau.

« C’était drôle quand j’ai dit que ce type était hypocrite... », a-t-il lancé au milieu des rires.

Trudeau se défend

De son côté, le premier ministre canadien a tenté de faire bonne figure, un peu crispé face à la presse. Il a confirmé qu’il parlait bien sur la vidéo de son entretien avec Donald Trump et que l’annonce qui avait fait « tomber des nues » l’équipe du président était l’organisation du prochain G7 dans la résidence gouvernementale de Camp David, dans le Maryland, à la place de son golf de Miami comme prévu un temps.

« J’étais content de leur raconter comment cela s’était passé », a-t-il expliqué, assurant avoir une « très bonne relation avec le président Trump ».

Ce n’est pas la première fois que le courant passe mal entre les deux dirigeants. Le premier ministre canadien avait vexé le président américain lors du sommet du G7 en juin 2018 à La Malbaie.

Quelques heures après la conférence de presse de Justin Trudeau au cours de laquelle il avait jugé « insultante » la décision américaine d’imposer des taxes sur les importations d’acier et d’aluminium du Canada, Donald Trump, piqué au vif, avait tweeté depuis son avion Air Force One qu’il avait ordonné à ses représentants de retirer le sceau américain du communiqué final.

Il avait au passage traité Justin Trudeau de personne « malhonnête et faible ».