Marches dans le monde contre les violences faites aux femmes

En Amérique centrale, comme au Salvador (sur la photo), des marches ont été organisées pour souligner la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
Photo: Marvin Recinos Agence France-Presse En Amérique centrale, comme au Salvador (sur la photo), des marches ont été organisées pour souligner la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Lundi était la 4e Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, une cause qui a conduit dans la rue des dizaines de milliers de manifestants ces derniers jours en Europe et, lundi, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine.

La colère est montée d’un cran ces dernières semaines dans de nombreux pays face aux féminicides — 87 000 femmes tuées dans le monde en 2017, dont la moitié par des proches, selon l’ONU —, un phénomène longtemps ignoré ou minoré. Et les appels au changement se multiplient.

Lundi, la mission des Nations unies en Afghanistan a demandé un effort au gouvernement de Kaboul contre les violences faites aux femmes, massives dans le pays et en hausse, selon un récent rapport de la Commission afghane des droits de l’homme.

En Amérique centrale, notamment au Guatemala et au Salvador, des marches ont été organisées pour souligner la journée.

Au Soudan, des centaines de femmes ont manifesté à Khartoum, lors d’un premier rassemblement de ce genre au pays depuis des décennies.

Au Canada, la journée marque le début de la campagne « 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe ». La campagne se déroule en même temps qu’un triste anniversaire, celui de la tuerie de Polytechnique. Le 6 décembre 1989, Marc Lépine assassinait 14 étudiantes de l’École polytechnique de Montréal en raison de leur sexe.

En France, le gouvernement a annoncé une série de mesures pour combattre les violences récurrentes et meurtrières contre les femmes.

En Afrique du Sud, où une femme est assassinée toutes les trois heures, le président, Cyril Ramaphosa, a exhorté les hommes à renoncer aux « attitudes sexistes et patriarcales », en lançant un plan d’urgence doté de plus d’un milliard et demi de rands (135 millions de dollars canadiens).

Face à une violence domestique qui a connu une hausse de 34,5 % entre 2014 et 2018, la police grecque a quant à elle annoncé la création d’un nouveau service, comprenant juristes, sociologues et psychologues.

En Espagne, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé à travers le pays. Le pays est un pionnier dans la lutte contre les crimes contre les femmes. En 2004, une loi contre les « violences de genre » y avait été adoptée, à l’initiative du gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, suivie d’un Pacte national en 2017, quand le conservateur Mariano Rajoy était au pouvoir.

En Russie, où les violences domestiques ont été décriminalisées en 2017, un millier de personnes ont manifesté lundi soir à Moscou. L’été dernier, la Cour européenne des droits de l’homme avait critiqué fermement le droit russe, qui « ne reconnaît pas » ces violences, et les autorités « réticentes à reconnaître la gravité du problème ».

Finalement, en Turquie, la police a dispersé à coups de gaz lacrymogène et de balles en plastique plusieurs milliers de manifestants, des femmes pour la plupart, qui défilaient à Istanbul pour demander la « fin de l’impunité » pour les auteurs de violences contre les femmes, un mal endémique dans le pays.

La journée marque le début de la campagne canadienne « 16 jours d’activisme contre la violence fondée sur le sexe ».

Avec La Presse canadienne