Plus de 100 djihadistes se sont échappés de prison en Syrie

Les forces russes ont effectué mercredi leurs premières patrouilles dans le nord de la Syrie, dans le cadre d’un accord russo-turc sur le retrait des forces kurdes. Dans la ville frontalière de Kobané, un correspondant de l’AFP a vu en début de soirée plusieurs véhicules blindés arborant des drapeaux russes.
Photo: Agence France-Presse Les forces russes ont effectué mercredi leurs premières patrouilles dans le nord de la Syrie, dans le cadre d’un accord russo-turc sur le retrait des forces kurdes. Dans la ville frontalière de Kobané, un correspondant de l’AFP a vu en début de soirée plusieurs véhicules blindés arborant des drapeaux russes.

Plus de 100 prisonniers du groupe État islamique (EI) se sont échappés en Syrie depuis l’offensive turque contre les Kurdes dans le nord du pays, a indiqué mercredi un haut responsable américain.

« Nous pensons que leur nombre est maintenant supérieur à 100. Nous ne savons pas où ils se trouvent », a annoncé James Jeffrey, émissaire américain pour la Syrie, devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine.

Lors d’une allocution télévisée mercredi, le président américain, Donald Trump, a indiqué pour sa part qu’un petit nombre de djihadistes s’étaient échappés.

Nous surveillons cela du mieux que nous pouvons. Nous avons encore des gens en Syrie qui travaillent avec les FDS et l’une des priorités est ces prisons.

« Le général Mazloum [Abdi, le commandant des Forces démocratiques syriennes, NDLR] m’a assuré que le groupe EI était sous un contrôle très, très strict et que les prisons sont fermement gardées », a-t-il dit.

La Turquie a lancé le 9 octobre une offensive contre les combattants kurdes, alliés de Washington et des Occidentaux dans la lutte contre le groupe EI, provoquant l’inquiétude de nombreux pays sur le sort des milliers de djihadistes étrangers détenus dans des camps qu’ils contrôlaient.

« Presque toutes les prisons que les Forces démocratiques syriennes (FDS) gardaient sont toujours sécurisées », a assuré M. Jeffrey.

« Nous surveillons cela du mieux que nous pouvons. Nous avons encore des gens en Syrie qui travaillent avec les FDS et l’une des priorités est ces prisons », a-t-il expliqué.

La Turquie a annoncé mardi soir qu’elle ne reprendrait pas son offensive militaire contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, car ces dernières se sont retirées des zones frontalières.

L’émissaire américain a également déclaré avoir constaté « de multiples incidents que nous considérons comme des crimes de guerre » perpétués par la Turquie ou des groupes pro-Ankara, sans préciser lesquels.

Il a en revanche nié tout potentiel « nettoyage ethnique » de la part d’Ankara.

« Il n’y a pas eu de nettoyage ethnique généralisé dans cette zone depuis que les Turcs sont arrivés. De nombreuses personnes ont fui parce qu’elles étaient, comme nous, préoccupées par les groupes de l’opposition syrienne soutenus par la Turquie », a-t-il déclaré.

Le responsable américain a précisé que les États-Unis enquêtaient sur des allégations des autorités kurdes qui accusent la Turquie d’avoir utilisé des armes non conventionnelles, dont le phosphore blanc (interdit par le droit international), dans leur offensive.

L’offensive turque avait commencé à la suite de l’annonce du retrait militaire des États-Unis du Nord-Est syrien, dénoncé par de nombreux élus démocrates comme républicains comme un abandon des Kurdes, alliés de Washington dans la lutte contre le groupe EI.

« Je pense que cela restera comme l’une des plus grandes bévues de l’histoire américaine », a dénoncé le représentant démocrate Eliot Engel, qui présidait la commission qui interrogeait M. Jeffrey.


Levée des sanctions et patrouille russe

Donald Trump a levé mercredi les sanctions imposées à Ankara pour son offensive militaire contre les Kurdes dans le nord de la Syrie, alors que les forces russes effectuaient leurs premières patrouilles dans la zone frontalière dont les États-Unis se sont retirés. Le président américain a assuré qu’un « grand succès » avait été remporté en Syrie avec la création de cette « zone de sécurité » à la frontière avec la Turquie. « J’ai demandé au secrétaire au Trésor de lever toutes les sanctions imposées le 14 octobre en réponse à l’offensive de la Turquie », a ajouté M. Trump depuis la Maison-Blanche.

Washington avait gelé les avoirs de trois ministres turcs après l’offensive d’Ankara contre les combattants kurdes, longtemps alliés des Occidentaux dans la lutte contre le groupe djihadiste État islamique (EI). Le ministère russe de la Défense a également fait savoir que Mazloum Abdi avait « remercié la Fédération de Russie et le président Vladimir Poutine de protéger le peuple kurde ». Ce communiqué de Moscou a précisé que la police militaire russe s’était déployée « sur un itinéraire assigné au nord de la Syrie ».

Au cours de son appel avec Mazloum Abdi, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a ajouté que Moscou était prêt à accroître le nombre de patrouilles pour assurer la sécurité des Kurdes.