Progrès timides pour un mécanisme de répartition des migrants à l’UE

Un groupe de migrants reçoit l'aide d'une équipe Sea Watch, qui vient en aide aux personnes tentant de traverser la Méditerranée.
Photo: Federico Scoppa Agence France-Presse Un groupe de migrants reçoit l'aide d'une équipe Sea Watch, qui vient en aide aux personnes tentant de traverser la Méditerranée.

Un petit nombre de pays de l’Union européenne (UE) ont apporté leur soutien mardi à Luxembourg à un mécanisme temporaire de répartition des demandeurs d’asile pour aider l’Italie et Malte en Méditerranée centrale, mais la Grèce a alerté sur sa propre situation, réclamant davantage de solidarité.

Un « pré-accord » a été trouvé à La Valette le 23 septembre entre la France, l’Allemagne, l’Italie et Malte, ces deux derniers pays étant en première ligne pour les arrivées de migrants. Ce mécanisme est d’une durée de six mois, pouvant être prolongée.

Cette initiative doit permettre d’éviter que des bateaux chargés de demandeurs d’asile ne restent bloqués en mer pendant des semaines en attendant que des pays acceptent, au cas par cas, de les accueillir.

Lors de la réunion des ministres européens à Luxembourg mardi, qui se tenait au lendemain d’un naufrage meurtrier près de Lampedusa, la secrétaire d’État française Amélie de Montchalin s’est félicitée de voir une « dizaine de pays » prêts à travailler ensemble dans le cadre de cette initiative.

« Nous avons pu élargir le cercle des pays qui sont prêts à nous soutenir et à soutenir ces relocalisations rapides s’il y a des prochaines arrivées de bateaux », a-t-elle déclaré à l’issue des discussions entre ministres de l’UE, précisant que ce soutien se faisait à des degrés divers.

Mais le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères et de l’Immigration, Jean Asselborn, s’est montré moins optimiste, affirmant que seuls sept pays de l’UE avaient rallié cette initiative : outre les quatre participants à l’origine, il a cité son pays, l’Irlande et le Portugal.

Selon le ministre allemand Horst Seehofer, cinq à six pays sont favorables au pré-accord mais veulent avoir plus de détails, comme la Roumanie, la Croatie et l’Estonie.

L’Espagne considère le pré-accord de Malte comme un « projet pilote important », a indiqué son ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, tout en annonçant qu’il n’y participerait pas.

Comme l’a illustré le naufrage récent de Lampedusa (13 morts et une dizaine de disparus), la Méditerranée centrale est une route migratoire particulièrement meurtrière.

Mais la situation d’une autre route migratoire, du côté de la Grèce, a été au centre des discussions mardi à Luxembourg : Athènes, conjointement avec Nicosie et Sofia, ont appelé les pays de l’UE à partager le « fardeau migratoire » de façon plus équitable.

« Entre mai et maintenant, la Grèce a connu une augmentation des flux migratoires de 240 %. Vous imaginez l’ampleur du défi », a déclaré Georges Koumoutsakos, ministre adjoint à la Protection du citoyen.

Il a appelé au « respect complet » de l’accord conclu entre l’UE et la Turquie, exhortant Ankara à lutter contre les passeurs et l’UE à envisager un soutien financier supplémentaire à ce pays.

Le responsable grec s’est aussi dit « très inquiet » de la situation géopolitique dans la région. « Nous suivons de très près ce qui se passe en Syrie », a-t-il dit, en référence à l’offensive turque en préparation.