Touristes rapatriés, dirigeants accusés

Au total, 150 000 touristes britanniques voyageaient avec Thomas Cook quand le groupe a soudainement mis la clé sous la porte lundi aux premières heures de la matinée.
Photo: Ina Fassbender Agence France-Presse Au total, 150 000 touristes britanniques voyageaient avec Thomas Cook quand le groupe a soudainement mis la clé sous la porte lundi aux premières heures de la matinée.

Les autorités rapatriaient des milliers de touristes affectés par la faillite de Thomas Cook sur quelque 600 000 en vacances aux quatre coins du monde, tandis qu’au Royaume-Uni la polémique enflait sur les salaires faramineux perçus par les dirigeants du groupe.

L’Autorité britannique de l’Aviation civile (CAA) a annoncé mardi avoir ramené 14.700 personnes au Royaume-Uni lundi, soit 10 % des ressortissants de la Couronne qui se trouvaient en vacances avec le voyagiste au moment de sa faillite lundi.

Quelque 64 vols ont permis à ces touristes éparpillés dans le monde, surtout dans les régions ensoleillées de Méditerranée, de rentrer à bon port. Mardi, la CAA prévoyait d’en ramener un peu plus. Elle utilise notamment des avions loués à d’autres compagnies aériennes, pour un coût total qui devrait tourner autour de 100 millions de livres.

« Nous voulons que les gens continuent de profiter de leurs vacances et donc nous les ramènerons au Royaume-Uni le jour de leur retour prévu ou juste après », explique Richard Moriarty, directeur général de la CAA.

Rentrer à la maison À l’aéroport de Palma de Majorque, l’une des destinations phares de Thomas Cook, des centaines de personnes, familles, personnes âgées et jeunes gens faisaient la queue avant d’embarquer dans des avions devant les ramener au Royaume-Uni.

« Je m’attendais à pire franchement. Notre vol va être un peu plus tard que prévu aujourd’hui, mais nous rentrons à la maison, c’est ce qui compte », souligne Alastair Ross, un étudiant de 27 ans.

En Belgique, l’association de défense des consommateurs Test-Achats était mardi « assaillie d’appels de clients inquiets » alors qu’environ 10 000 clients belges sont actuellement à l’étranger.

Certains d’entre eux se sont plaints de se voir réclamer « parfois jusqu’à 3000 euros » par des prestataires locaux pour poursuivre leur séjour, voire tout simplement quitter les lieux, a rapporté Test-Achats.

La CAA reconnaît qu’il y a de « la confusion dans certains hôtels », alors que des gérants ont pu demander à des vacanciers de payer pour pouvoir rester. 

Elle ajoute qu’une majorité de clients en Grande-Bretagne — et ailleurs dans l’Union européenne — auront toutefois droit à un remboursement grâce aux garanties émanant d’une directive de Bruxelles.

Sort incertain Le sort des quelque 22 000 employés du voyagiste était encore empreint d’incertitudes: si une grande partie devait perdre leur emploi — notamment les 9000 au Royaume-Uni — certaines filiales ou activités pourraient éventuellement être vendues ou préservées.

Environ 600 employés de Thomas Cook en Belgique attendaient mardi une annonce après un conseil d’entreprise extraordinaire, tandis qu’aux      Pays-Bas, Thomas Cook et une filiale locale ont annulé toutes futures réservations.

Indignation Le Royaume-Uni restait sidéré par la chute brutale du pionnier des voyages organisés, brutalement placé en liquidation lundi après avoir échoué au cours du week-end à trouver les fonds nécessaires à sa survie.

Les projecteurs se braquaient mardi sur les dirigeants du groupe qui se sont partagé, selon la presse britannique, 20 millions de livres en salaires et bonus depuis 2014 alors même que le groupe battait de l’aile.

Des tabloïds demandaient le remboursement des primes perçues, ce qu’a également exigé l’opposition travailliste.

Le gouvernement a demandé une enquête sur le rôle des dirigeants dans la banqueroute du voyagiste qui, lourdement endetté, paye des années de gestion hasardeuse. Thomas Cook a aussi souffert de la frilosité de consommateurs inquiets du Brexit et de la concurrence des vacances achetées sur internet.

Un porte-parole du fonds Jupiter, qui était actionnaire, a expliqué à l’AFP avoir « maintes fois sollicité la direction de Thomas Cook ces 18 derniers mois pour exprimer nos inquiétudes (...) et proposer des solutions pour faire remonter l’action, notamment la vente potentielle de la compagnie aérienne ». 

« Nos discussions n’ont pas produit l’effet désiré et nous avons choisi de réduire considérablement notre part », qui n’atteignait plus que 0,15 % au moment de la faillite, ajoute-t-il.