Détroit d’Ormuz: les États-Unis affirment avoir abattu un drone iranien

Selon le président américain, le drone iranien s’est approché à moins de 1000 mètres du navire «USS Boxer», qui a entrepris «une action défensive» et a détruit le drone.
Photo: Craig Z. Rodarte / US NAVY / Agence France-Presse Selon le président américain, le drone iranien s’est approché à moins de 1000 mètres du navire «USS Boxer», qui a entrepris «une action défensive» et a détruit le drone.

Les États-Unis affirment avoir abattu jeudi un drone iranien au-dessus du détroit d’Ormuz car il s’approchait dangereusement d’un navire américain. Selon le président américain, le drone iranien s’est approché à moins de 1000 mètres du navire USS Boxer, qui a entrepris « une action défensive ». « Le drone a été détruit », a-t-il dit.

M. Trump a appelé les autres pays à « condamner l’Iran » et à protéger leurs propres navires. De son côté, un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, a confirmé l’incident dans un communiqué, précisant qu’il était survenu à 10 h (heure locale) au moment où l’USS Boxer s’apprêtait à pénétrer dans le détroit d’Ormuz.

L’Iran a abattu le 20 juin un drone américain qui se trouvait selon lui dans son espace aérien. Donald Trump a affirmé deux jours plus tard avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l’Iran, tout en maintenant ses menaces de représailles contre Téhéran.

L’Iran saisi un tanker étranger

Plus tôt dans la journée, l’Iran avait annoncé détenir « un navire-citerne étranger » et son équipage soupçonnés de se livrer à de la « contrebande » de carburant dans le Golfe, après une succession d’incidents impliquant des pétroliers dans cette région sous haute tension depuis plus de deux mois. Le navire-citerne a été arraisonné le 14 juillet « au sud de l’île [iranienne] de Larak », dans le détroit d’Ormuz, ont indiqué les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran. Cette annonce est survenue deux jours après une mise en garde du guide suprême iranien, Ali Khamenei, qui a annoncé que son pays répondrait « au moment et à l’endroit opportuns » à l’interception, le 4 juillet, d’un pétrolier iranien par les autorités britanniques, au large de Gibraltar. « Ce bateau d’une capacité de 2 millions de barils et avec 12 membres d’équipage avait mis le cap pour livrer du carburant de contrebande [chargé à partir] de bateaux iraniens », indique Sepahnews, le site Internet officiel des Gardiens de la révolution.

Selon des images diffusées par la télévision d’État iranienne, le navire arraisonné est le Riah, un vaisseau battant pavillon panaméen. Mardi, l’organisation TankerTrackers, spécialisée dans le suivi des chargements de pétrole, avait indiqué avoir perdu le signal du Riah le 14 juillet à partir du moment où il était entré dans les eaux iraniennes. Quelques heures plus tard, Téhéran annonçait avoir porté assistance à un « pétrolier étranger » ayant « rencontré un problème technique », sans préciser son nom.

La région du Golfe et du détroit d’Ormuz, par où transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se retrouve au coeur de vives tensions géopolitiques, sur fond de bras de fer entre l’Iran et les États-Unis. Ces derniers ont renforcé leur présence militaire dans la région en arguant de « menaces » présumées iraniennes contre des intérêts américains, jamais clairement explicitées. La tension entre les deux pays, alimentée par le retrait unilatéral américain en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien, a atteint un pic le 20 juin avec la destruction par l’Iran d’un drone de surveillance américain. Les États-Unis accusent eux l’Iran d’être derrière des actes de sabotage ayant visé quatre navires autour du détroit d’Ormuz en mai et deux attaques d’origine inconnue ayant visé en juin deux pétroliers au large des côtes iraniennes. Téhéran rejette ces accusations.

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump a adopté une attitude hostile à l’Iran, l’accusant de chercher à obtenir l’arme atomique, ce que ce pays a toujours nié. En sortant de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015, Washington a rétabli des sanctions qui ont fait plonger l’Iran en récession et lui font perdre un par un les acheteurs de son pétrole.

Depuis mai, l’Iran a commencé à s’affranchir de certains de ses engagements pour, dit-il, forcer ses partenaires à prendre des mesures garantissant ses intérêts et lui permettant de rester partie à l’accord. Berlin et Paris ont appelé séparément Téhéran à respecter pleinement ses engagements. Jeudi, le président iranien Hassan Rohani a appelé l’Europe à « intensifier ses efforts » pour sauver l’accord sur le nucléaire lors d’un entretien téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron. Et M. Macron et le président russe Vladimir Poutine ont convenu, lors d’une conversation téléphonique, de « consolider les efforts » pour maintenir en vie l’accord nucléaire.

Pourtant, États-Unis et Iran semblent ouverts à d’éventuelles négociations. Selon le Guardian, le chef de la diplomatie iranienne, Javad Zarif, qui se trouvait jeudi à New York pour des réunions à l’ONU, a proposé des inspections immédiates et plus complètes du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions par Washington. M. Trump a suggéré pour sa part que la pression américaine sur l’Iran pourrait conduire à l’ouverture de négociations.