Indignation après l’appel d’un responsable du Hamas à «tuer les juifs»

Fathi Hamad a soulevé l'indignation en appelant les Palestiniens à attaquer des juifs, partout dans le monde.
Photo: Khalil Hamra Associated Press Fathi Hamad a soulevé l'indignation en appelant les Palestiniens à attaquer des juifs, partout dans le monde.

Des responsables israéliens et palestiniens ainsi que l’émissaire des Nations unies ont condamné lundi les propos d’un responsable du mouvement islamiste du Hamas à Gaza qui a appelé les Palestiniens à tuer les juifs « partout dans le monde ».

« Si le blocus n’est pas levé, nous allons exploser à la face de nos ennemis, si Dieu le permet », a déclaré Fathi Hamad, membre d’une des instances du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, lors d’un discours vendredi pendant les manifestations hebdomadaires le long de la barrière qui sépare l’enclave palestinienne d’Israël.

Israël impose un strict blocus depuis plus d’une décennie à l’étroite bande de terre coincée entre la Méditerranée, l’État hébreu et l’Égypte où vivent près de deux millions de Palestiniens dans une grande précarité.

Si le blocus n’est pas levé, nous allons exploser à la face de nos ennemis, si Dieu le permet

« Sept millions de Palestiniens à l’étranger, assez de préparatifs ! Vous avez des juifs avec vous, partout où vous êtes. Vous devriez attaquer tous les juifs que vous pouvez, partout dans le monde, et les tuer », a-t-il dit.

Le Hamas s’est distancié de ces propos dans un communiqué publié lundi après-midi.

« Ces propos ne reflètent pas la position officielle du Hamas et sa politique telle qu’elle a été décidée et appliquée avec consistance, qui est que nous sommes en conflit avec l’occupation (israélienne) qui occupe nos terres et profane nos lieux sacrés, et non avec les juifs dans le monde ou avec le judaïsme en tant que religion », a-t-il dit.

Dans un communiqué publié lundi soir, M. Hamad a souligné son engagement à respecter la charte du Hamas axée sur « la résistance contre l’occupation sioniste » des terres palestiniennes.

« Notre résistance contre l’occupation se poursuivra par tous les moyens possibles, par les armes ou par la lutte pacifique et populaire », a-t-il affirmé.

Nickolay Mladenov, l’envoyé de l’ONU pour le Proche-Orient, a condamné les propos de M. Hamad, les qualifiant de « discours dangereux, répugnant et incitant à la haine ».

« Cela doit être condamné clairement par TOUS ! », a-t-il dit sur Twitter.

« Propos répugnants »

« Les valeurs justes de la cause palestinienne incluent l’amour de la liberté, la justice et l’égalité. Les propos répugnants de M. Fathi Hamad sur les juifs ne représentent rien de tout cela », a également déclaré sur Twitter Saëb Erekat, secrétaire général de l’Organisation de libération de la Palestine, basée en Cisjordanie occupée et alliée du Fatah, parti du président palestinien.

Le Fatah et le Hamas sont à couteaux tirés depuis que le mouvement islamiste a pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007 à l’issue d’une quasi-guerre civile.

Le porte-parole du gouvernement israélien auprès des médias arabes, Ofir Gendelman, a estimé que les propos de M. Hamad reflétaient ce qu'« est le Hamas ». « Le Hamas est derrière les émeutes à la frontière de Gaza. Le Hamas construit des usines pour fabriquer des ceintures explosives utilisées par les garçons et les filles de Gaza. Le Hamas veut tuer des juifs dans le monde entier ».

« Maintenant vous comprenez pourquoi on défend notre frontière du Hamas à Gaza », a-t-il écrit sur Twitter.

Depuis fin mars 2018, les Palestiniens de Gaza se rassemblent le long de la barrière qui les sépare d’Israël afin de protester contre le blocus israélien.

Ils réclament aussi le droit de revenir sur les terres dont leurs ancêtres ont été chassés ou qu’ils ont été contraints de fuir lors de la création d’Israël en 1948.

Depuis mars 2018, au moins 295 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens, pour la grande majorité lors de violences en marge des rassemblements le long de la frontière. D’autres sont morts dans des frappes israéliennes sur l’enclave.

Sept Israéliens ont été tués depuis la même date, dont cinq civils.