Vatican: le pape appelle à des «corridors humanitaires»

En Libye, le centre de détention touché par l’attaque abritait environ 600 migrants, en majorité érythréens et soudanais.
Photo: Mahmud Turkia Agence France-Presse En Libye, le centre de détention touché par l’attaque abritait environ 600 migrants, en majorité érythréens et soudanais.

Le pape François, réagissant dimanche au récent bombardement meurtrier en Libye d’un centre de détention de migrants, a appelé à l’organisation de « corridors humanitaires » pour venir en aide aux migrants « les plus nécessiteux ».

« La communauté internationale ne peut tolérer des faits aussi graves », a assuré le pape après la traditionnelle prière de l’Angélus sur la place Saint-Pierre.

« Je souhaite que soient organisés de manière étendue et concertée les corridors humanitaires pour les migrants qui sont le plus dans le besoin », a-t-il ajouté.

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C’est le nombre de migrants qui ont été tués lors d’un raid aérien contre un centre de détention à Tajoura, en banlieue de Tripoli.

Une priorité du pape

Le pape, qui a fait de la défense des migrants l’un des axes majeurs de son pontificat, a aussi appelé les fidèles à « prier pour les pauvres personnes sans défense tuées ou blessées mardi dans l’attaque aérienne qui a touché un centre de détention de migrants en Libye ».

Après la mort de 44 migrants dans un raid aérien mardi soir contre leur centre à Tajoura, en banlieue est de Tripoli, quelque 300 migrants y sont toujours détenus, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Leur situation est devenue plus critique depuis le début de l’offensive militaire, le 4 avril, du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’Est libyen, pour conquérir Tripoli, siège du Gouvernement d’union nationale (GNA).

La frappe menée mardi, tard à Tajoura, a été attribuée par le GNA, basé à Tripoli, aux forces rivales de Khalifa Haftar, engagées dans une offensive pour s’emparer de la capitale d’un pays plongé dans le chaos depuis 2011. Mais le porte-parole des forces pro-Haftar, Ahmad al-Mesmari, a démenti toute implication dans l’attaque, accusant en retour le GNA de « fomenter un complot » pour leur faire endosser la responsabilité du carnage.

Le centre de détention touché par l’attaque abritait environ 600 migrants, en majorité érythréens et soudanais, et deux de ses cinq hangars ont été touchés, selon le responsable du centre Noureddine al-Grifi. Quelque 120 migrants se trouvaient dans le hangar qui a été touché de plein fouet.