Sommet du G20 d’Osaka: la courtoisie s’invite, mais les différends restent

Le président Donald Trump, à droite, rencontre le président russe, Vladimir Poutine, à gauche, lors d'une réunion bilatérale en marge du sommet du G-20 à Osaka.
Photo: Susan Walsh Associated Press Le président Donald Trump, à droite, rencontre le président russe, Vladimir Poutine, à gauche, lors d'une réunion bilatérale en marge du sommet du G-20 à Osaka.

Le G20 d’Osaka s’est ouvert vendredi dans une relative harmonie, avec un Donald Trump inhabituellement consensuel — si ce n’est une blague très remarquée sur la Russie —, mais sans réel progrès sur les dossiers les plus conflictuels, dont le climat.

Le premier ministre nippon, Shinzo Abe, a voulu placer les débats dans la grande ville côtière japonaise sous le signe d’une « belle harmonie », en référence à la signification de « Reiwa », nom de la nouvelle ère entamée voici peu dans l’archipel. Donald Trump a semblé jouer le jeu, multipliant les amabilités. Il a pêle-mêle vanté les « magnifiques usines » construites par les fabricants automobiles japonais aux États-Unis, dit vouloir « bien s’entendre » avec l’Inde et évoqué une « fantastique » Angela Merkel. Autant de pays avec lesquels les États-Unis ont des contentieux commerciaux. Les Américains et les Japonais ont d’ailleurs décidé « d’accélérer » leurs discussions commerciales, sur l’agriculture et l’automobile notamment.

Sur l’Iran, l’un des grands sujets de crispation du moment, Donald Trump s’est aussi voulu apaisant. « Rien ne presse, nous avons le temps » de résoudre les tensions, a-t-il dit.

 

Mais le président américain n’a pu s’empêcher d’attirer l’attention, en l’occurrence à travers une blague sur les élections américaines et la Russie, sujet ultradélicat aux États-Unis, lors d’un entretien bilatéral avec Vladimir Poutine. « Pas d’ingérence dans les élections, président, pas d’ingérence », a-t-il lancé, ironique, en se tournant vers son homologue russe, après avoir été interpellé par un journaliste sur le risque d’une telle ingérence autour de la présidentielle de 2020.

La Chine

Sur le sujet le plus brûlant de ce G20, Donald Trump a dit vendredi s’attendre à une rencontre « productive » samedi avec son homologue chinois Xi Jinping. Lors de ce véritable sommet dans le sommet, les deux dirigeants tenteront d’enrayer l’escalade commerciale et technologique entre leurs pays, qui met en péril la croissance mondiale. Washington menace de taxer la totalité des importations chinoises, ce qui serait certainement un point de non-retour entre les deux géants. La Chine dénonce, elle, un « harcèlement » américain.

Nombre d’analystes espèrent malgré tout une trêve à Osaka, même si un grand accord commercial semble à l’heure actuelle illusoire.

Accord sur le climat

Personne ou presque ne croit en revanche à une accalmie autour du climat, sujet de tension récurrent au G20 depuis que le gouvernement Trump a décidé de quitter l’Accord de Paris. Le climat « est le sujet le plus difficile » du sommet, souligne-t-on dans l’entourage du président français, Emmanuel Macron.

« Les Américains tiennent un langage très dur autour de la table » et pourraient à Osaka entraîner avec eux « trois ou quatre pays », qui pourraient alors refuser, comme eux, de signer une déclaration de soutien à l’Accord de Paris, redoutent les Français. Le Brésil, la Turquie et l’Arabie saoudite sont les noms qui reviennent le plus souvent.