Comment les grandes métropoles combattent la flambée des loyers

Vendredi, l’État de New York a adopté une loi qui supprime une série de dispositions qui permettaient aux propriétaires de contourner l’encadrement de centaines de milliers de loyers à l’occasion d’un changement de locataire ou de travaux de rénovation.
Photo: Spencer Platt Getty Images North America/AFP Vendredi, l’État de New York a adopté une loi qui supprime une série de dispositions qui permettaient aux propriétaires de contourner l’encadrement de centaines de milliers de loyers à l’occasion d’un changement de locataire ou de travaux de rénovation.

Comme Berlin, qui a annoncé mardi des mesures visant à geler les loyers pendant cinq ans, d’autres grandes métropoles s’efforcent de contenir la flambée des loyers, phénomène généralisé dans les centres urbains.

Paris

La ville de Paris s’apprête à plafonner à nouveau les loyers à partir du 1er juillet. Une mesure déjà en vigueur entre 2015 et 2017, mais qui avait été annulée par la justice.

Cette réglementation est censée répondre à la flambée de l’immobilier parisien depuis dix ans : le prix de vente d’un appartement au mètre carré a bondi de moitié, une progression nettement supérieure à la moyenne du pays.

Ce plafonnement, que compte aussi remettre en place la ville de Lille, est distinct d’un encadrement qui existe depuis plusieurs années dans les principales grandes villes françaises et limite les possibilités de hausse des loyers entre deux locataires.

Parallèlement, la ville de Paris s’oppose régulièrement à AirBnB. Un de ses élus a demandé l’interdiction des locations dans le centre, et Paris réfléchit à abaisser le nombre de jours de location par an et par logement. En début d’année, elle a aussi assigné en justice le site pour des annonces jugées illégales, mais la ville a été déboutée.

New York

Vendredi, l’État de New York a adopté une loi censée enrayer la disparition des logements à prix abordables et une gentrification galopante. Le texte supprime une série de dispositions qui permettaient aux propriétaires de contourner l’encadrement de centaines de milliers de loyers à l’occasion d’un changement de locataire ou de travaux de rénovation.

Depuis 1994, ces dispositions se sont traduites par la disparition d’environ 300 000 appartements du parc de logements à loyers régulés à New York même.

Ce texte devrait affecter directement quelque 2,4 millions de New-Yorkais, sur une population totale d’environ 8,5 millions d’habitants, qui vivent dans près d’un million d’appartements aux loyers toujours encadrés aujourd’hui. Il ouvre également la possibilité d’instaurer un système de loyers régulés dans toutes les localités de l’État de New York.

Vienne

La capitale autrichienne revendique le titre de « capitale du logement abordable » grâce une recette centenaire basée sur une forte régulation.

Environ 60 % des 1,9 million d'habitants que compte Vienne résident dans un appartement à loyer plafonné, propriété de la ville ou de promoteurs d’intérêt public. Cette abondance de logements subventionnés contribue à freiner la hausse des prix sur le marché privé.

Le plafond de revenus pour prétendre à un logement municipal est de 46 400 euros par an (environ 69 800 dollars canadiens) pour une personne seule et 87 430 euros par an (autour de 131 500 dollars) pour une famille de quatre personnes. Ces logements sont transmissibles aux proches.

Barcelone

Les loyers ont augmenté de 35 % depuis 2010, en partie sous l’influence des nombreuses locations de courte durée proposées sur des plateformes comme Airbnb. La municipalité a pris des mesures drastiques contre les locations saisonnières, ordonnant la fermeture de plusieurs milliers de locations ne disposant pas de licence touristique et gelant l’attribution de toute nouvelle licence.

Des « surveillants » municipaux passent au crible les annonces de plateformes locatives pour débusquer les locations illégales. Des mesures d’encadrement des loyers pourraient voir le jour prochainement.

Stockholm

Quelque 44 % des logements sont loués par des institutions ou des propriétaires privés possédant plusieurs appartements.

Afin de garantir leur « juste » prix, ces loyers encadrés sont négociés annuellement entre représentants de propriétaires et de locataires. Pour y accéder, une inscription sur une liste d’attente pouvant atteindre 20 ans ou à un système de loterie est nécessaire. Une fois détenteur d’un bail de ce type, un locataire peut y vivre de façon illimitée, mais aussi l’échanger contre un autre.

Mais 25 % des locations se font de manière illégale, selon un rapport datant de 2017, par le biais d’une sous-location sans autorisation préalable.