Le Mexique ratifierait l’ACEUM d’ici le 19 juin, selon son ambassadeur

Le secrétaire mexicain aux Affaires étrangères, Marcelo Ebrard
Photo: Jacquelyn Martin Associated Press Le secrétaire mexicain aux Affaires étrangères, Marcelo Ebrard

L’ambassadeur du Mexique au Canada a soutenu jeudi que son pays ratifierait officiellement le nouvel accord de libre-échange nord-américain au cours des deux prochaines semaines, après avoir réglé son dernier litige tarifaire avec les États-Unis. Le nouvel Accord Canada-États-Unis-Mexique, conclu en septembre puis signé par les leaders des trois pays en novembre, doit maintenant être ratifié par les trois législatures avant de pouvoir entrer en vigueur.

Les deux chambres du Congrès mexicain ont adopté une nouvelle loi sur la réforme du travail, qui était considérée dans les trois pays comme une condition préalable à la ratification de l’entente. À présent, au Mexique, seul le Sénat devra approuver la ratification du nouvel accord commercial — et cela se produira les 18 et 19 juin, a soutenu l’ambassadeur Juan José Gómez Camacho, en entrevue jeudi. Cette prédiction alignerait le calendrier du Mexique avec celui du Canada. La Chambre des communes est sur le point de suspendre ses travaux pour l’été, le vendredi 21 juin, ce qui ferme potentiellement la fenêtre canadienne de ratification jusqu’après les élections fédérales du 21 octobre.

M. Gómez Camacho a déclaré que le Sénat mexicain siège actuellement en « session extraordinaire », en marge de son calendrier habituel, pour enfin clore ce chapitre. « Toutes ces négociations, qui se sont finalement conclues avec succès, ont naturellement créé de l’incertitude chez les investisseurs et ceux qui font partie de cette chaîne de valeur intégrée », a estimé M. Gómez Camacho.

Les autorités américaines et mexicaines ont tenu une deuxième journée de négociations, jeudi, pour tenter d’éviter une nouvelle série de droits de douane de 5 pour cent que le président Trump menace d’imposer lundi sur toutes les importations mexicaines. Le président américain veut ainsi forcer le Mexique à mettre fin au flux de migrants d’Amérique centrale qui se présentent à la frontière sud des États-Unis.

Trump reste ferme

M. Gómez Camacho a bon espoir que le Mexique et les États-Unis parviendront à un accord d’ici à lundi — mais il a refusé de spéculer sur ce que ferait le Mexique en cas d’échec.

« Nous verrons ce qui se passera », a déclaré de son côté le président Trump à la presse irlandaise, jeudi, après avoir assisté en France aux commémorations du jour J. « Mais quelque chose d’assez radical pourrait arriver : nous avons dit au Mexique que les droits de douane seraient imposés. Et je demeure ferme. Et j’en suis très heureux. »

Plus tôt jeudi, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré que la ratification au Canada allait bon train, malgré les nouvelles tensions entre le Mexique et les États-Unis. Il a soutenu que le Canada progressait « parallèlement » aux efforts des États-Unis. « Nous avions entendu le gouvernement mexicain qui a expliqué que ces tarifs potentiels des Américains envers les Mexicains n’allaient pas venir remettre en question leur processus de ratification et nous acceptons ce qu’ils disent », a déclaré M. Trudeau à la presse, en Normandie, où il assistait également aux cérémonies du jour J. Comme le Canada, le Mexique a déposé son projet de loi de ratification la semaine dernière, lorsque la Maison-Blanche a supprimé les droits de douane punitifs sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance des deux pays. MM. Gómez Camacho et Trudeau ont tous deux déclaré que la récente levée de ces tarifs était le dernier obstacle à la ratification.

L’ambassadeur a déclaré qu’à l’instar du Canada et des États-Unis, le Mexique considère que l’accord est maintenant « fermé », en dépit des appels lancés par certains démocrates américains pour renforcer certaines dispositions en matière de travail. Le secrétaire mexicain aux Affaires étrangères, Marcelo Ebrard, a eu des entretiens avec la présidente de la Chambre des représentants aux États-Unis, Nancy Pelosi, plus tôt cette semaine à Washington. Il soutient que Mme Pelosi et ses collègues démocrates sont maintenant satisfaits de la réforme du travail adoptée par le Mexique. « Notre législation sur le travail a été remplacée. Elle est vraiment conforme aux normes de l’ALENA. Il s’agit d’un changement très important au chapitre des normes du travail dans notre pays », a-t-il soutenu.