Le président algérien appelle au dialogue

Depuis sa prestation de serment, c’est la troisième fois que le chef de l’État par intérim en Algérie, Abdelkader Bensalah, s’adresse au peuple.
Photo: Ryad Kramdi Agence France-Presse Depuis sa prestation de serment, c’est la troisième fois que le chef de l’État par intérim en Algérie, Abdelkader Bensalah, s’adresse au peuple.

Le chef de l’État par intérim en Algérie, Abdelkader Bensalah, a appelé jeudi l’ensemble de la classe politique au dialogue afin d’arriver à un consensus autour de l’organisation de l’élection présidentielle, à la veille de nouvelles manifestations contre le régime.

« J’invite la classe politique, la société civile et les personnalités patriotiques nationales […] à opter pour la voie du dialogue inclusif » pour organiser « dans les meilleurs délais » la « prochaine échéance présidentielle », a déclaré M. Bensalah dans un discours à la nation retransmis par la télévision officielle.

Il a ajouté qu’il les invitait « à débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle » afin de « tracer une feuille de route devant aider à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité ».

Ce discours survient à la veille du seizième vendredi consécutif de contestation, le premier depuis l’annulation par le Conseil constitutionnel de la présidentielle du 4 juillet.

C’est le deuxième appel au dialogue en quelques jours. Fin mai, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, avait prôné un « dialogue » et des « concessions mutuelles », tout en continuant d’exiger une présidentielle « dans les plus brefs délais » et en exclure toute « période de transition aux conséquences incertaines ».

Vendredi dernier, les manifestants qui étaient descendus en masse dans la rue avaient rejeté l’offre de dialogue « avec le “gang” et le pouvoir ».

Intérim

Depuis sa prestation de serment, c’est la troisième fois que M. Bensalah s’adresse au peuple. Dans le même laps de temps, le général Ahmed Gaïd Salah, devenu le véritable détenteur du pouvoir depuis le départ du président déchu Abdelaziz Bouteflika, s’est exprimé plus d’une dizaine de fois.

Conformément à la Constitution, M. Bensalah, président de la Chambre Haute du Parlement, a été désigné chef de l’État par intérim le 9 avril, une semaine après la démission de M. Bouteflika, après 20 ans au pouvoir, sous la pression de la rue et de l’armée.

La Constitution prévoit que son intérim dure 90 jours, durant lesquels il doit organiser une présidentielle — qui était prévue le 4 juillet — et remettre le pouvoir au nouvel élu.

Mais, en rejetant le 2 juin les deux seuls dossiers de candidature, le Conseil constitutionnel a constaté « l’impossibilité » de la tenue du scrutin du 4 juillet.