La plus récente éclosion de l’Ebola est la deuxième plus meurtrière de l’histoire

Le virus Ebola se transmet le plus souvent par contact de personne à personne, de personne à objets contaminés et d’animaux à personne.
Photo: Al-hadji Kudra Maliro Associated Press Le virus Ebola se transmet le plus souvent par contact de personne à personne, de personne à objets contaminés et d’animaux à personne.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la plus récente éclosion du virus mortel Ebola au Congo ne constitue pas une urgence sanitaire mondiale, provoquant du même coup la frustration de certains experts.

Toutefois, en raison de la présence de plusieurs groupes rebelles dans la région, de la résistance des collectivités aux agents de la santé et d’une frontière très fréquentée, le risque de propagation régionale est jugé « très élevé », a déclaré l’OMS. La région touchée par cette éclosion est limitrophe de l’Ouganda, du Rwanda et du Soudan du Sud.

Voici un aperçu de la dernière éclosion d’Ebola. On compte 1220 cas confirmés et probables, dont 772 décès, depuis que le ministère de la Santé de la République démocratique du Congo a déclaré son existence, le 1er août dernier.

Il s’agit de la deuxième plus meurtrière éclosion de l’Ebola, derrière celle ayant touché l’Afrique occidentale en 2014-2016 qui avait coûté la vie à 11 300 personnes.

Qu’est-ce que l’Ebola ?

L’Ebola est un virus qui peut se propager rapidement et peut être fatal dans 90 % des cas. Les symptômes comprennent des éruptions cutanées, des frissons, de la fièvre, des maux de tête et de gorge, des douleurs musculaires, de la nausées, des vomissements et de la diarrhée.

Selon l’OMS, les symptômes peuvent commencer à se manifester entre deux et 21 jours après l’infection.

Le virus se transmet le plus souvent par contact de personne à personne, de personne à objets contaminés et d’animaux à personne. Les travailleurs de la santé risquent souvent d’être infectés et les pratiques d’inhumation qui nécessitent un contact étroit avec les victimes d’Ebola peuvent propager la maladie.

Des dizaines de personnes touchées par cette épidémie ont reçu l’un des nombreux traitements expérimentaux contre Ebola, mais leurs effets n’ont pas encore été complètement étudiés. Bien qu’il n’existe aucun traitement autorisé pour Ebola, le fait de recevoir des soins précoces, tels que la réhydratation et le traitement d’autres symptômes, contribue à améliorer les chances de survie.

Un nouveau vaccin expérimental contre le virus Ebola s’est révélé efficace. Le ministère congolais de la Santé a déclaré vendredi que plus de 98 000 personnes avaient été vaccinées.

Pourquoi cette éclosion est-elle unique ?

Les agents de santé ont indiqué qu’il s’agissait de la première éclosion d’Ebola à survenir dans une zone de guerre. Plusieurs groupes de rebelles sont actifs dans le nord-est du Congo, tuant des centaines de personnes ces dernières années. Ces attaques ont aussi provoqué la méfiance d’une population traumatisée envers les étrangers.

Des villageois se sont hérissés de voir des agents de la santé être accompagnés par une escorte armée de Casques bleus ou de militaires congolais. Plusieurs accusent le gouvernement de ne pas les protéger des attaques.

C’est aussi la première fois qu’une éclosion d’Ebola se déclare dans cette partie du Congo. Les agents de santé doivent expliquer à la population l’importance des enterrements sécurisés et d’autres mesures préventives.

Une personne sur quatre interrogée dans l’est du Congo un mois après le début de l’éclosion pensait que le virus Ebola n’était pas réel, selon une étude publiée dans le journal The Lancet Infectious Diseases, le mois dernier.

Certains résidants ont rejeté les vaccins contre Ebola et se sont enfuis ou ont attaqué des équipes de santé. Médecins sans frontières a été contraint de fermer deux de ses cliniques plus tôt cette année après des attaques.

Cela a nui aux efforts de confinement, car il est difficile et laborieux de rechercher les contacts des personnes infectées. Beaucoup de nouveaux cas n’ont encore pu être liés à des patients déjà malades.

Combien de temps peut durer l’éclosion ?

Il est difficile de répondre à cette question. Certains experts en santé ont prédit, il y a plusieurs mois, que cette éclosion ne sera pas résorbée avant six mois, mais comme les complications continuent d’apparaître, ce délai est repoussé.

« Étant donné le nombre moyen de cas que nous voyons actuellement, cela ne sera pas terminé avant au moins six mois ou plus », a reconnu vendredi Tariq Riebl du Comité international de secours.

Le président du comité d’experts de l’OMS Robert Steffen a déclaré que les experts étaient « modérément optimistes » et que l’épidémie pourrait être contenue dans un « délai prévisible ».