May réclame encore plus de temps

Au terme d’un Conseil des ministres de sept heures, Mme May a indiqué que «le débat et les divisions ne pouvaient pas durer plus longtemps».
Photo: Jack Taylor Agence France-Presse Au terme d’un Conseil des ministres de sept heures, Mme May a indiqué que «le débat et les divisions ne pouvaient pas durer plus longtemps».

Le supplice de la goutte se poursuit pour la première ministre britannique, Theresa May, qui, à 10 jours de l’entrée en vigueur du Brexit, a annoncé mardi qu’elle allait demander une nouvelle fois aux leaders européens un report de la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) dans l’espoir de dénouer d’ici là l’impasse.

L’Union semble par ailleurs épuisée par la séquence des événements, à en croire le président français, Emmanuel Macron, qui n’a pas caché son irritation quant aux atermoiements britanniques en rappelant que « l’Union européenne » ne pouvait pas « être durablement l’otage de la résolution de crise politique au Royaume-Uni », a-t-il indiqué en marge d’une rencontre avec le premier ministre de la République d’Irlande, Leo Varadkar, mardi à Paris.

« Le rejet par trois fois de l’accord de retrait par la Chambre des communes, ainsi que le rejet à ce stade de tout plan de remplacement nous mettent sur le chemin d’une sortie sans accord, a-t-il indiqué. Il revient au Royaume-Uni de présenter un plan crédible, soutenu par une majorité d’ici au 10 avril, pour l’éviter. Si le Royaume-Uni n’est pas capable, près de trois ans après le référendum, de proposer une solution qui réunit une majorité, il aura de facto choisi de lui-même de sortir sans accord, et nous ne pouvons pas éviter l’échec à sa place. »

Au terme d’un Conseil des ministres de sept heures, Mme May a indiqué que « le débat et les divisions ne pouvaient pas durer plus longtemps ». Elle a invité le chef de l’opposition à s’asseoir avec elle afin de s’entendre sur un plan de sortie qui devra obligatoirement comprendre, a-t-elle souligné, l’accord de retrait qu’elle a négocié pendant 18 mois avec l’UE, rejeté à trois reprises par les parlementaires britanniques.

« Toutefois, si nous ne parvenons pas à nous mettre d’accord sur une approche, nous allons devoir convenir d’un certain nombre d’options pour définir nos relations futures [avec l’UE], options que nous allons proposer à la Chambre lors d’une série de votes afin de déterminer la marche à suivre », a-t-elle dit. Le gouvernement se dit prêt désormais à se plier au vote de la Chambre, à condition que l’opposition collabore.

Alors que l’heure tourne et que les élus britanniques n’arrivent pas à s’entendre, la perspective d’une sortie de l’UE sans accord, un scénario qui inquiète le monde économique, devient « chaque jour plus probable », a indiqué le négociateur en chef du Brexit pour l’Europe, Michel Barnier, en avouant que l’Union était désormais prête à vivre avec cette possibilité.

Si le Royaume-Uni n’est pas capable, près de trois ans après le référendum, de proposer une solution qui réunit une majorité, il aura de facto choisi de lui-même de sortir sans accord, et nous ne pouvons pas éviter l’échec à sa place

Theresa May a précisé que le délai qu’elle comptait réclamer allait être « aussi court que possible ». Dans les faits, la première ministre cherche à sauver son accord en le faisant adopter rapidement pour une sortie avant le 22 mai prochain, et ce, a-t-elle indiqué, pour éviter au Royaume-Uni de prendre part aux élections européennes qui s’amorcent le 23 mai.

La Commission européenne va tenir un sommet exceptionnel le 10 avril pour discuter du Brexit. Les parlementaires britanniques votent à nouveau mercredi sur des solutions de rechange, et ce, après en avoir rejeté plusieurs la semaine dernière et lundi.

Avec l’Agence France-Presse