Le Canada accueille comme réfugiée une femme ayant aidé Edward Snowden

Vanessa Rodel et sa fille de 7 ans, Keana, sont arrivées à Toronto lundi soir et se rendront à Montréal mardi.
Photo: Christopher Katsarov La Presse canadienne Vanessa Rodel et sa fille de 7 ans, Keana, sont arrivées à Toronto lundi soir et se rendront à Montréal mardi.

Une femme qui a aidé le lanceur d’alerte Edward Snowden lorsqu’il a fui vers Hong Kong est arrivée au Canada avec sa fille, lundi soir, après avoir obtenu le statut de réfugiée.

Vanessa Rodel et sa fille Keana ont atterri à Toronto en début de soirée, après l’acceptation de leur demande de statut de réfugiées, déposée en 2016.

Mme Rodel et sa fille doivent se rendre ensuite à Montréal, où elles devraient arriver mardi après-midi.

Mme Rodel faisait partie d’un groupe qui a été surnommé « les anges gardiens de Snowden ». Ils ont aidé l’ancien analyste de la CIA à la demande de Me Tibbo, en 2013, lorsque M. Snowden a fui vers Hong Kong après avoir divulgué des informations secrètes concernant la National Security Administration des États-Unis.

Ils étaient à ce moment représentés par l’avocat Robert Tibbo à Hong Kong, pendant qu’ils demandaient l’asile politique. Selon l’avocat, leur demande a été rejetée par Hong Kong.

Un groupe à but non lucratif appelé « For the Refugees » a présenté des demandes pour parrainer les sept personnes et les faire venir au Canada en tant que réfugiés, et il récolte des fonds pour couvrir leurs frais de subsistance à Hong Kong. Le groupe demande au Canada d’accepter les demandes des cinq autres personnes.

Dans une entrevue de Radio-Canada diffusée lundi soir, Edward Snowden s’est dit reconnaissant envers le Canada, qui est intervenu malgré sa relation avec les États-Unis, a-t-il souligné.

« Il s’agit de circonstances dans lesquelles le Canada peut faire quelque chose de bien, pas seulement pour ces familles, mais pour les États-Unis et pour tout le monde qui croit aux droits de la personne », a-t-il déclaré en entrevue avec l’animatrice Anne-Marie Dussault.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a déclaré aux journalistes lundi qu’elle ne pouvait commenter les demandes d’asile parrainées à titre privé.

En point de presse à Montréal, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a affirmé que si toutes les lois avaient été suivies dans ce dossier, son parti n’avait aucun problème avec le fait d’accueillir ces gens.

« Il ne faut pas avoir peur d’un autre pays comme les États-Unis, il faut suivre nos lois », a-t-il indiqué.