Christchurch pleure les victimes de l’attaque

Des centaines de fleurs étaient empilées au milieu de bougies, de ballons, des notes de réconfort à l’extérieur de la mosquée Al Noor et dans les jardins botaniques de la ville.
Photo: David Moir Agence France-Presse Des centaines de fleurs étaient empilées au milieu de bougies, de ballons, des notes de réconfort à l’extérieur de la mosquée Al Noor et dans les jardins botaniques de la ville.

Des milliers de personnes ont rendu hommage dimanche devant des mémoriaux improvisés aux 50 personnes tuées par un homme armé dans deux mosquées à Christchurch tandis que des dizaines de musulmans se sont rassemblés pour enterrer leurs proches morts.

Des centaines de fleurs étaient empilées au milieu de bougies, de ballons, des notes de réconfort à l’extérieur de la mosquée Al Noor et dans les jardins botaniques de la ville. Sous une pluie légère, les participants se sont serrés dans les bras tout en pleurant doucement.

« Nous aimerions connaître votre nom. Nous aurions souhaité connaître votre chanson préférée, ce qui vous fait sourire, ce qui vous fait pleurer, pouvait-on lire sur l’un de ces hommages qui contenait aussi des coeurs en papier. Nous avons créé un coeur pour vous. Cinquante coeurs pour 50 vies. »

Deux jours après l’attaque la plus meurtrière de l’histoire moderne en Nouvelle-Zélande, les proches attendaient toujours que les autorités libèrent les corps des victimes. La loi islamique exige que les corps soient nettoyés et enterrés dès que possible après la mort, généralement dans les 24 heures.

Des gens sont venus de partout en Nouvelle-Zélande pour venir organiser les funérailles. Les autorités ont envoyé des pelles rétrocaveuses pour creuser des tombes dans un lieu récemment clôturé et dissimulé à l’aide d’un filet blanc.

La première ministre Jacinda Ardern a déclaré que les autorités espéraient pouvoir libérer tous les corps d’ici mercredi. De son côté, le commissaire de la police Mike Bush a fait savoir que les autorités collaboraient avec des pathologistes et des experts médico-légaux pour mener à bien cette tâche le plus rapidement que possible.

« Nous devons être absolument certains de la cause des décès et confirmer leur identité, a dit M. Bush. Mais nous sommes conscients des besoins culturels et religieux. Nous le faisons donc aussi rapidement et avec autant de sensibilité que possible. »

La police a déclaré avoir publié une liste préliminaire des noms des victimes à l’intention des familles inquiètes.

Facebook a déclaré avoir retiré 1,5 million de vidéos de la tuerie dans les 24 heures qui ont suivi le massacre.

Trente-quatre blessés demeuraient hospitalisés, dont 12 dans un état critique. Parmi eux, une fillette âgée de 4 ans.

Mme Ardern a aussi indiqué que le tueur avait transmis un long message à son cabinet une dizaine de minutes avant de passer à l’action. Au moins 30 autres destinataires l’ont aussi reçu. Le cabinet de la première ministre a envoyé le courriel à la sécurité du Parlement quelques minutes après l’avoir reçu.

Des habitants de Christchurch toujours sous le choc ont tenté de donner un sens à la tragédie en attachant des messages de soutien à la clôture du jardin botanique.

« Nous sommes une nation qui n’acceptera jamais de tels actes !!!, pouvait-on lire sur l’un d’entre eux. Nous sommes aux côtés de la communauté musulmane. Nous lutterons toujours pour la sécurité de notre communauté. Nous ne ferons jamais qu’un ».

Certaines personnes ont chanté et d’autres ont prié.

« Nous sommes censés être un lieu sûr, quelle que soit notre foi. Personne ne devrait avoir à subir ce que nous avons vécu vendredi », a déclaré une résidante Russell Falcome-Price.