La tuerie relance le débat sur le contrôle des armes à feu

Le nombre d’armes à feu légales et illégales en circulation en Nouvelle-Zélande était estimé à 1,5 million en 2017, selon les informations compilées par le site spécialisé GunPolicy.org.
Photo: Michael Bradley Agence France-Presse Le nombre d’armes à feu légales et illégales en circulation en Nouvelle-Zélande était estimé à 1,5 million en 2017, selon les informations compilées par le site spécialisé GunPolicy.org.

Brenton Tarrant, l’Australien de 28 ans qui est suspecté d’avoir tué 49 personnes lors des deux attaques perpétrées vendredi à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, avait en sa possession un permis de port d’armes, a fait savoir samedi la première ministre du pays, Jacinda Ardern. Cette révélation a placé sous les projecteurs la politique de contrôle des armes à feu de la Nouvelle-Zélande, que plusieurs jugent déficiente.

Mme Ardern a indiqué en conférence de presse samedi matin (heure de Nouvelle-Zélande) que le suspect a acquis son permis en novembre 2017. Selon les informations transmises par les autorités néo-zélandaises, le suspect avait en sa possession cinq armes à feu : deux armes semi-automatiques, deux fusils de chasse et une arme à feu à levier. Il a commencé à acquérir ses armes, au redoutable pouvoir létal, légalement à partir de décembre 2017.

« Le simple fait […] que cet individu ait acheté un permis et acquis des armes de ce type, cela me fait dire que les gens vont vouloir que cela change, et je m’y engage », a-t-elle expliqué, promettant de modifier les lois encadrant les armes à feu.

Contrôle partiel

La nouvelle a aussitôt relancé le débat sur le contrôle des armes à feu dans ce pays où la dernière tuerie de masse remonte à 1990 (treize morts à Aramoana). C’est à la suite de cet événement que la Nouvelle-Zélande a effectué sa plus récente modification du système qui encadre les armes à feu.

En Nouvelle-Zélande, tous les propriétaires d’armes à feu doivent détenir un permis, renouvelable tous les dix ans, qui peut être obtenu après une vérification d’antécédents criminels et de troubles mentaux. Une formation est également requise.

Le simple fait que cet individu ait acheté un permis et acquis des armes de ce type, cela me fait dire que les gens vont vouloir que cela change, et je m’y engage

Toutes les armes n’ont cependant pas besoin d’être enregistrées et une simple modification à une arme qui devrait figurer au registre peut l’en exclure. Le droit de posséder une arme à feu n’est pas garanti par la loi, comme c’est le cas aux États-Unis par exemple.

« Nos lois sont certainement permissives, beaucoup plus qu’en Australie par exemple, qui enregistre les armes autant que les propriétaires d’armes », a affirmé sur les ondes de la radio néo-zélandaise Newstalk ZB le professeur Kevin Clements, du Centre national pour la paix et l’étude des conflits.

Peu d’armes, peu de meurtres

Le nombre d’armes à feu légales et illégales en circulation en Nouvelle-Zélande était estimé à 1,5 million en 2017, selon les informations compilées par le site spécialisé GunPolicy.org. Cela correspond environ à une arme pour trois Néo-Zélandais. Il s’agit d’un ratio comparable à celui qu’on observe au Canada, mais largement inférieur à celui des États-Unis, où on compte plus d’une arme par Américain, toujours selon GunPolicy.org.

Les événements de vendredi ont par ailleurs de quoi surprendre dans un pays qui connaît très peu de violence. Le bilan des morts de la tuerie de vendredi équivaut approximativement au nombre de meurtres compilés dans une année entière.