Venezuela: nouvelle arrivée d’aide des États-Unis à la frontière de Colombie

Plusieurs dizaines de tonnes d’aide humanitaire des États-Unis, destinée au Venezuela, sont arrivées samedi du côté colombien de la frontière.
Photo: Luis Robayo Agence France-Presse Plusieurs dizaines de tonnes d’aide humanitaire des États-Unis, destinée au Venezuela, sont arrivées samedi du côté colombien de la frontière.

Plusieurs dizaines de tonnes d’aide humanitaire des États-Unis, destinée au Venezuela, sont arrivées samedi du côté colombien de la frontière, une délégation américaine appelant l’armée, soutien du régime de Nicolas Maduro, à ne pas bloquer son entrée prévue le 23 février.

Deux avions militaires américains C-17 ont atterri à l’aéroport de Cúcuta, lors de la seconde phase d’une opération qualifiée de « show politique » par le président vénézuélien Nicolas Maduro, et qui vise à pallier les pénuries d’aliments et de médicaments dont souffre l’ancienne puissance pétrolière, en plein marasme économique.

Une délégation des États-Unis, dirigée par le secrétaire de l’agence pour le développement international (USAID), Mark Green, était présente à la livraison de cette aide, stockée dans des entrepôts près du pont international de Tienditas, qui unit la Colombie au Venezuela, mais barré par l’armée vénézuélienne, notamment à l’aide de conteneurs.

L’envoyée du département d’État américain, Julie Chung, a averti les militaires qui restent loyaux à Nicolas Maduro de ne pas bloquer l’entrée de l’aide, expédiée à l’appel de l’opposant Juan Guaido, reconnu président intérimaire par une cinquantaine de pays et qui a appelé à manifester samedi prochain pour la réclamer.

« Vos concitoyens fuient et meurent de faim. Vous commettez une terrible, terrible erreur en bloquant cette aide », a déclaré Mme Chung lors d’une conférence de presse à Cucuta.

L’un des avions, en provenance de la base de Homestead, à Miami, a notamment apporté 70 tonnes d’aide, dont des suppléments nutritionnels, des produits d’hygiène, ainsi que des monte-charges et du personnel pour aider à décharger la cargaison.

Elle s’ajoute à d’autres envois des États-Unis et de Porto Rico stockés à Cucuta, sous la surveillance des autorités colombiennes depuis le 7 février.

De nouveaux avions sont attendus avant le jour J du 23 février fixé par Juan Guaido pour l’entrée de l’aide au Venezuela.

« Nous sommes fiers d’être de votre côté, avec votre peuple, de le soutenir. Nous sommes avec ceux qui réclament cette liberté, avec les gens qui demandent une véritable démocratie », a ajouté M. Green, lors de la conférence de presse.

En rejetant la « tyrannie de Maduro », le secrétaire d’USAID a aussi appelé les militaires à ne pas empêcher l’entrée et la distribution de cette « aide dont le besoin est immédiat ».

La veille, Nicolas Maduro, dont la réélection est considérée comme frauduleuse par ses opposants, mais qui revendique le soutien d’une cinquantaine d’autres pays membres de l’ONU, a ordonné un déploiement militaire spécial à la frontière, face aux « plans de guerre » des présidents américain Donald Trump et colombien Ivan Duque.

D’autres cargaisons devraient arriver la semaine prochaine au Brésil, à Miami et à Curaçao.

Jusqu’à présent l’opposition et ses alliés n’ont pas révélé de quelle manière ils envisagent de faire entrer cette aide au Venezuela.

Les États-Unis « mettent en oeuvre une stratégie gouvernementale importante, intégrale, pour répondre aux conséquences humanitaires de cette crise politique et économique », a seulement précisé Mme Chung.

Lester Toledo, désigné par Juan Guaido comme coordinateur de l’aide humanitaire, s’est dit convaincu de son entrée prochaine et a demandé aux bénévoles, appelés par l’opposition à y contribuer, à « venir en blanc » le 23 février.

« Dans sept jours, cette aide sera là-bas et le monde entier saura le plus important : que non seulement elle passe la frontière, mais qu’elle parvienne aux plus nécessiteux », a-t-il ajouté.

Depuis Washington, où il était en visite, le président Duque a réaffirmé samedi « l’engagement des États-Unis et de la Colombie pour la libération du Venezuela ».

Le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro nie l’urgence humanitaire et a averti qu’il n’autoriserait pas l’entrée de l’aide qu’il considère comme une étape avant une intervention militaire américaine.

La lutte pour le pouvoir au Venezuela intervient alors que le pays est confronté à la pire crise de son histoire, marquée par l’hyperinflation et des pénuries de produits de première nécessité.

Environ 2,3 millions de Vénézuéliens ont fui leur pays depuis 2015, selon l’ONU.