D’anciens diplomates appellent la Chine à libérer deux Canadiens

Les signataires rappellent le travail «constructif» effectué par les deux hommes pour établir des relations avec la Chine au cours des dernières années.
Photo: La Presse canadienne / AP Les signataires rappellent le travail «constructif» effectué par les deux hommes pour établir des relations avec la Chine au cours des dernières années.

Un groupe d’une centaine d’universitaires et d’anciens diplomates, originaires de 19 pays, exige la libération des Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig dans une lettre envoyée lundi au président Xi Jinping.

« Nous […], qui avons un intérêt à comprendre la Chine et la construction de ponts, sommes profondément préoccupés par les récentes détentions des citoyens canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor », peut-on lire dans une missive signée par 145 universitaires, chercheurs et anciens diplomates, dont les ex-ambassadeurs canadiens en Chine, Fred Bilne, Joseph Caron, Earl Drake, David Mulronney, Guy Saint-Jacques et Robert Wright.

L’ancien diplomate Michael Kovrig et l’homme d’affaires Michael Spavor sont détenus en Chine depuis le 10 décembre dernier pour avoir supposément porté atteinte à la sécurité nationale de la Chine. Ils ont été arrêtés quelques jours après que la directrice financière du géant chinois des télécommunications Huawei eut été détenue au Canada, en vertu d’un mandat américain.

Dans cet appel à la délivrance des deux Canadiens, les signataires rappellent le travail « constructif » effectué par les deux hommes pour établir des relations avec la Chine au cours des dernières années.

« Beaucoup d’entre nous connaissent Michael Kovrig par son travail en tant que diplomate à Beijing et en tant qu’expert de l’Asie du Nord-Est auprès de l’International Crisis Group, une organisation qui a pour mission de “construire un monde plus pacifique”. Dans les deux rôles, M. Kovrig a rencontré régulièrement et ouvertement les fonctionnaires, chercheurs et universitaires chinois pour mieux comprendre les positions de la Chine sur un éventail de questions importantes », souligne le groupe.

Quant à Michael Spavor, les signataires soulignent qu’il consacre son temps « à la construction de relations entre la République populaire démocratique de Corée et [notamment] la Chine, le Canada et les États-Unis ».

Les signataires préviennent le président que ces détentions envoient comme message que « ce type de travail constructif est malvenu et même risqué en Chine ». Ils soulignent que, sans la libération des deux Canadiens, ils devront faire dorénavant se méfier lorsqu’ils auront à établir des liens avec leurs homologues chinois.

« Cela conduira à moins de dialogue et une plus grande méfiance, et minera les efforts pour gérer les différends et trouver un terrain d’entente. Tant la Chine que le reste du monde se porteront mal au final », font-ils valoir.

Lundi, le Globe and Mail a révélé que l’ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, aurait déclaré lors d’une rencontre à huis clos avec le Comité des affaires étrangères de la Chambre des communes, la semaine dernière, que les autorités chinoises maltraitent les deux Canadiens. Les deux hommes seraient gardés dans des cellules illuminées 24h sur 24, n’auraient pas accès à un avocat et seraient interrogés jusqu’à quatre heures par jour.